La session de remplacement ou des malades réservée aux candidats absents lors de l’examen du Certificat d’études primaire (Cep), session de juin dernier, a pris fin ce mardi 25 juillet, dans le Mono et le Couffo. Seulement une poignée de candidats a répondu à l’appel alors qu’ils étaient environ 1500 absents de juin dernier. Les causes de cette situation sont nombeuses.

La phase écrite de la session de remplacement du Certificat d’études primaires (Cep) a enregistré, ce mardi, sa dernière composition écrite et le cap est mis sur la phase des épreuves sportives. Mais déjà, beaucoup s'interrogent par rapport à l’effectif important des candidats qui ont manqué à l’appel, dans le Mono et le Couffo.
Sur un effectif de 17 inscrits dont neuf filles, c’est finalement six candidats qui étaient présents à la session de remplacement dans l’unique centre de composition du Mono. Le Couffo n’a enregistré que quatre candidats ayant réellement planché.
Ce sont des statistiques largement en deçà de l’effectif des absents enregistrés au cours de la session de juin. 889 candidats n’ont pas pu se présenter à la session de juin dernier  dans le Couffo ; 16 étaient exclus. Le Mono en avait totalisé 686 dont neuf exclus. Ces données prouvent que beaucoup d’écoliers inscrits au départ ont abandonné l’examen du premier diplôme du cursus scolaire au Bénin.
La cause est de plusieurs ordres. D’abord sur le plan financier, la constitution de dossier pour la session des malades nécessite l’obtention d’un certificat médical dûment signé d’un responsable de centre santé agréé, en plus de l’acte de naissance du candidat. Et c’est à ce niveau que le bât blesse. Car, il faut débourser 5 000 francs Cfa comme frais d’établissement dudit document et beaucoup de parents n’en ont pas les moyens.
Ensuite, il y a la sous-information des parents par rapport à l’organisation de la session des malades. Cette session jouit peu ou pas du tout de visibilité dans les médias. Le ministère en charge du secteur et ses démembrements n’en font pas un événement. Le moindre communiqué à son sujet n’est diffusé sur les stations de radio dans les localités en vue d’informer les parents de l’organisation d’une telle phase de repêchage des absents aux examens nationaux.
L’exode rural serait enfin la cause principale de la déperdition des candidats. Serge Hounkanrin, directeur départemental de l’Enseignement maternel et primaire pour le Couffo, le décrit d’ailleurs comme un phénomène récurrent dans les localités du Mono et du Couffo. Son homologue en charge du Mono, Lambert Bossou, avance que la plupart des écoliers concernés sont conduits dans des pays comme le Nigeria et la Côte d’Ivoire dès la fin des cours. Ils y sont convoyés pour servir de main-d’œuvre, selon un élu local de Dogbo qui dénonce que ce soit parfois par enlèvement que les enfants sont embarqués en aventure.
Les foyers de ce phénomène sont aussi connus. C’est le cas des circonscriptions scolaires de Dogbo où 104 absents sont dénombrés sur 1 369 candidats et de Toviklin avec 98 absents sur 1 320 inscrits en 2016. Le grand nombre d’absents est noté à la circonscription scolaire de Bopa qui a enregistré 154 défections dans le rang de ses candidats. L’exode rural, pour certains acteurs de la Société civile, « fait plus de ravages au sein de la couche juvénile du Mono et du Couffo que ne laissent transparaître les taux des absences relevés en période d’examen ». Patrice Kohoundé, ancien directeur départemental en charge des Enseignements maternel et primaire, alertait en 2016 qu’« Il urge de renforcer la sensibilisation contre le phénomène ». Aujourd’hui encore son cri de détresse mérite d’être repris par tous les activistes du respect des droits des enfants. Une chose est de rendre l’école gratuite, mais l'autre est de sécuriser les enfants en vue de les maintenir dans le système scolaire.

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