Lamentations et jérémiades ont coulé aux quatre coins des rues, dans les maisons, et les lieux de rassemblement dans la matinée d’hier, mercredi 19 septembre, au constat de l’entrée en vigueur des nouvelles tarifications des forfaits appel et internet. Si certains, plus optimistes, croient en l’adaptation prochaine des populations, d’autres y voient un calvaire.

« J’ai activé mon forfait Moov 150 francs ce matin et j’ai reçu 4 minutes. Je dis bien 4 minutes au lieu de 14 minutes ! J’étais simplement découragé », affirme d’humeur maussade dame Pélagie, vendeuse de riz au quartier Adogléta. « Ne sachant rien ce matin, moi j'ai activé un forfait internet de 500 francs à un client et au lieu de 1 Go, il a vu 50 Mo. Il a voulu me sermonner, moi-même j'étais surpris. Et c’est quand j'ai appelé pour comprendre, qu'on m’explique que les nouvelles tarifications sont entrées en vigueur », raconte Saurel Gnanga, vendeur de crédit au carrefour Sobébra. 

Les nouvelles tarifications annoncées par les réseaux de téléphonie mobile sont bel et bien en vigueur et déjà, les populations s’y frottent et s’y piquent. « Mais c’est le début ! Moi je pense qu’avec le temps, on va s’y habituer. C’est vrai que nos poches vont en ressentir les effets, mais on saura désormais quoi publier et ne pas passer le temps à invectiver pour rien », justifie Melchior Ayi, sociologue de formation. Mais pour le jeune écrivain Lionel Montcho, cette logique est difficilement compréhensible pour les populations un peu aux abois avec la morosité économique. « Hausser les coûts de communication pourrait être contre-productif dans un contexte où le Bénin aspire à une révolution numérique et une prime est accordée à l’innovation technologique », note l’entrepreneur Fola Alikékéré. Mais pour Calèbe Midinoudéwa, taxer la connexion internet n’est pas mauvais en soi, si tant est que la qualité de la connexion est meilleure.

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