La commune d’Agbangnizoun dans le Zou a abrité, samedi 27 octobre dernier, la 21e édition de la Journée nationale de mobilisation pour la lutte contre les troubles dus à la carence en iode (Tdci).

Les troubles liés à la carence en iode (Tdci) les plus connus sont le goitre endémique, le crétinisme et le retard intellectuel chez l'enfant. Pourtant, ils vont bien au-delà. Ces troubles sont souvent irréversibles et la prévention est le seul moyen de lutte. La situation est encore préoccupante dans le département du Zou qui enregistre seulement 21,2% de ménages disposant de sel adéquatement iodé. La célébration de la 21e journée nationale de mobilisation contre les Tdci contribue à la sensibilisation et s'articule autour du thème : « Sel adéquatement iodé : gage d'une bonne croissance pour les enfants ». Un thème qui rappelle à la communauté la nécessité de la consommation du sel adéquatement iodé par toute la famille et plus précisément les enfants. C'est aussi l'occasion, pour les autorités, de rappeler le rôle combien important que l'iode joue dans la santé humaine. A cette fin, les autorités des ministères de l’Agriculture et de la Santé, appuyées par le maire d’Agbangnizoun, Gaspard Gboli-Honon, ont attiré l’attention sur la consommation du sel adéquatement iodé. A savoir, du sel iodé, bien emballé et conservé à l'abri de la lumière et de la chaleur. L'iode étant très volatile, il est important de bien le conserver pour éviter son évaporation sous l'effet de l'air, de la lumière ou de la chaleur, ont recommandé les spécialistes. 

Au cours de cette célébration, le représentant du ministre de la Santé, Venance Gandaho, a surtout insisté sur les caractéristiques de l’iode, qui est un micronutriment essentiel jouant un rôle majeur dans la croissance et le fonctionnement des cellules du fœtus, de l'enfant, de l'adolescent et aussi de l'adulte. Il est donc indispensable dans la fonction de la reproduction chez l’adolescente et la femme. Chez la femme enceinte par exemple, explique-t-il, la carence en iode peut être responsable d'avortement spontané, d'accouchement prématuré, de mort fœtale ou de troubles du développement du cerveau fœtal.

Des poches de résistance

Il sera appuyé par le représentant du ministre en charge de l’Agriculture, Françoise Assogba Komlan. Elle fait observer que malgré les efforts remarquables consentis dans les départements pour favoriser la consommation de sel iodé, des difficultés persistent. Elles sont, entre autres, liées à la réticence de saliculteurs locaux à ioder le sel localement produit, à la faible implication des élus locaux dans la promotion du sel iodé, à la réticence des revendeuses de sel à adopter les bonnes pratiques de conservation et de distribution du sel iodé; mais aussi au contrôle irrégulier de présence d'iode dans le sel.
Pour corriger cette situation, Françoise Assogba Komlan soutient que le Programme d'actions du gouvernement, à travers son volet agriculture, en arrimage avec le Plan national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan 2017-2021), a prévu la « mise en œuvre de la stratégie alimentaire de réduction de la malnutrition ». Selon elle, il s'agit de mettre en œuvre un plan efficace de communication en alimentation et en nutrition, de renforcer les capacités des agents techniques chargés de mettre en œuvre les conseils en alimentation et en nutrition, et d'organiser des séances d’information-éducation-communication pour un changement de comportement en nutrition.
A Agbangnizoun, samedi 27 octobre dernier, les autorités présentes ont surtout sensibilisé les populations à travers des démonstrations portant sur les troubles auxquels s'exposent les consommateurs de sel non iodé, avant de lancer un appel à la mobilisation générale pour éradiquer les Tdci. Il a été aussi procédé à la distribution de sel iodé.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 2013 fois