La fondation Le Municipal en collaboration avec l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) a initié un atelier d’évaluation et de prospection pour mieux appréhender l’état réel de la gouvernance locale et de la corruption dans les 77 communes du Bénin. Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local, s’est tenu, ce jeudi 30 août à Cotonou.

« La lutte contre la corruption et la participation de la société civile à la gestion transparente des collectivités locales au Bénin ». C’est le thème de l’atelier d’évaluation et de prospection organisé, ce jeudi à Cotonou, à l’intention des collectivités locales et qui a regroupé plusieurs acteurs de la décentralisation et de la société civile.

Le président de la fondation Le Municipal, Franck Kinninvo, a exposé les raisons qui l’ont poussé à prendre une telle initiative saluée par les acteurs de la décentralisation. Il dit partir de trois questionnements qui sont restés sans réponse. Primo, quel est l’état réel de la gouvernance locale et de la corruption dans les 77 communes du Bénin ? Secundo, que faut-il faire concrètement pour relever le niveau de la gouvernance locale au Bénin ? Et tertio enfin, la commune est-elle le niveau administratif le plus corrompu et le plus sujet à la mauvaise gouvernance ?
Cela exprime bien la perception de l’opinion publique de la gestion des ressources locales depuis la publication du rapport de la commission parlementaire d’information, d’enquête et de contrôle relative à la gestion des ressources du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec) qu’il faut aujourd’hui restaurer, a fait savoir Franck Kinninvo. « C’est donc pour restituer la vérité des faits, reconnaître les efforts en cours pour améliorer la gouvernance locale et inviter les acteurs à la base à ne pas relâcher les efforts mais à les conjuguer puisque ces évènements ont terni l’image des communes », a-t-il poursuivi.
Le président de l’Ancb, Luc Atrokpo, s’est réjoui de l’initiative qu’il trouve pertinente et qui permettra aux différents acteurs de prendre conscience du rôle qui est le leur pour sortir les populations de la précarité. « Nous acteurs locaux, n’avons pas d’autre choix que de nous inscrire dans la veille de la lutte contre la corruption et plus globalement de la bonne gouvernance », a-t-il confié. Il ajoute que le Bénin peut donc courageusement s’engager dans un transfert de ressources plus importantes et à temps aux communes afin de réduire la corruption et éradiquer la pauvreté. Pour lui, les comptes communaux font l’objet d’un contrôle régulier de la part des conseils communaux, d’une approbation par le préfet et d’une certification par la chambre des comptes de la cour suprême. Ce qui devrait rassurer les uns et les autres.
Le directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Noël Gankpé, représentant le ministre, dit être convaincu que les acteurs partiront de cet atelier plus aguerris pour mieux impacter les communes. « Ces expériences doivent être capitalisées afin de faire progresser la gouvernance locale au Bénin », a-t-il souhaité. Il a exhorté les maires et les différents acteurs de la chaîne de la bonne gouvernance à se conformer aux procédures en vigueur en vue d’améliorer la qualité de la dépense publique dans les communes?

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