Les enjeux liés à la transhumance et à la mobilité du bétail deviennent de plus en plus une préoccupation au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). A l’ouverture des travaux de la 5e édition de la rencontre régionale de haut niveau pour une transhumance transfrontalière apaisée entre les pays sahéliens et les pays côtiers, hier mercredi 14 novembre, à Cotonou, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, a déclaré que ces enjeux méritent qu’on y accorde une attention collective en vue de trouver des solutions concertées et durables.

Le secrétaire permanent du Réseau des Organisations d’éleveurs et pasteurs d’Afrique appelé Réseau billitalmaroobé (Rbm), Boureima Dodo, lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la transhumance transfrontalière pour réduire les risques de stigmatisation de la mobilité pastorale et de la transhumance transfrontalière. Cet appel a été lancé à l’ouverture des travaux de la 5e édition de la rencontre régionale de haut niveau pour une transhumance transfrontalière apaisée entre les pays sahéliens et les pays côtiers. Mais pour progresser dans cette voie, selon lui, il faut prendre appui sur le socle que constituent certains acquis. Des acquis obtenus grâce au soutien des partenaires techniques et financiers dont le porte-parole, Pierre Laporte de la Banque mondiale a rappelé les différents projets financés dans ce sens.
Pour le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, la rencontre de Cotonou se veut être un instrument de mise en œuvre de la décision Adec.5/10/98 de la Cedeao. Elle se tient à un moment où la recrudescence des conflits agriculteurs-éleveurs suscite une mobilisation accrue aux niveaux régional et international. Elle intervient par ailleurs, ajoute-t-il, dans un contexte où le foisonnement de nombreuses initiatives régionales sur l’élevage et le pastoralisme commande le renforcement de la coopération et de la coordination au bénéfice de la cohérence et de l’efficacité des interventions dans le domaine.
En effet, la dernière campagne de transhumance, estime Gaston Cossi Dossouhoui, a été exceptionnelle à tout point de vue. La concertation technique organisée par le Réseau de prévention des crises alimentaires en septembre 2017 à Conakry en République de Guinée, sur le bilan à mi-parcours de la campagne agro-pastorale, rappelle-t-il, a révélé clairement un déficit fourrager depuis la Mauritanie jusqu’au Sénégal. Cette crise pastorale particulièrement sévère a eu des répercussions au Nord-Est du Tchad et une bonne partie du Sahel. Elle a également occasionné de mouvements précoces des animaux vers les zones habituelles d’accueil notamment les pays côtiers où la communauté régionale n’a pas su mettre en place des dispositifs de veille et des plans de réponse subséquents.

Les objectifs à atteindre

Le Bénin, selon le ministre en charge de l’Elevage, a vécu cette pression des troupeaux du Nigeria, du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et du Togo, arrivés précocement, massivement et souvent installés dans les zones interdites à la transhumance transfrontalière en raison de la présence encore des cultures vivrières en herbe. Il en a résulté, regrette-t-il, un bilan particulièrement peu reluisant qui devra nourrir l’analyse et les réflexions des experts au cours de la rencontre de Cotonou.
Se référant à ces situations, le commissaire de la Cedeao, chargé de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en eau, Sékou Sangaré, a rappelé les défis qui attendent d’être relevés. Pour lui, l’insécurité des éleveurs craignant les vols répétés de bétail, la persistance du terrorisme dans la région, le trafic de drogue et la circulation des armes légères, sont autant de préoccupations majeures auxquelles il faut ensemble réfléchir et apporter des solutions durables. C’est pourquoi, la Cedeao, selon lui, se réjouit de cette mobilisation des principaux acteurs de la région pour réfléchir ensemble et contribuer plus activement que par le passé à la résolution des problèmes. Il faut, selon lui, dans la région ouest-africaine, la mise en place d’une transhumance apaisée et sécurisée et la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour toutes les populations.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs réunions, souligne le commissaire ont été organisées cette année. Et au nombre de celles-ci, celle de février 2018 au Tchad, en avril 2018 à Abuja avec les ministres en charge de l’Elevage et de la Sécurité des 15 Etats de la Cedeao plus le Cameroun, le Tchad et la Mauritanie et enfin la réunion de Cotonou qui se tient, depuis hier, pour prendre fin demain.

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