Pour améliorer leur gestion des inondations et partager leurs bonnes pratiques en la matière, une délégation du Cameroun est en visite au Bénin du 30 août au 8 septembre. Elle a rencontré, ce mardi 4 septembre, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia, dans les bureaux de l’ex-Primature.

Ecouter, observer, échanger et apprendre afin d’améliorer la gestion des inondations au Cameroun et inversement partager avec le Bénin les bonnes pratiques du Cameroun en la matière. C’est l’objectif de la visite au Bénin d’une délégation camerounaise composée de préfets de départements, de maires, d’autorités administratives morales, chefs traditionnels, et cadres.
Arrivée à Cotonou depuis le 30 août dernier, la délégation camerounaise a déjà tenu plusieurs séances d’échange et de partage avec les personnes ressources de l’Agence nationale de la protection civile (Anpc) du Bénin. « Dès le 31 août, le lendemain de notre arrivée, nous avons suivi des communications sur le système d’alerte précoce au Bénin et le plan de contingence, des projections d’images sur les interventions de l’Anpc, une vidéo portant sur le rétablissement du pont d’Akogbato, les grandes réalisations du Pugemu… Ce qui comble déjà nos attentes », atteste le chef de la délégation camerounaise Fissou Kouma.
Il ressort de ses propos que le choix du Bénin pour ce partage d’expériences tient en ce que le Bénin, après avoir affronté les désastreuses inondations de 2010, a acquis des expériences avérées en la matière. Or, dans l’extrême Nord du Cameroun, particulièrement dans la Vallée du Logone, les inondations sont récurrentes. Pour protéger la plaine des inondations, fait savoir le représentant de la délégation camerounaise, le gouvernement avait érigé depuis 1954 une digue de retenue d’eau qui, par la suite, a permis la mise en œuvre d’un projet de riziculture sur 11 500 hectares. En outre, en raison des dégâts survenus lors des inondations de 2012, le gouvernement a mis en place le Projet d’urgence de lutte contre les inondations (Pulci), un projet dont l’une des trois composantes est la prévention des catastrophes et la mise en œuvre du plan de contingence. C’est, selon Fissou Kouma, ce en quoi la délégation camerounaise cherche à se renforcer au Bénin.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia, a remercié la délégation camerounaise pour avoir choisi d’apprendre et de partager auprès du Bénin. « Je ne peux qu’encourager les pays africains pour qu'ils puissent s’entraider entre eux. Nous avons beaucoup de choses à apprendre les uns des autres. Il y a beaucoup de défis que l’expérience des uns peut aider les autres à relever », a-t-il affirmé. Il a précisé que l’Agence nationale de la protection civile est un dispositif multi-acteurs mis en place par l’Etat béninois pour prévenir et faire face aux catastrophes. A l’en croire, il existe des similitudes dans la gestion des inondations au Bénin et au Cameroun, avec notamment les menaces du fleuve Niger à l’extrême Nord du Bénin, l’érection d’une digue au niveau du fleuve et la mise en place d’une riziculture irriguée par la digue. Le ministre Sacca Lafia a souhaité que cette visite soit effectivement une occasion du donner et du recevoir.
La délégation a, par ailleurs, visité quelques sites touristiques à Ouidah tels que le Temple de Python, la Porte du Non-Retour, le musée de la Traite négrière. Elle descendra dans les prochains jours à Abomey pour visiter différents dispositifs mis en place pour la réduction des risques d’inondation au Bénin.

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