Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, Elonm Mario Mètonou, est descendu samedi 24 novembre dernier sur certaines artères de la ville de Cotonou réputées pour leur insalubrité. A l’occasion, il s’est réjoui de l’effet des deux dernières semaines de répression sur les habitudes des populations et a annoncé la poursuite de la sensibilisation et de la lutte avec un accent particulier sur la pollution sonore.

Zongo, le fameux dépotoir, les alentours malsains de la Place Bulgarie à Gbégamey et l’historique couloir insalubre qui s’étend de la pharmacie 4 Thérapies à la station dite "Lègba", avaient meilleur aspect samedi dernier en dépit de quelques rares tas d’immondices. L’écho de la répression démarrée depuis peu avec à la clé l’arrestation et la condamnation de certains citoyens indélicats résonne encore et impacte déjà les populations de Cotonou. Un constat qui a ravi le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, Elonm Mario Mètonou, et toute la délégation du parquet. « Constat satisfaisant, changement certain dans les habitudes, vous pouvez le constater avec moi malgré quelques résistances par endroits. A Zongo, un quartier réputé très pollué, les rues ont été nettoyées. Le commissaire du cinquième arrondissement qui coordonne la répression dans ces zones en même temps que le commissaire en charge de la brigade de lutte contre la pollution ont fait un travail formidable. Même constat à Gbégamey et constat très agréable aux alentours de la pharmacie 4 Thérapies. Vous savez qu’auparavant, cette artère était jonchée d’ordures. Désormais, nous pouvons constater qu’il n’y a plus d’insalubrité ici », s’est réjoui Mario
Mètonou. Selon le procureur, c’est la preuve que les populations sont capables de se ressaisir et d’abandonner leurs mauvaises habitudes. C’est aussi pour lui une motivation à poursuivre la sensibilisation et la répression pour que s’effacent définitivement les réflexes d’insalubrité. «Figurez-vous que jusqu’à ce que nous lancions cette campagne, plusieurs personnes ne savaient pas que jeter des ordures sur les voies publiques, vider leurs fosses septiques dans les caniveaux étaient des infractions. Et pourtant, ce sont des infractions qui sont prévues et punies non seulement par le code de l’hygiène mais également par la loi-cadre sur l’environnement », fait-il savoir
A chaque étape de la descente, le procureur Elonm Mario
Mètonou a discuté avec les chefs de quartiers et les commissaires d’arrondissements. Tous lui ont fait part des dispositions prises pour sensibiliser les populations, appréhender les récidivistes et décourager l’insalubrité conformément aux instructions du parquet. Lesquelles dispositions ont réjoui le procureur de la République. Pour ce dernier, la sensibilisation doit se poursuivre « J’ai pu rencontrer les chefs quartiers et les commissaires et j’ai constaté que tous ceux-là prennent une part active à la lutte, et donc les changements sont visibles. Mais les habitudes ont la vie dure. Nous allons allier sensibilisation et répression », informe le procureur.
La descente sur le terrain a également permis au procureur de constater que les collecteurs d’ordures ne sont pas assez assidus dans leur tâche. Il a promis s’entretenir avec la mairie pour que la collecte des ordures se fasse avec célérité.

Les mises en garde du procureur

« Nous allons continuer la sensibilisation et la répression. Nous allons continuer à faire en sorte que les lois de ce pays soient respectées. Nous allons faire en sorte que chacun puisse prendre part à l’assainissement de la cité. Car le droit à un environnement sain est un droit de l’homme. Les consignes ont été données à toute l’équipe : le commissaire central et les commissaires d’arrondissements ainsi que le commissaire en charge de la lutte contre la pollution, pour que la répression se poursuive. Il ne vous aura pas échappé que le mercredi dernier, nous avons poursuivi 24 personnes. Il y en a qui passeront encore la semaine prochaine devant le tribunal. Nous ne nous arrêterons pas tant qu’il n’y aura pas de changement significatif dans les habitudes des Béninois. C’est vrai que la gestion des ordures dans les grandes capitales pose toujours un défi immense aux administrateurs. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des difficultés que nous pouvons nous autoriser à aggraver le problème en déposant nos ordures, nos déchets sur la place publique. L’autre chantier, c’est également la lutte contre la pollution sonore. Vous savez que nos rues sont aujourd’hui envahies de bars, de restaurants, d’églises qui poussent comme des champignons et qui empêchent les gens de dormir. Ce n’est pas normal. La liberté de religion, la liberté d’entreprendre certes, mais il faut respecter les droits des riverains. Il faut faire en sorte que ceux qui ont fini leur travail au bout d’une longue et rude journée puissent en rentrant chez eux retrouver la paix et la quiétude nécessaires. Il y a des lois qui régissent cela et nous allons faire en sorte que ces lois soient également appliquées ».

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