Les praticiens hospitaliers et les praticiens hospitalo-universitaires des formations sanitaires publiques du Bénin et le gouvernement sont désormais engagés dans les contrôles dans les centres de santé publique. Du moins, c’est ce qu’on peut retenir de la rencontre entre les deux parties qui a eu lieu, samedi 1er septembre dernier à Cotonou.

Les praticiens hospitaliers et les praticiens hospitalo-universitaires de toutes les formations sanitaires publiques du Bénin et le gouvernement ont accordé leurs violons, samedi dernier à Cotonou, en ce qui concerne l’application des décisions issues du Conseil des ministres du 25 juillet 2018 relatives à la réglementation de l’exercice en clientèle privée des fonctionnaires de l’Etat. Pour l’application de ce règlement, le gouvernement a fixé le 1er septembre pour le démarrage des contrôles dans les centres de santé sur toute l’étendue du territoire national. Pour éviter un bras de fer dans le secteur de la santé, les acteurs de la santé y sont associés. 

C’est dans ce cadre que le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a organisé cette rencontre pour leur implication effective. Cette séance a permis aux deux parties de découvrir que la décision du gouvernement a engendré beaucoup de fausses rumeurs, de distorsions d’information.
Loin d’un débat houleux, les discussions ont été enrichissantes. Ce qui a permis aux uns et aux autres de comprendre la pertinence de la décision. Ce fut l’occasion pour les acteurs de la santé de souhaiter qu’il y ait des mesures d’accompagnement afin que ces dispositions ne soient un handicap pour l'offre de service au niveau des hôpitaux publics.
Par rapport à leurs rémunérations, le ministre a fait remarquer que le Bénin n’est pas un pays riche et qu’il est question d’être raisonnable dans les propositions. Le ministre a aussi rassuré les praticiens des dispositions prises par rapport à l’organisation de la continuité des services de garde au niveau des hôpitaux, de l’équipement et des ressources humaines des hôpitaux.
Au sortir de cette rencontre, le président du Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin, Francis Dossou, a déclaré : « J’ai compris qu’il faut arrêter d’être ambivalent, qu’il faut être soit dans le secteur public, soit dans le secteur privé ». Il reconnaît, tout de même, que cette mesure ne sera pas simple à appliquer. « Elle doit avoir des conséquences lourdes, mais ce n’est pas parce que le médicament est amer qu’on ne va pas le prendre pour guérir de nos maux », a-t-il affirmé.
Conscient de l’enjeu, Francis Dossou a demandé à ses confrères de revenir à la vocation pour ceux qui n’avaient pas gardé ce sens-là. Car, dans les rangs, on dénombre des praticiens très vertueux, des praticiens vertueux, des praticiens peu vertueux et des praticiens non vertueux, admet-il. « L’idéal est que nous soyons tous des praticiens très vertueux pour redorer le blason de notre corporation et pour apporter du mieux aux malades », a-t-il souligné avant d’ajouter : « Je pense que si les choses continuent à aller dans ce sens, on va gagner au bout du compte». Car, certains font souffrir les malades qui n’ont pas toujours l’opportunité d’avoir les soins dont ils ont besoin.

Organisation pratique des contrôles

Par rapport à l’organisation des contrôles sur le terrain, le ministre Benjamin Hounkpatin a fait savoir que des équipes du ministère de la Santé et d’autres structures seront déployées aussi bien au niveau des hôpitaux publics qu’au niveau des cliniques privées pour s’assurer qu’il y a des agents de santé publics qui sont effectivement à leur poste de travail. Les équipes se rendront compte qu’il n’y a pas d’agents du public qui soient en train d’officier dans des cliniques privées.
Dans un deuxième temps, il sera question de s’appuyer sur des dénonciations, indique-t-il. En dehors de cela, des mesures seront prises pour renforcer les plateaux techniques des hôpitaux. Il y aura également des mesures pour réorganiser le système de référence au niveau des zones sanitaires et des départements. Car, poursuit le ministre, ce n’est pas normal que quelqu’un quitte un centre de santé périphérique et aille directement au Cnhu alors qu’il y a un hôpital de zone, dans sa localité où il devrait aller d’abord. Et si cela échappe aux compétences de cet hôpital de zone on peut aller au centre hospitalo-départemental avant d’aller au Cnhu ou au Chu-mel. Donc, des dispositions sont prises pour tout réorganiser de façon qu’il n’y ait pas d’affluence incontrôlable au niveau des centres hospitalo-universitaires, assure-t-il.
Au terme des échanges, le ministre de la Santé a exhorté les praticiens hospitaliers, les praticiens hospitalo-universitaires, les paramédicaux et tout le personnel qui interviennent au niveau des structures sanitaires à accompagner le gouvernement dans l’application stricte du décret pris pour réorganiser le système sanitaire, notamment au niveau de l’exercice en clientèle privée des fonctionnaires de l’Etat. « Je pense que nous gagnerons tous demain où nous aurons un système sanitaire performant », a-t-il martelé.

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