Malgré ses efforts pour la protection des droits humains, le Bénin présente encore quelques insuffisances. Engagée pour une meilleure prise en compte de la dimension humaine dans la mise en œuvre de toute action publique, l’organisation non gouvernementale Changement social Bénin a initié, ce mardi 16 avril, à l’endroit des acteurs concernés, un atelier national d’appropriation des standards internationaux en matière de prévention de la torture.

Le plaidoyer pour la mise en place d’un mécanisme national de prévention de la torture au Bénin que conduit l’organisation non gouvernementale Changement social Bénin (Csb) « vise essentiellement, sans pour autant soustraire les auteurs d’actes répréhensibles à la sanction de la loi, la prise de mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention; à travers l’institutionnalisation d’un mécanisme national de prévention de la torture ».
Initiative opportune, salue Alexandrine Tchékéssi, directrice exécutive de Csb pour elle, « ce projet arrive dans un contexte où il fera bouger les lignes en vue d’une correction de la politique de gestion des conditions de vie en milieu carcéral ». Depuis l’avènement du renouveau démocratique, fait-elle observer, le Bénin a toujours été perçu, au regard de son dispositif normatif, comme un modèle en matière de droits humains. Cependant, rappelle Alexandrine Tchékéssi, « le caractère idéaliste des textes n’a jamais préjugé d’une effectivité de leur substance dans la réalité ». En clair, des textes aux réalités, de nombreux efforts sont encore attendus. Dans ce combat pour l’effectivité des droits humains, la dignité des personnes privées de liberté et l’avènement d’un mécanisme national de prévention de la torture, la Commission béninoise des droits de l’Homme se dit prête à accompagner. Elle est partante pour la mise en œuvre du projet afin que les objectifs fixés soient atteints et pour que le Bénin se dote de son mécanisme, assure sa vice-présidente, Sidikatou Adamon Houédété.
La récurrence de la problématique des mauvaises conditions de vie en milieu carcéral est notamment une conséquence de l’inexistence d’un mécanisme national de prévention de la torture au Bénin, avertit Sidikatou Adamon Houédété. Elle insiste sur l’opportunité que représente une telle initiative en vue de l’avènement de ce mécanisme tant espéré. Mécanisme dont la mise en œuvre nécessite de la part de l’Etat la mise en place de certains instruments et structures. Là encore, la partition est bien jouée, soutient Clément Akouègnon Dassi, secrétaire général adjoint du ministère en charge de la Justice. Tout en soulignant l’importance et même l’urgence d’un tel mécanisme, il s’est dit satisfait des réformes introduites par le gouvernement et celles à venir.

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