Le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Marie Odile Attanasso, a invité ce lundi 22 mai à Cotonou, des parents d’étudiants pour partager avec eux, les mobiles des dernières décisions prises au sujet des examens nationaux pour l’obtention des diplômes de licence et de master dans les universités privées. Il est question d’expliquer le bien-fondé des réformes afin de taire les contradictions et contestations qui flambent ces derniers jours.

Les innovations et réformes introduites dans le système d’évaluation et de délivrance de diplôme des universités privées sont faites dans l’intérêt des étudiants et du pays. Marie-Odile Atanasso, ministre de l’Enseignement supérieur, l’a souligné aux parents d’étudiants, ce lundi 22 mai, à la faveur d’une séance d’explication consacrée au bien-fondé des examens pour l’obtention des diplômes de licence et de master.
« Vous ne saurez pas à quel saint vous vouer si les voix autorisées ne viennent pas vers vous, vous entretenir », leur a expliqué à l’entame de la séance le directeur de cabinet du ministère, le professeur Bienvenu Koudjo, avant de laisser le directeur des établissements privés d’enseignement supérieur faire le point des diligences accomplies depuis des années pour en arriver à la prise de ces décisions. Il s’agit, dira Dodji Amouzouvi, d’une décision de longue date issue d’un processus qui a débuté depuis 2013. Aussi réfute-t-il le défaut de concertation et de consensus évoqué par certains pour s’opposer auxdites réformes. Selon lui, de nombreuses concertations ont eu lieu depuis des mois avec les promoteurs des universités privées pour baliser le terrain aux réformes devenues réalité depuis avril 2016 notamment. La question des programmes dispensés dans ces établissements a été également abordée par Dodji Amouzouvi pour permettre aux parents d’étudiants de mieux comprendre les défis de l’heure, et surtout le bien-fondé des décisions du ministère de tutelle. Mais le plat de résistance de la rencontre a porté sur les examens nationaux décidés par le ministère pour la validation des diplômes de licence et master. A ce niveau, il a exposé une série d’arguments « majeurs ». Au total, le pays dispose de 329 filières autorisées en licence et master pour 168 établissements dont 52 seulement sont concernés par la co-signature des diplômes.

Plus rien ne sera comme avant

« Plus rien ne peut plus être comme avant. Si nous faisions mal avant, nous ferons bien désormais… rupture oblige à tous les niveaux », clame le directeur des établissements privés d’enseignement supérieur. Des explications qu’il a fournies aux parents d’étudiants présents à cette séance, on retiendra qu’en principe, « aucun établissement privé d’enseignement supérieur n’a l’homologation et n’est autorisé à délivrer lui-même des diplômes ». Les textes sont clairs en la matière, fait-il observer. Mieux, soutient-il, ces établissements ont même dicté leur loi à l’Etat, du moins jusqu’en avril 2016. Mais désormais, tout va changer. « L’Etat se désengage de la co-signature pour la remplacer par une autre alternative. Il s’agit de mettre l’accent à la fois sur l’établissement et sur l’étudiant », a annoncé Dodji Amouzouvi.
Bien d’autres détails ont été apportés pour permettre aux parents de comprendre la portée de ces examens objet de divergence depuis plusieurs semaines.
Dans la vision des responsables de l’enseignement supérieur en général, il faut donner la même chance d’emploi et d’auto-emploi aux étudiants issus du privé comme du public, martèle de son côté Maxime da Cruz, vice-recteur de l’Université d’Abomey-Calavi. S’agissant de la violation des textes régissant le Cames qui aurait été violés, les conférenciers ont par ailleurs insisté qu’il n’en est rien. « Le Cames n’interdit pas les examens », ont-ils soutenu. Gauthier Biaou, recteur de l’université d’agriculture, enfoncera davantage le clou en déclarant haut et fort, repris par les applaudissements des parents que « le Cames n’est au-dessus des Etats ».

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