Braves et vaillantes femmes, les amazones ont une grande renommée dans l’histoire du Danxomè. Ce régiment militaire est une troupe d’élites fondée par le roi Guézo qui lui a permis de gagner plusieurs guerres contre les envahisseurs. En prélude à la commémoration du bicentenaire du sacre du roi Guézo, les héritières des amazones ont marché, ce dimanche, à travers la ville d’Abomey.

Tôt ce dimanche matin, c’est la grande mobilisation. Une foule impressionnante de femmes, dignes héritières des amazones, s’est retrouvée à la Place Goho d’Abomey pour donner le top d’une marche bien cadencée sur plusieurs rythmes traditionnels d’Abomey.
Parti de la Place Goho, le cortège qui a traversé la ville d’Abomey a fait le tour du marché
Houndjro avant d’échouer au palais privé du roi Guézo au quartier Hounli. Les descendantes des amazones n’ont pas été seules dans la procession. Elles ont été soutenues par les cardinaux de la lignée Guézo, têtes couronnées et autres dignitaires d’Abomey. On pouvait distinguer parmi eux Anastase Guézo alias Daah Miminvo Yamongbè Guézo, président du comité d’organisation du bicentenaire du sacre du roi Guézo, Daah Dessou Minyêtin, secrétaire général du comité et Constant Agbidinoukoun, porte-parole du comité.

Guézo, un bâtisseur

A l’occasion, les œuvres de Guézo, fondateur de l’armée des amazones, ont été évoquées. 9e souverain du royaume de Danxomè, il a régné de 1818 à 1858. Il a gagné beaucoup de batailles. Dans son dispositif militaire, la femme a occupé une place de choix. C’est ainsi qu’il a fondé le régiment des amazones qui lui a permis de remporter des victoires sur des victoires. Parce que, pour lui, « ce que l’homme peut faire, la femme aussi peut le faire ». C’est ainsi que ce régiment des amazones a été mis sur pied dans le royaume de Danxomè au début du XIXe siècle. Connues pour leur férocité légendaire, les amazones se sont montrées aussi bien redoutables que féroces, n’hésitant pas à brandir les têtes ou des organes de leurs adversaires fraîchement coupés, et parfois, avec des dents. Et, l’histoire retient que la toute première fois que les soldats français sont confrontés à elles, c’était en octobre 1892. Ce jour-là, les soldats français devraient envahir le Danxomè. Mais, à 50 km de la ville d’Abomey, après avoir décimé la première colonie militaire de l’armée régulière envoyée par le roi Guézo, ils seront cernés par la suite par une armée de femmes, les amazones de Guézo. Le combat fut rude. Ebahis, ils n’en revenaient pas.
Il faut noter que l’armée des amazones était composée d'environ 5000 femmes compartimentées en plusieurs régiments et commandées par la meilleure d’entre elles. D’après les témoignages, leurs entraînements étaient bien intensifs. Ils sont faits de réels combats, du maniement des armes et des exercices d’extrême résistance. Un seul but : tuer sans pitié et sans peur. Leurs prisonniers étaient généralement décapités de manière effroyable.
Selon Constant Agbidinoukoun, porte-parole du comité d’organisation, cette innovation du roi Guézo, que constituent les amazones, est considérée de nos jours comme un acte répertorié au nombre des merveilles mondiales après des recherches et études scientifiques.
A l’issue de la marche de ces braves dames, tour à tour, des personnalités présentes ont rendu hommage au roi Guézo et aux amazones. Daah Miminvo Yamongbè Guézo, président du comité d’organisation du bicentenaire du sacre du roi Guézo, a rappelé les exploits du roi et a salué surtout la clairvoyance du chef de l’Etat, Patrice Talon, qui appuie cette commémoration qui sera pendant des années un outil de mobilisation touristique au Bénin. Il invite les Béninois à prendre massivement part à la commémoration du bicentenaire du sacre du roi Guézo qui se tient du 3 au 17 novembre prochain?

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