Les enseignants grévistes ne démordent pas. Ce lundi 5 mars, à la reprise des classes après les congés de détente, les activités pédagogiques n’ont pas repris comme cela se doit.

La fin de la grève dans le secteur éducatif enclenchée depuis plusieurs semaines n’est visiblement pas pour demain. Du retour des congés de détente, les enseignants étaient censés reprendre le travail, ce lundi 5 mars. Mais les cours n’ont pas repris comme expéré. 

Au collège d’enseignement général (Ceg) Gbégamey, les élèves sont laissés à eux-mêmes. Dans la cour de l’établissement, des enseignants, par petits groupes, discutent.
Selon Nicolas Hountondji, directeur du collège Gbégamey, les enseignants dudit collège ont tenu une assemblée générale dans la matinée d’hier qui n’a duré que dix minutes. Ce après quoi, ils auraient repris les cours. Il nie tout mouvement qui aurait débouché sur des échauffourées dans son établissement, tout en empêchant la presse d’interroger les enseignants.
Mais certains élèves approchés en dehors du collège ont raconté que ce lundi matin, les enseignants ont tenu une assemblée générale et après, ils ont voulu rentrer chez eux mais le directeur s’est interposé jusqu’à faire fermer le portail. Les élèves aussi à leur tour auraient demandé à leurs enseignants de faire cours. Ce qui aurait engendré un mouvement entre élèves et enseignants, ajoutent-ils. Les élèves rencontrés affirment qu’il n’y a pas eu cours le matin.
C’est le même constat qui est fait à l’école primaire publique Gbégamey Sud. Certaines salles de classes sont ouvertes mais les enfants sont abandonnés à eux-mêmes. Les instituteurs présents ne s'occupaient pas d'eux. « Allez à la maison, ça fait à lundi», dit Marie-Christine Gounou aux écoliers vers 15 h 40, au passage de notre équipe.
« Ce que nous voulons, c’est la mise en application de nos statuts particuliers et le respect des libertés syndicales », martèle Patrice Dolapé, enseignant. Pour lui, les enseignants ne sont pas libres et la liberté d’expression n’existe plus dans notre pays. Parce que, lorsque les enseignants vont en grève, le gouvernement limoge les directeurs, se désole-t-il.
Au complexe scolaire Gbégamey II, la reprise des classes était effective. Les instituteurs sont à leurs postes et en situation de classe, quand bien même leurs directeurs ne sont pas présents. « Cette école n’a pas fait grève jusqu’à ce jour », signale Sèmansa Danhoundo, instituteur au groupe B de ce complexe. Mais, raconte-t-il que grande a été leur surprise de constater que leurs salaires subissent des défalcations.

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