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Il n’y a point de développement sans la transmission de la connaissance dans sa propre langue. Créé par feu Adi-gbè Togbédji, le «Gbékoun» ou l’alphabet «Gbékoun» fait son petit bonhomme de chemin. Aujourd’hui Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou a pris le flambeau et l’une de ses premières actions est l’ouverture lundi 2 février dernier, à Togba à Abomey-Calavi, de la première école pour l’enseignement de l’alphabet «Gbékoun».

L’alphabétisation consiste à apprendre, à écrire et à lire dans sa langue. Elle n’est pas la même chose que le «Gbékoun» qui vise à transmettre la connaissance dans toutes les langues du monde. Il est composé de 33 lettres dont 24 consonnes et 9 voyelles. Il permet à celui qui le maîtrise, d’écrire et de faire des calculs dans toutes les langues du monde, d’avoir une connaissance sur l’organisation de la nature, l’évolution du monde et de s’affranchir de la connaissance d’autrui. C’est un alphabet universel qui, selon ceux qui sont déjà initiés, est l’outil qui manquait pour le développement de l’Afrique.
Pour la première rentrée de l’école où cet alphabet sera enseigné, 16 apprenants, issus pour la plupart de parents qui ont partagé avec l’initiateur ce projet de formation, ont ouvert la première classe.

C’est une formation qui va durer trois ans et donnera l'occasion aux apprenants de comprendre et de maîtriser tous les rudiments de cet alphabet. L’objectif poursuivi est de les rendre aptes à prendre le relais dans l’enseignement du «Gbékoun».
Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou ayant rappelé aux apprenants, l’objectif de leur présence, l’un des collaborateurs de feu Adigbè Togbédji, Zinsou Coovi a ensuite procédé à la lecture du message laissé par ce dernier. C’est un message qu’il a rédigé de son vivant et qui retrace les contours de la création de ladite école. Un message dans lequel le créateur du «Gbékoun» invite les dirigeants à s’approprier cet alphabet pour l’évolution de l’humanité.
«Si le développement d’un pays incombe à ses fils, le «Gbékoun» est le chemin par lequel on va y parvenir. C’est le chemin par lequel le peuple décide de se prendre en charge, de se libérer de la connaissance d’autrui en ne comptant sur rien d’autre».

C’est la quintessence du message que Adigbè Togbédji laisse à la postérité. A son tour, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou explique que l’Afrique n’a pas besoin de l’Occident pour se développer. «Nous sommes capables de fabriquer des motos, des voitures et même des avions, si nous avons la volonté de laisser tomber tout ce qui est futile telles que les religions pour nous consacrer à la recherche ; et celui qui maîtrise le «Gbékoun» est capable de tout faire», a-t-il souligné.

Donnant l’exemple du chômage qui décime aujourd’hui la jeunesse, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou se demande ce qu’il en sera demain, si malgré l’argent et la connaissance, certaines personnes frappent à toutes les portes sans trouver un emploi ?
Après l’engagement des apprenants à suivre avec assiduité les cours, celui de l’encadreur Biwémin Aïtchédji, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou a procédé à l’ouverture officielle de la rentrée. Il a promis de donner satisfaction à tous les besoins des apprenants en ce qui concerne la connaissance et la maîtrise de l’alphabet «Gbékoun». A l’appellation de leurs noms, les apprenants sont entrés en salle. Le premier cours vient ainsi de démarrer.

Qui est Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou ?

Dans sa maison située à Kouhounou derrière la résidence du général à la retraite Martin Dohou Azonhiho, Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou porte uniquement une culotte faite en raphia. Il ne porte jamais d’habits, ni des chaussures. La raison est toute simple. Pour bénéficier de la connaissance des anciens, estime-t-il, il faut être en harmonie avec eux dans leur mode de pensée et d’habillement. Houessèvi Ayi-gbèdékin Vidéhouénou est un descendant de la famille Nondichao d’Abomey. Il n’explique pas lui-même comment est-ce qu’il a été choisi pour développer cette connaissance après la mort en janvier 2007 de Adigbè Togbédji. Toujours est-il que dès son enfance, il étonnait ses parents par son refus d’accepter tout ce qui est d’origine étrangère. C’est de force qu’on le prenait pour le vacciner.

Il était en classe de CM1 quand Adigbè Togbédji a sorti le « Gbékoun ». Cette même année, il a refusé de continuer ses études. Il a voulu être chauffeur mais étant le fils unique de sa mère, celle-ci l’orienta vers la menuiserie. Après quelques années d’apprentissage aussi bien dans une école professionnelle que dans la rue, il décida de tout abandonner pour se consacrer à la connaissance du «Gbékoun».

Les avis de quelques parents et apprenants

Gnonlonfin Vomiadonan épouse Houessou

«Ce travail a commencé, il y a quelque temps avec le vieux Adigbè Togbédji à Dangbo. Mais avec l’ouverture de cette école, nos enfants pourront apprendre les rudiments de cet alphabet. Avec le «Gbékoun», on trouve des remèdes à tous les maux. On peut fabriquer des médicaments. On peut mener des recherches dans beaucoup de domaines. L’écriture est un peu différente, mais pas difficile à cerner. Il suffit d’avoir la volonté. C’est l’alphabet du terroir et sa maîtrise permet de régler les problèmes qui se posent à la cité. Je lance un appel à tous ceux qui hésitent encore, d’envoyer leurs enfants afin qu’ils acquièrent la connaissance dans leur propre langue».

Hodonou Gbènoukpo

«Aujourd’hui, c’est l’ouverture de la première année pour les apprenants qui ont la volonté et qui ont reçu l’accord de leurs parents. Ceux qui seront formés ici, ce sont eux qui, plus tard, enseigneront l’alphabet «Gbékoun» à la nouvelle génération. Le peuple ne comprend pas encore l’utilité de savoir écrire, lire et transmettre la connaissance dans sa propre langue. Mes enfants sont encore très jeunes mais dès qu’ils auront un certain âge, ils viendront apprendre le Gbékoun. Celui qui a initié cet alphabet a dit que si l’Afrique l’utilise pendant cinq bonnes années, elle dépassera l’Occident. Et après cinq ans d’apprentissage et d’expérience, je sais qu’il y a beaucoup d’opportunités dans le Gbékoun».

Amégbessè Nikoué

«Je suis étudiant en Génie civile. Après avoir fait la connaissance de Houessèvi Ayigbèdékin Vidéhouénou, j’ai constaté qu’il mettait moins de 3 heures à tracer les plans sans être allé dans une école de génie civil. Tout ce que j’ai passé cinq années à apprendre, lui pouvait le faire en quelques heures. C’est de là que j’ai décidé d’aller à l’école du «Gbékoun». Si on maîtrise vraiment cet alphabet, nous bénéficierons de la considération des autres. Et pour moi, c’est une autre manière d’affirmer notre identité, de nous libérer de la connaissance d’autrui et d’apporter quelque chose de typique à notre terroir à l’humanité».

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