Des acteurs des Organisations de la société civile (Osc) prennent part, depuis ce mercredi 4 septembre, à Bohicon, à un atelier de formation sur le thème « Mieux connaître la corruption pour mieux la combattre ». Ainsi, durant trois jours, les participants seront mobilisés autour de la lutte contre la délinquance financière.

Cette rencontre donne l’occasion aux acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption de renforcer leurs connaissances sur le phénomène et les mécanismes qu’ils peuvent actionner pour mieux détecter, documenter et dénoncer les malversations financières. C’est une initiative du projet de renforcement des Osc pour la détection et la dénonciation de la corruption (projet 2D Corruption) de l’Ong Alcrer, mise en œuvre en association avec le Fonac avec l’appui du programme Repasoc à travers le 11e Fonds européen de développement (Fed).
Quatre thèmes sont abordés au cours de cette formation. Ce sont « le cadre normatif et institutionnel de la lutte contre la corruption au Bénin », « les manifestations de la corruption dans notre société et l’administration publique », « les gros scandales financiers qui ont éclaboussé les différents régimes de notre pays » et puis le point des mécanismes et des stratégies que les organisations de la société civile peuvent mettre en place pour mieux détecter et dénoncer la corruption.
Dans son mot d’ouverture des travaux, le représentant de l’Ong Alcrer, Jonas Tchidi, fait observer que la corruption freine le développement économique, accroît les coûts des entreprises, sape la légitimité du gouvernement et réduit la confiance du peuple. En outre, poursuit-il, elle déforme le résultat des élections et complique la mise en œuvre des politiques publiques. Elle accroît aussi la pauvreté et la précarité. Face à ce mal que l’évaluation du système national d’intégrité du Bénin en 2016 a considéré comme « systémique, banalisé et toléré », dit-il, les Osc ont toujours joué leur partition en sensibilisant le public sur les dangers de la corruption et en dénonçant publiquement de nombreux cas de corruption. Mais, malgré les efforts, déplore-t-il, les résultats sont maigres. Le phénomène ne recule pas. Loin de baisser les bras, indique-t-il, « nous avons décidé de changer d’approche ». Depuis quelque temps, elles ont  compris la nécessité de porter plainte et de se constituer partie civile dans les procès contre la corruption. Avec le Programme de participation citoyenne aux politiques publiques au Bénin (Particip), plusieurs dossiers ont déjà été envoyés à la justice dont certains ont été clôturés par des condamnations.
Il sera appuyé par le représentant de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Victorin Togninou qui a rappelé, au cours de sa communication relative à l’expérience du Fonac et de l’Anlc dans la lutte, les défis actuels en matière de lutte contre la corruption au Bénin. Puis, les forces, limites et leviers à prendre en compte pour l'efficacité des méthodes de lutte contre la corruption.
Il est à noter qu’à l’issue de cette rencontre, il sera réalisé un manuel pratique qui permettra à ces acteurs d’assurer la formation continue et à toutes les autres Osc de pouvoir travailler plus efficacement sur la thématique de la lutte contre la corruption.

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