Le secteur de la sécurité est en plein essor et recrute à tour de bras. Pourtant, les conditions de travail de ces agents ne sont pas reluisantes. Ils sont nombreux, ces jeunes qui, de jour comme de nuit, sont appelés à veiller sur les hommes et leurs biens.

A peine a-t-il fini de s’habiller que Christian court pour ouvrir la portière d’un véhicule immobilisé devant son lieu de service. Matraque en main, godasses aux pieds et sifflet à la bouche, ce jeune garçon de 25 ans a la responsabilité d’assurer la sécurité d’un hôtel de la place.

Tout comme lui, ils sont nombreux, ces jeunes sortis d’universités ou non, à se lancer bon gré mal gré dans le métier de vigile à la recherche de quoi assurer leur quotidien.Tandis que certains bénéficient d’un encadrement digne du nom, d’autres sont formés sur le tas. Ceci engendre une mauvaise performance de leur part. Yacoubou Aliwanoumon, directeur d’une société de sécurité de la place, confirme qu’il y a assez de maux qui minent le secteur de gardiennage au Bénin. Il pointe du doigt les sociétés qui ne donnent aucune formation de base à leurs agents avant de les déployer sur les «sites». C'est la raison pour laquelle l’on assiste de temps en temps à des défaillances chez ces jeunes. «Ici, nous ne sommes pas à l’abri du vol. Cela arrive quotidiennement au point où certains de nos collègues se retrouvent derrière les barreaux pour une moindre erreur », affirme Georges, un agent de sécurité de la place. « Quand ces petites erreurs surviennent, c’est nous qui payons les frais. On nous envoie à la Police pour signer des engagements. Parfois, on nous jette carrément en prison bien qu’on ne soit ni de près ni de loin mêlés à ce vol », poursuit-il.
Peu importe le salaire, l’agent de sécurité se doit de faire preuve de vigilance et d’accomplir convenablement la tâche qui est la sienne. Bien qu’ils soient parfois contraints de faire des heures supplémentaires et d’être exposés sà tous les risques, ces agents se plaignent tous les jours de leurs salaires. «Mon patron me paie 35.000 f cfa par mois. C’est insuffisant, vu les charges que j’ai. Je suis obligé de solliciter à des moments donnés l’aide d’un ami pour pouvoir joindre les deux bouts», confie un agent qui a requis l’anonymat.
Le président de l’Association nationale des agents de sécurité privée du Bénin, Jean Claude Gouton, évoque le fait que le secteur de la sécurité soit exposé à plusieurs difficultés. Le salaire des agents est très bas, c’est-à-dire qu’ils sont payés en dessous du Smig au mépris des textes en vigueur. Au lieu de 60 h de travail par semaine, l’agent de sécurité va jusqu’à 72h ou carrément sept jours sur sept sans repos. Cette situation engendre une inefficacité des agents sur le terrain. Il précise qu’avec la collaboration du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, les démarches sont en train d’être menées pour recadrer le secteur et assurer de meilleures conditions de travail aux agents de sécurité.

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