Ainsi donc, le gouvernement serait le grand méchant loup dans cette affaire de taxation de forfait internet, à en croire certaines opinions dont de leaders politiques qui en ont fait leur choux gras dernièrement avec le lot d’amalgames qui fait désespérer de la politique et de certains de ses acteurs chez nous ! Certes, oui, c’est bien l’Exécutif qui a pris le décret n° 2018-341 du 25 juillet 2018 portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin....

Qu’à cela ne tienne, pourquoi pas? Il n’y a pas forme d’expression plus grande d’injustice subie que l’exclamation de feu le président Zinsou, selon la légende, s’offusquant de ce que la taxe Zinsou n’allait pas dans les poches de Zinsou !
Partant sur cette lancée, il aurait été plus judicieux, voire astucieux de s’en prendre aux operateurs Gsm, qui se font suffisamment d’argent à nos dépens pour ne plus avoir nécessairement besoin de systématiquement répercuter de façon aussi brûtale cette taxe sur leurs tarifs à la consommation.
Aussi renversant qu’une telle position puisse paraitre au regard des récriminations qu’elle a soulevées, ma foi, pourquoi pas une taxe sur les services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public ? Dans un contexte international marqué par l'amenuisement des créneaux pour lever des fonds, il faut faire preuve d’ingéniosité pour en mobiliser, aller les chercher là où cela se peut. Sarkozy a pu dire qu’il irait chercher la croissance avec ses dents s’il le faut. Par syllogisme, qu’il plaise bien au président Talon d’aller chercher les ressources nécessaires pour transformer le Bénin avec les siennes lui aussi pour concrétiser les ambitieux projets du PAG, pourquoi pas!? N'a-t'il pas du reste séduit l’électorat béninois lors de la campagne 2016 en faisant valoir ses capacités à pouvoir mobiliser les fonds, et le flair qui est le sien à ce propos ? Engagement politique pour engagement politique, celui-là aussi vaut son pesant d’or! D’autant plus que les institutions internationales de finances, celles de Bretton Woods en premier, recommandent fortement l’effort de mobiliser les capitaux en interne, de ratisser large et tout ce qui peut l’être de ressources intérieures avant de devoir les solliciter elles en appui...Et elles ont vu juste, en raison de ce que nous avons tendance à tout attendre des autres, à faire la manche alors que nous pouvons nous auto-suffire, financer notre développement sans aide extérieure, la fameuse aide au développement, fruit, il faut le souligner, des taxes et impôts levés chez eux par les pays qui nous les octroyaient, et dont les conditions sont telles qu’elles nous tenaient les mains liées, remettant en cause à bien des égards notre souveraineté. Nous avons tout pour nous développer, manquait à cette perspective un peu d'ingéniosité de notre part, d’où Axelle Kabou exhortait-elle à “refuser le développement”, entendu le développement tel que voulu et pensé par les autres pour nous. Et pour ce faire, rien de tel que de compter sur nos ‘’propres forces’’ comme dirait Thomas Sankara que beaucoup célèbrent sans rien retenir de sa pensée politique.
Aussi, si nous devons compter sur nos propres forces, dans cette affaire de forfait internet, m’est avis que les Béninois n’ont pas saisi le bon bout, en tout cas ceux d’entre eux qui critiquaient l’acte de taxation ont raté une bonne occasion de faire preuve de patriotisme, en ciblant non pas le gouvernement, lui aussi quelque peu interloqué par cette affaire et mis devant le fait accompli.

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