Renvoyé devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou statuant en matière criminelle, pour répondre des faits d’association de malfaiteurs et de vol à main armée, c’est avec l’esprit troublé que Sanni Sabi s’est présenté à la barre, mercredi 21 août dernier. L’audience a dû être renvoyée à une session ultérieure.

Inculpé pour association de malfaiteurs et vol à main armée, Sanni Sabi n’a pas pu être entendu au cours de la première session criminelle au titre de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, mercredi 21 août dernier. Né en 1994 à Tchatchou, commune de Tchaourou, il est célibataire, père d’un enfant, et domicilié à Komférou. Le regard vide, marmonnant tout seul et faisan des gestes incontrôlés avec ses mains, à la barre, ses propos ont manqué de cohérence. Constatant qu’il n’était pas stable et avait perdu ses esprits, le président du tribunal a, dans une décision avant-dire-droit, ordonné sa prise en charge et son traitement médical par le service psychiatrique du Centre hospitalier départemental du Borgou, à Parakou. Les frais afférents, poursuit-il, seront à la charge du Trésor public. Le temps qu’il retrouve ses esprits pour être écouté, son dossier a donc été renvoyé à une session ultérieure.
En effet, il a reconnu les faits  mis à sa charge à toutes les étapes de la procédure, en précisant qu’il n’était pas à sa première participation. L’accusé ne nie pas être membre de l’association de malfaiteurs, mais ne se souvient plus des conditions dans lesquelles ils ont opéré. S’agissant de la localité, il en entend parler sans savoir où c’est. Quelques minutes après, il indique avoir été seul à opérer, sans la moindre arme en sa possession, ni même un franc en poche. Le représentant du ministère public lui rappellera alors qu’ils étaient entre 6 et 7 à avoir opéré. Son avocat-conseil, Me Charlos Agossou, lui fera remarquer que personne ne le connaît dans le village dont il prétend être originaire. « Mais, sourit-il tout le temps et sans motif? », lui demande l’avocat général. «Cela m’arrive souvent», lui répondra-t-il.
L’avocat général s’est dit surpris qu’il ait perdu la cohérence dont il a fait preuve au cours  de l’enquête préliminaire et devant le juge instructeur. Mais à la barre, a-t-il déploré, il raisonnait de coq à l’âne. Ce qui ne permet pas de le suivre.

Les faits

Pour ce qui est des faits de ce dossier, ils remontent au 2 août 2014. Abdoulaye Issiaka et Aboudou Souradjou conduisaient  leurs véhicules taxi immatriculés respectivement AZ 3168 RB et AZ 1438 RB, sur le tronçon Sinendé-Guessou Sud. A bord, se trouvaient des passagers. Mais à 4 heures du matin, ils ont été interceptés à la hauteur du village de Toumè, dans l’arrondissement de Fô-Bouré par 7  peulhs d’origine burkinabè armés de fusils et de machettes. Ces derniers les ont passés à tabac, avant de les dépouiller de leurs biens précieux.
Informée du braquage, la brigade de gendarmerie de Sinendé, aidée d’une équipe de chasseurs, a mené une intervention. Ce qui a permis de les dérouter, ainsi que l’arrestation de
Sanni Sabi, un des éléments du groupe, quelques jours plus tard à N’Dali.

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