Un an après l’ouverture du chantier de Cotonou, les travaux de protection et de valorisation côtière ont démarré à Avlékété, sur le littoral de la commune de Ouidah. Ce front de lutte contre l’agression de l’océan, ouvert jeudi dernier par le ministre du Cadre de vie et du Développement durable José Didier Tonato, vise à protéger l’écosystème lagunaire et mettre en place les conditions optimales de développement du tourisme balnéaire et écologique au Bénin.

Construction d’une digue immergée de 4 kilomètres de longueur et rechargement de la côte par dragage de 2 millions de mètres cubes de sable, le tout pour un coût global de plus de 78 milliards francs Cfa. C’est un vaste et précieux chantier que le ministre du Cadre de vie et du Développement durable José Didier Tonato a lancé jeudi 6 décembre dernier à Avlékété dans la commune de Ouidah. Mais la vision en vaut le coût !« La mise en œuvre du projet de protection et de valorisation du segment de côte à Avlékété va sécuriser les investissements importants et rassurer les investisseurs étrangers qui montrent de plus en plus d’intérêt pour le Bénin révélé en général et particulièrement la mise en valeur de la richesse écotouristique de cette zone classée zone humide d’importance écologique de la convention de Ramsar», a indiqué le ministre José Didier Tonato au lancement des travaux. En outre, il annonce que ces réalisations permettront d’accueillir des chaînes hôtelières de rayonnement international, comme le Club Med, Four Seasons, Bayan Tries…, en soutien au programme de développement touristique de Ouidah, projet phare du pilier 2 du Pag 2016-2021. Mais par-dessus tout, c’est la crainte des populations environnantes face à l’avancée de la mer qui est ainsi dissipée. Par ailleurs, c’est près de 2.000 emplois directs et indirects qui seront générés par la réalisation de ces travaux.

Minutie pour la qualité des œuvres

A en croire le ministre, tout est mis en œuvre pour que les travaux soient de bonne facture. « Les études pour la protection côtière du segment d’Avlékété ont été lancées dès février 2017 avec le Groupe Jande Nul. 420.000 tonnes de roches sur les 1.200.000 envisagées ont déjà été acheminées au Port de Cotonou. Le mixage de l’approvisionnement extérieur avec la production des carrières nationales, a permis de dépasser le stock minimal nécessaire pour le démarrage des travaux physiques en mer. La technique de protection retenue et la qualité des travaux ont requis de Jande Nul de mobiliser des équipements et engins lourds performants dont le POMPEÏ, un navire de construction équipé des spécificités qui permettent, au regard du caractère immergé de la digue, d’obtenir la précision voulue correspondant au concept du brise-lame submergé », informe-t-il. Il rassure aussi du dispositif de contrôle (le bureau d’études Antea Belgium) et du comité de suivi environnemental et social mobilisés pour la réussite du projet. Au regard de la spécificité des travaux de protection côtière à Ouidah et de la complexité de leur mise en œuvre, le ministre a appelé tous les acteurs du projet et les populations riveraines bénéficiaires à une collaboration sérieuse et franche et au respect strict des règles relatives à la protection de l’environnement, à la sécurité et l’accessibilité du chantier afin que les travaux se déroulent dans les meilleures conditions possibles, dans les règles de l’art et en respect du délai d’exécution fixé à 24 mois.

Le Pag Tourisme en marche

« Aujourd’hui, la 2e phase de la protection du premier segment de côte à l’Est de Cotonou est presque terminée ; nous avons enterré la psychose des populations riveraines des départements du Littoral, de l’Atlantique et de l’Ouémé, notamment à Akpakpa-Dodomè, Enagnon, Fifadji-Houto, Donaten, Finagnon, Tokplégbé, Agblangandan, PK 10 Marina et Ekpè, sécurisant définitivement 15 kilomètres de côte. L’espoir a réapparu dans les cœurs », dixit le ministre José Didier Tonato. Il précise que quatre nouveaux épis ont été construits, 1.500 000 mètres cubes de sable dragués et 40 milliards de FCFA mobilisés dans un délai record de 6 mois. Mais les projets du gouvernement pour cette zone côtière ne s’arrêtent pas à l’aménagement. « Pour développer les ressources touristiques et balnéaires existantes, un financement complémentaire vient d’être mobilisé en vue de créer un lac marin à Donaten PLM Alédjo, de développer un programme immobilier sur un périmètre de 10 hectares de la bande fluvio maritime d’Akpakpa-Dodomè », annonce le ministre Didier Tonato. Le deuxième segment du littoral, le chantier d’Avlékété lancé jeudi dernier promet tout aussi une importante affluence d’investisseurs.Quant au troisième et dernier front de protection côtière, il sera ouvert dans un an et embrasse 23 kilomètres de littoral à protéger et aménager de la frontière de Hilla-Condji jusqu’à l’embouchure du fleuve Mono, communément appelée La Bouche du Roy, dans la commune de Grand-Popo. Ce dernier segment côtier critique, regroupant le Bénin et le Togo,sera exécuté dans le cadre du programme régional Waca. Le montage technique et financier du projet est déjà mis en place et ratifié à hauteur de trente-cinq milliards de francs CFA.
Au terme des travaux, la route des pêches sera prolongée jusqu’à la Bouche du Roy. Les trois segments ainsi connectés favoriseront selon le ministre José Didier Tonato, le développement d’un tourisme durable qui s’appuie sur la croissance du potentiel des écosystèmes marins et lagunaires et l’enracinement des fondamentaux de l’économie bleue dans les valeurs endogènes. Tous ces projets s’inscrivent dans le cadre des projets de protection côtière et d’aménagement balnéaire en vue de la valorisation du potentiel touristique de la zone littorale du Bénin. Projets inscrits au Programme d’actions du gouvernement notamment en son pilier 3 (Améliorer les conditions de vie des populations), axe stratégique n°7 (Développement équilibré et durable de l’espace national).

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