Les marchés nocturnes de vente et d’achat de chaussures se développent, de plus en plus, au Bénin. Que ce soit à Cotonou, Abomey-Calavi et Parakou, le phénomène est en nette progression et suscite l’intérêt des acheteurs. Toutefois, il s’agit d’un marché à risques.

Les marchés nocturnes de chaussures qui se développent dans certaines villes du Bénin ne sont pas sans risques pour les clients et les vendeurs. Chaque catégorie d’acteurs est exposée à la supercherie de l’autre.
La nuit est le moment idéal choisi par les marchands de chaussures pour vendre leurs articles. C’est l’heure à laquelle leurs cibles privilégiées sont disponibles pour passer chez eux. Mais attention, il y a de nombreux pièges auxquels n’échappent que les vendeurs et les acheteurs les plus avertis. Des marchands profitent de ce moment et du peu de visibilité pour glisser des chaussures de mauvaise qualité. Les vendeurs eux aussi ne sont pas à l’abri des risques, car certains clients profitent de la nuit pour acheter avec de faux billets.
De plus, l'acheteur pourrait se faire arnaquer par le vendeur avec une paire différente de celle choisie. Certaines personnes ont été victimes de tels actes et vont par la suite les faire changer auprès des vendeurs.
En outre, selon les témoignages, certaines personnes choisissent différentes pointures pour la même paire de chaussures. Une cliente, Angeline I. confie qu’un jour, alors qu’elle se contentait de la qualité de sa chaussure nouvellement achetée au retour des cours, c’est à la maison qu’elle a été surprise de constater que les pointures diffèrent, l’une 36 et l’autre 38, bien qu’elle soient identiques.
À Abomey-Calavi, au quartier Bidossessi, un vendeur de chaussures, Moumouni Ibrahim, est dans cette activité depuis 2018. Selon ses explications, c’est à partir de 19 heures qu’il commence la vente. Il nettoie les chaussures pendant la journée, se repose par la suite et n’attend que le coucher du soleil pour rejoindre sa place habituelle à savoir les abords des voies pavées dans le quartier. Il n’est pas confronté à ces genres de difficultés contrairement à ses amis qui viennent se plaindre à lui. Par inadvertance, confie-t-il, certains se retrouvent avec des paires de chaussures identiques, mais de différentes pointures.

Des risques

Ces chaussures, subtilement, peuvent se retrouver chez les férus des marchés de nuit. « Je viens ici parce que j’y trouve de bonnes chaussures et en plus, ce n’est pas cher. Mais, je me suis fait avoir une fois avec un billet déchiré et une autre fois avec des chaussures gâtées », a regretté Mariette. Après cet incident, elle confie avoir rencontré un nouveau vendeur, honnête, qui ne l’a pas encore mise dans ce pétrin. Pour sa part, Nelly, une habituée de ces marchés conseille, de ne pas attendre forcément la nuit pour aller acheter sa paire de chaussures. « On peut acheter quand il y a encore de la visibilité, pour bien apprécier la qualité »,
conseille-t-elle.
À la place Bulgarie à Gbégamey à Cotonou, les vendeurs de chaussures sont présents à plein-temps. Difficile de connaître l’heure d’arrivée et de départ de ceux-ci. Toujours est-il qu’à plein-temps, les clients défilent au niveau des différents points de vente de chaussures situés de part et d’autre de la place. Giwa, l’un des vendeurs, informe que la plupart des chaussures proviennent de Lomé ou du marché Missèbo à Cotonou. Ils maintiennent de bonnes relations avec les clients, selon ses explications. « Nous sommes une grande famille ici et nous faisons tout ensemble. C’est pourquoi, nous n’avons pas de difficultés», affirme-t-il.
Les vendeurs ont fait savoir que leur clientèle est faite d’hommes et de femmes et ils font de bonnes affaires au quotidien. « Nous pouvons donc dire que la vente de chaussures est une activité lucrative »,
ont-ils témoigné. Malgré tout, certains usagers des marchés de nuit prennent des précautions, pour éviter les pièges des marchands véreux.

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