Constituée de tous les acteurs impliqués dans la gestion des frontières dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, la Plateforme d'échange et de coordination de la gestion des espaces frontaliers (Pecogef) est en atelier à Cotonou du mercredi 28 au vendredi 30 novembre. Cette initiative est soutenue par la Giz, partenaire engagé auprès de l’Union africaine dans la sécurisation des frontières en Afrique.

Réfléchir en communauté à la sécurisation des frontières et à une coopération transfrontalière efficace. C’est l’objectif du séminaire régional sur la sécurité, l'intégration et le développement transfrontalier en Afrique de l'Ouest qui a démarré hier. Les travaux ont été officiellement ouverts par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia.

Pour le directeur de l'Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief), Marcel Ayité Baglo, président en exercice de la Pecogef, ces assises permettront d’identifier les pistes et conduites à tenir pour prévenir l'extrémisme violent dont la menace près des frontières est perceptible... "C'est au niveau des frontières que tout nait, parce que ce sont des zones fragiles, marginalisées, des zones grises. Et, un seul pays ne peut pas faire face à cette menace. D'où la nécessité de se mettre ensemble et de conjuguer les efforts pour faire face au défi de la sécurisation des frontières”, a-t-il expliqué.
Démontrant le bien-fondé de la Plateforme d'échange et de coordination de la gestion des espaces frontaliers (Pecogef), le représentant de la Giz Gérôme Dakouo fait savoir qu’il s’agit d’un réseau composé des différentes structures chargées de la gestion des frontières qui entend œuvrer pour une collaboration dynamique dans la sécurisation des frontières.
Il a aussi réaffirmé l’engagement de la Giz à accompagner les pays de l’Afrique sur les questions de sécurisation des espaces frontaliers qui constituent une préoccupation prioritaire de l'Union africaine. Le représentant de la Giz, Gérôme Dakouo, a ensuite annoncé que l'Allemagne, qui a déjà accompagné les trois premières phases du programme Frontière de l’Union africaine, se prépare à financer une prochaine phase. Une nouvelle pour laquelle le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia a remercié la Giz.

Rendre opérationnellela Pecogef

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia, s’est réjoui de la participation à ces assises des représentants du programme Frontière de l'Union africaine. Il précise que ce programme a été lancé suite à la résolution de la Conférence des chefs d'État de l'Union africaine de porter une attention particulière à la prévention des conflits. Ce programme s'exécute à travers trois axes que sont : la délimitation des frontières, le renforcement des capacités et des ressources et la coopération transfrontalière. “Le Bénin s’inscrit dans cette dynamique à travers le renforcement institutionnel avec la mise en place de l’Abegief, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre l'apatridie, la promotion des activités génératrices de revenus, la promotion de la coopération transfrontalière, la sécurisation des espaces transfrontaliers par la mise en place de l'Unité spéciale de surveillance des frontières du Bénin…”, a laissé entendre le ministre Sacca Lafia. Directeur du Bureau d'études sur la sécurité et le développement des frontières, l'ambassadeur malien Aguibou Diarraha a d’ailleurs rendu hommage au gouvernement béninois pour l'organisation de ce séminaire. «C’est la preuve que le Bénin est à l'avant-garde de la coopération transfrontalière en Afrique», affirme-t-il. Outre le leadership que tient le Bénin dans cette dynamique, il ajoute que la ratification par le Bénin de la Convention de l'Union africaine sur la coopération transfrontalière est aussi une illustration. Selon lui, il faudra faire en sorte que la coopération transfrontalière soit un gage de paix, de cohésion et de quiétude dans les pays de l’Afrique de l'Ouest. Pour ce faire, le représentant de la Giz exhorte à l’opérationnalisation effective de la Pecogef en Afrique de l’Ouest. «J'invite les différents pays qui sont là aujourd'hui à faire la transposition des différents textes qui ont été élaborés pour que cette plateforme soit opérationnelle dans tous les pays», exhorte-t-il.
Cet atelier qui rassemble tous les gestionnaires des frontières des pays de la Cedeao, les chargés de renseignements et toutes les organisations qui financent les programmes de gestion des frontières, doit permettre, selon le ministre Sacca Lafia, de réfléchir à des pistes et au réseautage pour une coopération transfrontalière efficace d’une part et d’autre part de définir les modalités pour une gestion optimale de ces espaces fragiles et géostratégiques que sont les frontières.

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