Deux clés réalisées pour la circonstance, l’une pour symboliser la clé des écoles maternelles et primaires et l’autre pour représenter celle des lycées et collèges d’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle au niveau de l’Ouémé et du Plateau, ont été remises, ce mardi 6 mars à Porto-Novo, par les enseignants aux deux directeurs départementaux en charge des Enseignements maternel, primaire et secondaire.

La grève va apparemment de mal en pis dans les écoles, collèges et lycées des départements de l’Ouémé et du Plateau. En témoigne l’acte posé, ce mardi 6 mars, par les enseignants grévistes qui ont investi la cour de la direction départementale des Enseignements maternel et primaire (Ddemp) de l’Ouémé abritant également la direction départementale de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle de l’Ouémé. Ils ont organisé un sit-in à l’issue duquel ils ont remis symboliquement les clés de l’école béninoise pour montrer que cette dernière est totalement fermée.
Mais les deux autorités départementales de l’éducation ne sont pas tombées dans leur traquenard. Elles ont refusé de prendre les deux clés dont l’une voudrait symboliser la clé qui sert à ouvrir les écoles maternelles et primaires et l’autre, celle des lycées et collèges d’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle au niveau des deux départements. Tenant coûte que coûte à ne plus rentrer avec les deux clés, le président du comité des luttes de l’Ouémé et du Plateau, Joseph Aïmassè, a été obligé de déposer les deux clés par terre devant les deux directeurs départementaux. Ces derniers rassurent néanmoins les manifestants de rendre compte fidèlement à leurs ministres de tutelle respectifs.
Par l’acte de remise de clés, les grévistes entendent annoncer aux deux autorités départementales en charge de l’éducation la fermeture de l’école dans les deux départements. Joseph Aïmassè et ses collègues promettent de ne revenir chercher les deux clés qu’après satisfaction
totale de leurs revendications. Ils semblent vraiment déterminés à aller jusqu’au bout du mouvement de débrayage en cours. Banderoles rouges, rameaux et autres branchages ceints autour de la tête, les manifestants munis de tam-tam, et de castagnettes ont animé de 8 h 30 jusqu’à 13 h, avant d’être reçus par les deux autorités. Ils scandaient des slogans et chansons défavorables au gouvernement qu’ils accusent d’avoir fait main basse sur leurs salaires du mois de février passé.

Les élèves s’en mêlent

La motion de protestation a été lue par Jean-Marie Noumonvi, au nom des enseignants permanents et contractuels de l’Etat, de la maternelle, du primaire et de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle. Il dénonce la « banalisation et la profanation de la fonction enseignante ». Il exige surtout la fin de « la ruine de l’école qui passe par la réunion de meilleures conditions d’études et de travail pour les élèves et enseignants ».
A son tour, le porte-parole des enseignants vacataires réclame le paiement des arriérés des primes des heures de vacation des mois de décembre 2017, de janvier et de février 2018 jusqu’ici non réglés. En plus de cette revendication, Viahoundé Abègnonhou exige du gouvernement le relèvement du taux horaire de la vacation et attribution aux enseignants vacataires des primes de rentrée, à l’instar de leurs collègues permanents ou contractuels de l’Etat.
Les manifestants ont été rejoints sur les lieux du sit-in par les élèves de plusieurs collèges publics de Porto-Novo qui ont marché à travers la ville pour réclamer la fin des grèves et la reprise des cours. Par la voix de leur porte-parole, Elie Avahouin, les élèves marcheurs disent en avoir ras-le-bol de la grève, eux qui ne font cours que les lundis et restent à la maison les autres jours de la semaine. « Quels résultats peut-on attendre de nous dans ces conditions d’études alors que les examens de fin d’année sont déjà programmés », se désole-t-il. C’est pourquoi, les élèves de Porto-Novo demandent au gouvernement d’accorder une oreille attentive aux revendications des enseignants pour éviter une année blanche.

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