L'application de la peine de mort est en baisse dans le monde. C’est ce qui découle du rapport mondial 2018 d’Amnesty international dont le lancement a été fait, ce mercredi 10 avril à Cotonou, par la section Bénin d’Amnesty international en présence du ministre de la Justice, Sévérin Quenum.

Le rapport lancé hier par la section béninoise d’Amnesty international fait noter qu’il y a eu, dans le monde, un recul en matière de condamnation à mort et d’exécution durant l’année 2018. L’organisation de lutte pour le droit à la liberté d'expression, l'arrêt de la torture et des autres violations des droits de l'homme dans le monde, estime qu’il s’agit d’un grand pas vers l’abolition de la peine de mort. « Contrairement à 2017, le rapport de 2018 a remarqué qu’il y a eu une baisse de 31% des exécutions de par le monde même si sur les condamnations à mort, le rapport est resté constant puisqu’il y a eu environ 2500 peines… », explique Fidèle Kikan, directeur d’Amnesty international Bénin. A l’en croire ce recul a touché les pays d’Afrique du Nord et d’Asie qui sont des habitués de la pratique de la peine de mort.
En Afrique subsaharienne, 16 pays sont abolitionnistes et 16 autres non abolitionnistes à l’instar du Botswana, de la Gambie et de l’Egypte. La Mauritanie et le Nigeria ont fait rétention d’information sur leurs chiffres contrairement au Viêtnam qui, malgré le secret défense qui frappe ses statistiques sur la peine de mort, a fourni lui-même ses chiffres, explique le directeur d’Amnesty International Bénin. Sur le cas du Bénin, l’organisation se félicite des avancées notées. « C’est une fierté parce que le rapport arrive dans un contexte où le Bénin a totalement aboli la peine de mort et a pris la résolution, au 7e congrès mondial contre la peine de mort, de pouvoir être un pays leader et influenceur des autres pays d’Afrique subsaharienne…», se réjouit Fidèle Kika qui propose d’ailleurs ledit rapport aux autorités béninoises comme un outil à décisions.
Procédant au lancement du rapport, le ministre de la Justice, Sévérin Quenum, a réitéré «l’engagement irréversible » du gouvernement béninois « en faveur de l’abolition de la peine de mort… ». C’était également l’occasion pour le garde des Sceaux de rappeler les actions menées par l’Exécutif afin de parvenir à l’abolition de la peine de mort au Bénin. Au regard des nouveaux chiffres, ajoute-il, plus loin, l’abolition de cette pratique devient un « mouvement actif universel et l’histoire comptera que le Bénin est non seulement parmi les pays abolitionistes mais aussi parmi les premiers en Afrique à avoir définitivement tourné le dos à cette forme légale de barbarie humaine ».
Certes le Bénin est abolitionniste mais il reste encore des défis à révéler. Fidèle Kika évoque ces défis en quatre points majeurs. Entre autres, il a appelé à l’attention des autorités béninoises pour que la baisse constatée sur la question de la vindicte populaire soit maintenue dans la durabilité. Le deuxième point concerne la perpétuité. Amnesty international Bénin a estimé que le pays peut encore aller un peu plus sur cette question en ne dépassant plus 30 ans en matière de peine.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 876 fois