Les ministres en charge de la Culture de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont en concertation à Cotonou depuis le mercredi 17 juillet. Ceci en vue de l’adoption de la politique culturelle régionale et du plan d’action régional sur la restitution des biens culturels africains à leurs pays d’origine.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont hissé, depuis quelques années, la culture au rang d’élément majeur à même d’induire le développement dans leurs pays. Ils y travaillent et ont pris de nombreuses résolutions dans ce cadre, instruisant par ailleurs leurs collaborateurs à concrétiser le vœu d’une Cedeao des peuples et de la culture au service du développement. Le ciel s’éclaircit ces derniers mois avec la concrétisation d’une série de projets dont la politique culturelle régionale et le plan d’action régional sur le retour des biens culturels africains à leurs pays d’origine. Ce dernier chantier est d’ailleurs sous les feux de la rampe et le Bénin, reconnu désormais pionnier dans la lutte pour le retour de ces biens culturels, voit son action saluée par tous.   
Pour Leopoldo Amado, commissaire Education, Science et Culture de la Cedeao, cette rencontre des ministres en charge de la Culture est porteuse d’espoir. Les décisions qui en sortiront « marqueront d’un sceau spécial la vie culturelle de la région », note-t-il. Elle constitue, analyse le commissaire, l’occasion unique pour approuver la première politique culturelle régionale et son plan d’action, ainsi que le plan d’action régional sur le retour des biens culturels africains à leurs pays d’origine. Ces documents, il les perçoit comme la boussole qui permettra d’impulser au secteur culturel une nouvelle dynamique. Au-delà d’une simple boussole, il y voit aussi des outils et surtout une stratégie pour permettre aux pays concernés d’avoir leurs biens culturels à leur portée. « Il est plus que grand temps, que notre communauté se dote d’une feuille de route et d’une stratégie adéquate qui reflètent les différentes actions à mener pour atteindre des résultats par la culture », souhaite Leopoldo Amado.   

Fin de détention de biens  

Le projet est pleinement soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture dont le directeur régional, Yao Ydo promet le soutien sans faille. Celui-ci salue tout particulièrement le rôle de précurseur qu’a joué le Bénin dans cette thématique d’envergure aussi bien pour le pays que pour l’espace communautaire. Le professeur Filiga Michel Sawadogo, pour le compte de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) salue cette vision qui se concrétise et qui permettra de doter l’espace Cedeao d’une politique culturelle digne du nom.
Assoumana Malam Issa, ministre en charge de la Culture du Niger et président du Conseil des ministres en charge de la Culture de la Cedeao affiche lui aussi une sérénité à nulle autre pareille. Conscient que les ministres traduisent dans les faits la volonté des chefs d’Etat, il n’a eu pour tout souhait que la prochaine conférence au cours de laquelle les dirigeants de la Cedeao valideront ces documents qu’ils ont longtemps attendus. Sur ce chantier, le Bénin est fin prêt. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il s’est illustré comme le chantre de la réclamation des biens culturels des pays africains. La vision de son président, rappelle le ministre des Affaires étrangères Aurélien Agbénonci, c’est de faire de la culture un contributeur à part entière au développement. « L’importance de la culture pour le développement de nos pays impose que chaque peuple apporte sa contribution », indique le ministre qui se réjouit que la Cedeao ait créé un cadre et un espace à cet effet. L’importance à accorder à la dimension culturelle dans le développement n’est plus à démontrer, indique par ailleurs Aurélien Agbénonci. Comme quoi, le temps est désormais à la fin de la détention des mémoires et trésors culturels africains.

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