Dans le cadre du douzième dossier inscrit au rôle de la première session criminelle de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, Mohamadou Gado était à la barre, mercredi 14 août dernier. Inculpé pour tentative d’assassinat, il a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

Bouvier de profession et de nationalité béninoise, Mouhamadou Gado était devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou, mercredi 14 août dernier, pour répondre des faits de tentative d’assassinat sur la personne de son épouse, Issa Zénabou. Sa culpabilité ayant été établie, il s’est vu infliger 10 ans de réclusion criminelle. Agé de 25 ans, il était sous mandat de dépôt depuis le 14 septembre 2015. Au terme de l’audience, il est donc retourné derrière les barreaux, pour purger le reste de sa peine.
A la barre, il a reconnu les faits mais en essayant de les restituer à sa manière. Son intention, a-t-il insisté, n’était pas d’attenter à la vie de son épouse. Contrairement à ce qui a été rapporté, il avoue lui avoir porté le coup de machette au bras et non au cou.
A la question de savoir si ce n’est pas prenant déjà sa femme pour morte qu’il l’a abandonnée, alors qu’elle n’était qu’évanouie, il répondit  « J’ai pris ma moto pour aller alerter mon frère dans le campement d’à côté ». «  Je ne voulais pas lui donner la mort. C’est un incident qui m’a aussi surpris », a poursuivi l’accusé.
« La vie humaine est sacrée et inviolable. Elle est aimée et défendue », a rappelé le représentant du ministère public, au début de son réquisitoire. Il s’agit, selon lui, d’un précepte divin que l’accusé a foulé aux pieds. Plusieurs éléments, estime-t-il, permettent de constituer l’infraction de tentative d’assassinat mise à la charge de l’accusé. Il situe sa base légale dans les dispositions des articles 21 et 668 du Code pénal, avant de considérer la suppression de la vie de la  victime par l’accusé, comme l’élément matériel.
Pour lui, l’élément moral ici est l’intention de l’accusé de donner un coup de machette à la victime. Il a invité les membres de la cour à ne pas considérer les diverses versions tenues par l’accusé à la barre, surtout qu’il cherche à se disculper.
Au moment des faits, l’accusé avait le bulletin N°1 de son casier judiciaire vierge. L’enquête de moralité ne lui est pas favorable. Quant à son rapport  d’expertise médico-psychologique et psychiatrique, il confirme qu’il ne souffre  d’aucune maladie mentale pouvant abolir le contrôle de ses actes, au moment de leur commission. Pour l’avocat général, l’accusé ne peut pas bénéficier d’une situation atténuante et est bien accessible à la sanction pénale.
Au bénéfice de ces observations, il requiert au président du tribunal et ses assesseurs de déclarer Mouhamadou Gado coupable de tentative de meurtre et de le condamner à la peine de 7 ans de réclusion criminelle.
A sa suite, l’avocat-conseil de l’accusé fait savoir qu’il ne s’agissait que d’une scène de ménage qui a conduit à une situation tragique. Selon Me Jean-Claude Gbogblénou, il n’y avait pas d’antécédents entre son client et son épouse.  
« Mais, qu’est-ce qui a bien pu se passer au sein de ce foyer?» s’interroge-t-il, avant de faire observer que le dossier a plusieurs versions des faits.  Aucun témoin, soutiendra-t-il, n’est venu contredire les propos de l’accusé. « Le reste, ce sont des supputations », a-t-il conclu.
Prenant appui sur le réquisitoire du ministère public, la défense exclut toute préméditation de l’accusé tout en requalifiant l’infraction en coups et blessures. Il a enfin plaidé pour une application bienveillante de la loi à son client, tout en tenant compte de l’article 511 du Code pénal.

Des faits
Les faits remontent à juin-juillet 2015. Issa Zénabou dormait dans sa chambre aux environs de 2 heures du matin, lorsque son époux, Mohamadou Gado, est rentré de sa promenade. Réveillée à l’arrivée de son époux, elle a décidé  d’aller aux toilettes lorsque celui-ci s’y est opposé.
Constatant qu’elle insistait pour aller se soulager, Mohamadou Gado, contre toute attente, lui a porté un coup de machette au cou, coup qu’elle a paré avec sa main gauche. Grièvement  blessée à cette main et au cou, Issa Zénabou tombe évanouie avant d’être transportée à l’hôpital par les voisins réveillés par ses cris de détresse.

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