La commune de Comè a abrité ce samedi 1er décembre, la 30ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Placée sous le thème « connais ton statut », la campagne de cette année met l’accent sur l’importance du dépistage et appelle à la suppression des obstacles qui y sont liés.

Caravane gigantesque pour sonner la mobilisation et la riposte contre le Vih/Sida. Ambiance des grands jours. Sensibilisation à l’appui. Le décor qui accueille la célébration officielle de la 30è édition de la Journée mondiale de lutte contre le Sida à Comè renseigne sur l’enjeu. Pour cette édition, l’accent est mis sur l’importance de connaître son statut sérologique.
« Le dépistage du Vih est essentiel pour opérer les bons choix en termes de prévention et pour étendre la couverture du traitement antirétroviral ; il est la porte d’entrée pour atteindre les cibles des 90-90-90 », conçoit le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin.
Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies, Siaka Coulibaly renchérit : « Si les personnes vivant avec le Vih (Pvvih) ne connaissent pas leur statut, elles ne pourront pas se protéger, ni protéger leurs familles ; si elles ne connaissent pas leur charge virale, elles ne seront pas sûres de l’efficacité du traitement pour protéger leur santé et mettre un terme à la transmission du Vih/Sida ».
Selon lui, le manque d’engagement contre la maladie est une démission. « Le chemin que nous choisirons d’emprunter décidera du combat contre l’épidémie. Soit nous l’éradiquons, soit nous laissons les générations futures continuer de porter le fardeau de cette terrible maladie », dit-il, citant le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres qui invite expressément les Nations à renforcer leur combat.
Cette exhortation revêt tout son sens pour les Pvvih. Car, selon elles, le Sida n’est pas une illusion. « De maladie mortelle voire dégradante, nous sommes passés simplement à une maladie chronique », conçoit le président du Réseau béninois des personnes vivant avec le Vih (Rebap+), Valentin Nassara. Cela ne suffit pas pour baisser la garde. D’où son cri de cœur.
«N’est pas Pvvih, qui veut mais qui peut l’assumer ; nous l’assumons en toute responsabilité. Malheureusement, les médicaments n’existent pas. Certains de mes pairs sont obligés de se rendre à Abidjan pour prendre leurs molécules », se désole-t-il.Sentiment de révolte en leur sein. « Laisser perdurer cette situation, c’est tuer les victimes moralement, psychologiquement et physiquement ; personne n’a voulu être séropositif », lance-t-il.

Assurance et engagements

Le ministre de la Santé est sensible à ces mots. Après avoir expliqué les difficultés des acteurs, il rassure : « Depuis plusieurs jours, les anti rétroviraux de 2ème et de 3ème ligne sont disponibles en quantité et en qualité à la Centrale d’achat des médicaments essentiels. Je vous rassure de mon engagement personnel pour que les problèmes organisationnels que vous avez soulignés soient résolus ».
En Afrique de l’Ouest, 6,5 millions de Pvvih ont été dénombrées en fin 2015 dont 500 mille l’enfants. Au cours de la même année, seulement 36% connaissaient leur statut sérologique, 28% avaient accès au traitement anti rétroviral et 12% recevant un traitement avaient une charge virale indétectable, révèle-t-il. La prévalence du Vih au plan national est de 1,2% soit soixante-neuf mille personnes. Dans le Mono où ce taux est de 2,1%, des milliers de personnes ignorent leur statut sérologique ; ce qui ne leur permet pas d’accéder au traitement, déplore le ministre de la Santé. Le choix de Comè pour abriter les manifestations officielles se justifie.
Le Bilan qu’a présenté la représentante du président de la République au sein du Conseil national de lutte contre le Sida, Valentine Kiki Mèdégan renseigne des efforts que déploie le gouvernement pour arriver à bout de la maladie. Cette dynamique doit être renforcée pour l’atteinte des trois 90 à l’échéance des Odd.

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