Le ministère en charge du Travail et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) organisent, du 13 au 15 novembre à Lokossa, un atelier de dissémination de la deuxième génération du Plan d’actions national (Pan) pour l’élimination des pires formes de travail des enfants.

Le Plan d’actions national (Pan) pour l’élimination des pires formes de travail des enfants est un document stratégique de mise en œuvre de la politique nationale de protection de l’enfant. Sa deuxième génération, dont l’exécution s’étend sur la période 2019-2023, est en cours d’appropriation à Lokossa par des acteurs de la lutte contre le travail des enfants. 

Venus notamment des directions de l’Administration et des Finances ainsi que des directions de la Programmation et de la Prospective des ministères sectoriels, les participants à l’atelier vont renforcer leurs compétences à travers une série de communications. Celles-ci portent, entre autres, sur l’état des lieux du travail des enfants au Bénin, le cadre juridique afférent, l’arrimage de Pan avec les Objectifs de développement durable (Odd) et le Programme d’action du gouvernement (Pag).
Les objectifs à atteindre sont déclinés au lancement des travaux de l’atelier par Denise Orou Yorou Guera, représentant du ministère en charge du Travail qui a conduit, avec l’appui de l’Unicef, l’élaboration du Pan. « En réalisant ce document de référence qui servira de boussole à tous les acteurs de la protection, nous avons fait l’option de nous outiller afin de mieux spécifier les mesures à prendre selon l’âge et le sexe des enfants en situation de travail, selon les différentes formes de travail et les secteurs d’activités où ils sont exploités», explique l’administrateur du travail, Denise Orou Yorou Guera. A l’en croire, le Pan propose d’agir sur six principaux axes afin d’infléchir la tendance mortifère du travail des enfants. Il s’agit des axes tels que la protection, le suivi et la prise en charge des enfants victimes, la réduction de la vulnérabilité socio-économique et le mécanisme institutionnel perçu comme un axe transversal.

Quelques indicateurs de la situation

Aux dires de l’administrateur du travail, les enfants du Bénin méritent une meilleure situation que celle qui leur est offerte aujourd'hui. Sur cette dernière, les données statistiques donnent froid dans le dos.
Selon l’Enquête nationale sur le travail des enfants (Ente) réalisée en 2008, ils sont 34% des enfants du Bénin impliqués dans les activités économiques, dont 30% dans des travaux qualifiés de dangereux, à en croire Denise Orou Yorou Guera. Elle ajoute que l’enquête sur l’exploitation économique, menée en 2013, dans trois principaux marchés du pays (Dantokpa, Ouando et Arzèkè) a permis de dénombrer 7 882 enfants, dont 78% de filles et 46% de moins de 14 ans. Ils y travaillent en moyenne 10 h par jour. En 2014, poursuit-elle, la situation s’est aggravée avec un taux d’accroissement de 52,5% des enfants. Soit un enfant sur dix travaille dans des conditions dangereuses.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1516 fois