Création d’une société de droit public et négociations avec des prestataires pour la mise en œuvre du projet de modernisation de la gestion des déchets solides ménagers du Grand Nokoué. C’est l’une des décisions prises par le Conseil des ministres du mardi 6 novembre dernier. De quoi rassurer les populations de ces communes quant à la gestion de leurs ordures et conjuguer au passé le spectacle des dépotoirs sauvages.

Mercredi 7 novembre. Sur la principale voie qui dessert le quartier Zongo à Cotonou, deux bacs débordent d’ordures qui se déversent sur la voie publique. Quelques mètres plus loin, un autre tas d’ordures, assez géant, ne passe pas inaperçu. A chaque niveau, les passants sont obligés de se boucher les narines avant de poursuivre leur trajet. Mais Zongo est loin d’être le seul quartier de Cotonou à offrir ce spectacle. Plusieurs autres artères de la ville débordent de déchets au vu et au su des riverains, passants, élus locaux, autorités municipales, cadres et autres décideurs de la vie sociopolitique du pays. 

Mais la situation est loin de se limiter à cette seule ville. Dans ce qu’il convient désormais d’appeler le grand Nokoué regroupant les communes de Porto-Novo, Sèmè-Podji, Cotonou, Abomey-Calavi et Ouidah, la gestion des ordures relève d’un casse-tête quotidien. Fin janvier 2018, pour le compte de ces cinq communes, un centre de gestion des déchets solides ménagers a été mis en service. La cérémonie avait été couplée avec la remise de matériel. En tout, ce sont trois centres de transfert et cinquante points de regroupement qui ont été mis en service pour les communes d’Abomey-Calavi, de Cotonou, de Ouidah, de Porto-Novo et Sèmè-Podji. «L’objectif visé est l’accroissement du taux de collecte des déchets solides ménagers en dotant les villes d'infrastructures adéquates de gestion de la filière des déchets solides afin de limiter leur impact sur l’environnement ». Cette action n’est pas isolée, bien d’autres ont eu également lieu, toujours dans la même perspective, sans pour autant résoudre le problème des ordures.
Préoccupé par une solution définitive à ce mal, le gouvernement vient, pour sa part, d’envisager une option qui ne manquera pas sans doute de résoudre cette équation. En exécution des instructions du Conseil des ministres du 21 mars, « le ministre du Cadre de vie et du Développement durable a engagé des démarches en vue d’identifier des opérateurs crédibles, pour une bonne prise en charge de la gestion des déchets solides ménagers dans le grand Nokoué. Les négociations menées ont été sanctionnées par des offres techniques et financières », lit-on dans le compte rendu du Conseil.

Les déchets ne seront plus un casse-tête

L’analyse de ces offres a conduit à redéfinir les contours du projet. Ainsi, il consistera, pour le moment, à en exécuter la composante «collecte », en différant le volet «déploiement des unités de traitement et de valorisation», expliquera pour sa part, le ministre en charge de la Culture, présentant le compte-rendu de la séance. « Le nouveau dispositif opérationnel proposé prévoit la création d’une société de droit public pour porter les investissements prévus. Cette option permet de garantir la qualité des prestations dans un partenariat bien structuré », a-t-il indiqué.
La société de gestion des déchets et de la salubrité du Grand Nokoué sera chargée de contractualiser avec les opérateurs identifiés, assurer le suivi, le contrôle et le paiement des prestations réalisées et collecter les ressources afin d’assurer la pérennité du projet. « Pour ce faire, elle se basera notamment sur un partenaire technique de référence, qui en sera la structure opérationnelle, recruté dans le cadre d’un contrat d’assistance technique et sur les opérateurs chargés de la collecte, du traitement et du transfert des déchets vers les lieux d'enfouissement sanitaire », indique le compte-rendu du Conseil des ministres. En vue de rendre opérationnel le dispositif ainsi conçu dès le mois de décembre prochain, avec pour exigence d’atteindre un taux de collecte des déchets de 80 à 90%, base d’efficacité pour la salubrité urbaine, et l’assainissement du cadre de vie des populations, le gouvernement a approuvé le principe de la création de la société de droit public dédiée au projet et autorisé la conclusion des négociations avec les opérateurs présélectionnés.

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