Pour la mise en oeuvre des recommandations issues de l'Examen périodique universel (Epu) effectué en novembre 2017 sur la situation des droits humains, notamment en ce qui concerne les femmes, enfants et personnes handicapées, l'Ong Wildaf-Bénin a élaboré un document de plaidoyer à l'endroit des acteurs politiques, sociaux et des partenaires. Le document a été distribué puis discuté lors d'un dîner de plaidoyer qui a eu lieu, vendredi 7 septembre dernier à Cotonou. 

Engager auprès du gouvernement, des institutions de la République, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs sociaux, un plaidoyer pour la mise en oeuvre des recommandations issues de l'Examen périodique universel (Epu) en ce qui concerne les femmes, les filles, les personnes handicapées en général, et en particulier, les recommandations qui visent la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes. C'est l'objectif du dîner organisé vendredi dernier par Wildaf-Bénin.
Au cours de cette rencontre qui a connu la participation de personnalités dont les députés Orden Alladatin et Claudine Prudencio, le plan de plaidoyer de la plateforme et les thèmes touchant à l'émancipation de la femme, à l'égalité de chances pour toutes les couches de la société, aux conséquences des mariages précoces..., ont été abordés et développés.
Après avoir salué les efforts déjà enregistrés dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, en l'occurrence les diligences du ministère en charge des Affaires sociales, la coordonnatrice nationale de l'Ong Wildaf-Bénin, Me Huguette Bokpè Gnacadja, a plaidé pour une meilleure vulgarisation de la loi sur les personnes handicapées et de la loi portant sur les violences sur mineures. Selon elle, la situation est toujours inquiétante. Au terme de l'enquête réalisée à la demande de l'Ong Wildaf-Bénin sur les violences faites aux femmes dans les départements de l'Atlantique, de l'Atacora et du Couffo, 168 cas ont été identifiés dont 95 concentrés dans l'Atacora et le Couffo. 41% des filles victimes de violence ont entre 10 et 14 ans et 42% entre 15 et 17 ans. Pour la coordonnatrice nationale de Wildaf-Bénin, il y a un travail de fond à faire. Elle fait aussi remarquer que les personnes censées protéger les mineures (enseignants, tuteurs...) ignorent les dispositions prévues par la loi.
Par ailleurs, Me Huguette Bokpè Gnacadja rappelle que le Bénin dispose de plusieurs études en la matière assorties de conclusions et recommandations. Mais leur mise en oeuvre se fait attendre. C'est pourquoi elle invite gouvernants, partenaires techniques et financiers, acteurs sociaux et chefs traditionnels à s'impliquer davantage dans ces questions et dans la représentativité de la femme aux instances décisionnelles. «La parité dont nous parlons n'est pas une charité. À compétences égales chances égales», a souligné la coordonnatrice nationale de Wildaf-Bénin.
Le député Orden Alladatin salue, quant à lui, la détermination de toutes les Ongs membres de la plateforme des Organisations de la société civile qui oeuvrent pour l'émancipation des femmes et la lutte contre les violences sur mineures. Il a ensuite déploré l'inaction, voire l'opposition affichée par les femmes elles-mêmes dans le débat de la représentativité des femmes à l'occasion de la proposition d'amendement de la Constitution puis s'est engagé à porter la voix des Osc auprès des gouvernants.

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