Toutes les écoles sont restées fermées à Cotonou, notamment dans les onzième et douzième arrondissements, ce mardi 20 mars, alors que l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) a signé, la veille, une motion de suspension de la grève lancée depuis le 23 janvier dernier.

L’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) a suspendu, dans la soirée du lundi 19 mars dernier, son mouvement de grève déclenché depuis le 23 janvier. L’effet immédiat de reprise de classes attendu dans les établissements publics d’enseignement maternel et primaire n’est pas effectif sur le terrain.
Dans les écoles primaires publiques parcourues, dans la matinée de ce mardi, à savoir Les Cocotiers, Gbégamey II, Vodjè, Vodjè Kpota, Houéyiho, et les complexes scolaires Cadjèhoun, Gbégamey Nord, etc., le constat est identique. Les salles de classe sont restées fermées. Les apprenants et les enseignants sont aussi absents. Seuls quelques directeurs sont à leurs postes pour assurer leurs fonctions d’administratifs, disent-ils.
De même, seuls les enseignants stagiaires et communautaires sont présents à leurs postes. Ils dispensent normalement les cours. Les autres catégories d’enseignants continuent d’observer le mouvement de grève, quand bien même l’Imp a sensibilisé ses affiliés pour la reprise.
Un enseignant non en situation de classe, croisé au complexe scolaire de Cadjèhoun, parle d’un « non-événement » au sujet de la motion de suspension de la grève signée par l’Imp. Dans d’autres écoles à l’instar du complexe scolaire Gbégamey Nord, ni enseignants, ni directeurs n’étaient perceptibles au passage de notre équipe de reportage, autour de 10 h 30, ce mardi matin. Les apprenants étaient abandonnés, s’amusant. Dans certains établissements, les candidats au Certificat d’études primaires (Cep) sont aussi abandonnés, alors que dans d’autres certains enseignants font le sacrifice de leur dispenser les cours portes et fenêtres closes.
Selon un directeur d’école publique, sous anonymat, « Après tout, toutes les grèves ont une fin. Les enfants en classe de Cm 2 doivent passer l’examen », confie-t-il. Il insiste : « Nous tenons à terminer le programme avec nos enfants », affirmant par ailleurs agir discrètement par crainte de représailles des syndicats.

Mésintelligence

De nombreux enseignants rejettent la motion de suspension de l'Imp et continuent de faire grève. La suspension de la grève n’a pas fait l’objet d’un consensus au sein des syndicats membres de l’Intersyndicale de ces sous-secteurs de l’enseignement, se défendent-ils. Ils n’entendent pas démordre tant que le gouvernement ne va pas fléchir. Ils exigent la rétrocession intégrale des défalcations opérées sur leurs salaires pour fait de grève et la satisfaction de l’intégralité de leur plateforme revendicative. Ceux-là refusent toutes promesses et disent attendre des actes qui matérialisent les engagements du gouvernement. Ils ont appelé à la poursuite de la grève suivant la motion du Front et des Confédérations et Centrales syndicales.
Quant aux signataires de la motion de suspension, ils disent avoir agi dans l’intérêt de l’école béninoise et du peuple. « Soucieuse de la souffrance des élèves, de leurs parents, des enseignants et de la nation tout entière face au spectre d’une année blanche aux effets dévastateurs », ces enseignants considérés par les premiers comme "minoritaires" ont décidé de reprendre les cours « en toute responsabilité ». A travers leur motion de suspension de grève, ces enseignants de la maternelle et du primaire ont invité leurs collègues à faire preuve de patriotisme en reprenant le chemin de l’école.

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