La Communauté forestière du Moyen-Ouémé (CoForMO) vient de bénéficier d’un deuxième appui de l’Agence française de développement (Afd) d’un montant d’un million d’euros, soit plus de 650 millions de francs Cfa pour renforcer les acquis de la communauté. La signature de la convention de ce financement a eu lieu hier à Cotonou, entre le directeur de l’Afd, Adrien Haye et le président de la CoForMO, Yao Prosper Iroukora, en présence de l’ambassadeur de la France près le Bénin, Véronique Brumeaux.

Contribuer à la lutte contre les changements climatiques, la conservation de la diversité biologique et la promotion du développement économique local par la réhabilitation d’un couvert forestier fortement dégradé, la production durable de bois énergie et la gestion multi-acteurs des forêts naturelles. C’est la finalité du projet de renforcement de la gestion durable des forêts naturelles du Moyen-
Ouémé. Un projet qui a bénéficié d’un appui de l’Agence française de développement (Afd).
A la cérémonie de signature, l’ambassadeur de la France près le Bénin, Véronique Brumeaux, a rappelé que 85% de l’énergie domestique au Bénin provient de l’utilisation du bois de feu et du charbon de bois, et donc de l’exploitation forestière. Or, cette exploitation, explique-t-elle, n’est réalisée ni de façon concertée ni de manière durable. Ainsi, le couvert forestier subit une dégradation continue, menaçant la biodiversité animale et végétale qu’il abrite, et les services environnementaux qu’il rend aux populations locales. La lutte contre la déforestation au Bénin devient donc une priorité nationale.
Véronique Brumeaux souligne que c’est pour répondre à ce défi que la Communauté forestière du Moyen-Ouémé (CoForMO) a mis en place depuis 2007 un dispositif de gestion communale des forêts par l’élaboration de plans d’aménagement forestier participatifs. Cette communauté a été créée par cinq communes du Moyen-Ouémé.
La CoForMO a pour vocation d’assurer la gestion durable des ressources forestières du domaine protégé de l’Etat au sein des territoires de ses neuf communes membres, tout en contribuant à leur développement économique et social. Les neuf communes de la communauté sont Bantè, Bassila, Dassa-Zoumè, Djidja, Glazoué, Ouèssè, Savalou, Savè, et Tchaourou, mobilisées pour la protection de leurs forêts. L’originalité du dispositif repose sur une cogestion intercommunale contractuelle d’un patrimoine forestier.
Le dispositif de gestion forestière adopté et développé par la CoforMO constitue, selon son président, Yao Prosper Iroukora, un modèle inédit au Bénin et, semble-t-il, le seul mis en œuvre aujourd’hui en Afrique. Car, se réjouit-il, il repose sur une gouvernance multi-acteurs et de cogestion forestière, dans une démarche d’intercommunalité.
Pour le président de la CoforMO, il a été noté à l’évaluation que le dispositif mis en place bénéficie d’une architecture solide. Mais, il reste encore inachevé et très peu visible, malgré la très forte plus-value de la contribution du Fonds français pour l’environnement mondial (Ffem) et autres projets. C’est pourquoi, dans le but de consolider les acquis de la subvention initiale, la CoforMO a sollicité et obtenu et de façon exceptionnelle, une deuxième convention d’un million d’euros du Ffem, pour le financement du projet de renforcement de la gestion durable des forêts naturelles du Moyen-Ouémé.
La particularité du présent projet réside dans l’importance accordée au monitoring écologique des forêts sous aménagement, et à la gestion intégrée de la fertilité des sols, en particulier dans le contexte de la lutte permanente contre les effets du changement climatique.

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