Philippe Agbotamabou Donou vient de publier aux éditions du Flamboyant, à Cotonou, un ouvrage intitulé Les communautés ecclésiales de base : un pavé dans la paroisse ? sous-titré « La paroisse à l’ère et à l’heure d’Eglise-Famille de Dieu ». Préfacé par l’Archevêque émérite de Poitiers, Albert Rouet, l’ouvrage comporte 332 pages, subdivisées en quatre chapitres.

L’ouvrage Les communautés ecclésiales de base : un pavé dans la paroisse ?(La paroisse à l’ère et à l’heure d’Eglise-Famille de Dieu) est la première d’une série de publications où l’auteur s’emploie à rendre accessible à un public plus large les projections contenues dans sa thèse : celle d’abord de la nécessité de faire des paroisses de vraies communautés de croyants que le Christ assemble, instruit et nourrit ; celle de faire de ces communautés, des ‘’lieux de vie, de foi et de partage’’ ; celle enfin de faire retrouver la grâce baptismale et missionnaire à toute l’Eglise. Et pour que cela prenne davantage sens et ancrage, il y a urgence d’activer une pastorale des petites communautés qui ne renient rien à leur appartenance à la paroisse. Simplement, une façon d’être ou de faire Eglise autrement. 

Les ‘’communautés ecclésiales de base’’, posent la problématique d’une réalité d’église (la paroisse) en ‘’crise’’ ou en ‘’mal d’impact’’ dans un monde où tout bouge si vite et où les ‘’pôles’’ d’hier ne cessent de s’éloigner de la vie réelle des hommes et des femmes qui fréquentent l’Eglise. La raison en est peut-être que toute l’activité missionnaire de l’Eglise a trop longtemps reposé sur les épaules du ‘’pôle ministériel’’ (les prêtres), laissant l’immense majorité des disciples du Christ dans un rôle d’assistance (à la messe) et quelques pratiques religieuses s’effilochant à mesure que passe le temps.
La première partie de l’ouvrage est intitulée « L’impératif communautaire de la foi chrétienne et de l’Eglise, sa manifestation locale ». Tandis que la seconde partie est : « Les communautés ecclésiales de base : Principe structurant de la dimension communautaire de l’Eglise-Famille de Dieu ».
Le préfacier Albert Rouet rappelle que ‘’Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux’’ (Mt 18,20). Il ajoute qu’on trouverait le sentiment confus que dans la religion à la suite d’un univers sacré, la passivité restait la norme. Il dit que l’église ne se rend pas présente d’abord par une organisation, mais par l’exercice réel de trois fonctions : que la foi soit annoncée, que la prière soit assurée, que la charité soit exercée. Il explique par-là, que le baptisé exerce son rôle de prophète (annoncer la parole), de prêtre (offrir à Dieu sa vie et celle du monde) et de roi (organiser un monde fraternel). La communauté, présente au milieu des hommes, témoigne, parfois avec eux, de ce qui la constitue comme communauté chrétienne. Albert Rouet conclut que le Corps du Christ est toujours à construire et chaque baptisé en est une pierre vivante.

Paroisse et communautés
de base

L’ouvrage est le premier qui abordera la thématique de la paroisse dans ses rapports avec ces nouvelles structurations que sont les communautés ecclésiales de base (Ceb).
Le titre de cette première parution situe d’emblée son objet et sa finalité : par endroits dans les diocèses, la paroisse est éprouvée par la présence dans son paysage des petites communautés dites de base, de quartiers ou locales. L’auteur fait remarquer que ce phénomène de Ceb, en Afrique, a fondamentalement un visage ecclésial ou plutôt il est un ‘’virage ecclésiologique’’. Pour lui, l’Eglise se définit essentiellement comme le prolongement du mystère de l’incarnation. Elle est aussi une réalité fondamentalement communautaire. Dans le mystère même de son être, Dieu est communion. Il mentionne que le peuple élu, qui deviendra le peuple de Dieu, était constitué des douze tribus d’Israël que rassemblait la mémoire de l’unique ancêtre, Abraham. L’Eglise, selon cette vision, est moins une organisation ou un tissu de fonctionnements qu’un tissu de ‘’relations’’ (à la fois verticales et horizontales). Ainsi, l’Eglise, en vertu de son fondement trinitaire, apparaît à l’africain comme le lieu et le cadre où le Dieu Trinité rencontre, parle et nourrit sa Famille qu’il maintient constamment ouverte, c’est-à-dire disposée à accueillir de nouvelles unités familiales ou de nouvelles naissances.
Après avoir repéré la paroisse comme ‘’incarnation locale’’ de l’Eglise, l’auteur de l’ouvrage indique que sa réflexion conduira à affiner la nécessité de redimensionner cette structure traditionnelle de base de l’Eglise. Philippe Agbotamabou Donou souligne que l’articulation de l’Eglise en communautés à taille humaine n’est cependant pas à convenir en termes de ‘’fonctionnalité’’ ou d’opérativité. Elle est une exigence de sa propre essence qui est en relation et service. Hors de ce registre, toute ecclésiologie et toute pastorale tomberaient dans l’arbitraire des idéologies.
Dans sa conclusion, l’auteur de l’ouvrage Philippe Agbotamabou Donou dit que l’homme est la route fondamentale de l’Eglise. Cet homme, dans l’horizon culturel qu’il a considéré, n’est jamais vu comme un être isolé, mais toujours situé dans un réseau de relations à la fois verticales et horizontales. Il rappelle le dicton de chez qui nous qui stipule : ‘’Un quidam, accompagné de sa femme, tombe sur un serpent venimeux ; dans leur combat contre le venimeux animal, ce fut la femme qui lui asséna le coup fatal’’. L’important c’est que le serpent meure ; peu importe qui, de l’homme ou de la femme, l’aura tué. D’autre part, nombreux sont les fidèles-laïcs qui préféreront encore vivre dans l’anonymat ou continuer à militer dans les créneaux traditionnels de l’Eglise. Les chrétiens se joindront toujours à d’autres pour dénoncer le mal, l’injustice, etc. et proposer les communautés locales comme « la chance d’un christianisme fragile » au cœur du monde.

Qui est Philippe
Agbotamabou Donou ?

Né en 1960, il est prêtre de l’archidiocèse de Cotonou (Bénin). C’est en 1981 qu’il entre au séminaire de Parakou, puis l’année suivante, poursuit sa formation-préparation au ministère presbytéral au grand séminaire St Gall-Ouidah. Il est ordonné prêtre le 27 juin 1987, à Cotonou (Sainte Rita) par Mgr Christophe Adimou qui l’envoie aussitôt en mission à Parakou. Au terme de deux années en paroisse, il part pour l’Icao (Abidjan-RCI) où il obtint une licence en théologie pastorale (1989-1991). Il est titulaire d’un doctorat en théologie en Italie.
De retour au bercail, il occupa de nouvelles fonctions pastorales : curé (2009-2012) puis à nouveau directeur diocésain des œuvres, chargé de l’accompagnement-formation des groupes de prières, mouvements et associations (Cotonou). Depuis mars 2015, Philippe Agbotamabou Donou est prêtre Fidei Donum dans le diocèse de Poitiers. Il est curé de paroisse dans les Deux-Sèvres?

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 3244 fois