La digitalisation des chaînes de valeur agricoles était au centre de la troisième session de l’année du Groupe de travail sur la finance digitale (Gtfd), tenue ce jeudi 30 août à Cotonou. Une rencontre trimestrielle qui permet de réfléchir sur les thématiques relatives au développement de l’écosystème et plus généralement de la finance digitale au Bénin.

Réunis autour du thème « La digitalisation des chaînes de valeur agricoles, enjeux et perspectives au Bénin », le Groupe de travail sur la finance digitale (Gtfd) a tenu sa troisième session annuelle hier à Cotonou. 

Sabine Mensah, spécialiste technique finance digitale, au Fonds d'équipement des Nations Unies pour le développement local (Uncdf) a souligné, à l’ouverture des travaux, que l’agriculture est un secteur clef de l’économie qui emploie la majorité de la population.
« La question qui se pose au Bénin est de voir avec toutes les parties prenantes à cet atelier comment aller vers la digitalisation des chaînes de valeur agricoles », relève Sabine Mensah. Il s’agit, a-t-elle souligné, de savoir les leviers sur lesquels il faut travailler pour s’assurer que l’inclusion a atteint toute la population afin qu’elle tire parti des nouvelles technologies pour améliorer leur productivité et avoir accès à plus de grands marchés et éventuellement améliorer son bien-être à travers l’augmentation de leurs revenus. Cette session devrait également permettre de sortir une feuille de route pour guider la mise en œuvre de projet de digitalisation des chaînes de valeur agricoles au Bénin.
L’Uncdf fait partie des partenaires du secteur agricole pour aider à booster l’inclusion financière des agriculteurs à travers la diversification des services financiers accessibles via téléphone portable, informe Orou Dèkè Gouroudobou, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il indique que la filière riz a été retenue pour la phase pilote du projet de digitalisation financière. Elle a été choisie, justifie-t-il, parce que c’est une filière qui met au travail à la fois les femmes et les hommes. Dans les mois à venir, annonce-t-il, ils vont pouvoir faire des transactions financières sans subir les multiples difficultés liées à l’usage de la monnaie trébuchante, tout en saluant la disponibilité et l’accompagnement de l’Uncdf.
Rafiou Bello, conseiller à l’économie du ministre de l’Économie et des Finances et président du groupe de travail, rappelle que le secteur agricole représente environ le tiers du produit intérieur brut national et emploie plus de trois millions d’actifs, contribuant fortement aux recettes en devises. Paradoxalement, reconnaît-il, c’est un secteur qui abrite beaucoup de pauvres et est faiblement financé alors qu’il a besoin de beaucoup d’investissements et de réponses innovantes. Il souligne que le risque agricole n’est pas couvert par le secteur bancaire. Pour lui, l’approche chaînes de valeur vise en effet à corriger ce déficit de financement traditionnel au profit du secteur, à travers le recours à la finance digitale.
Les participants ont eu droit à un partage de connaissances sur les expériences de projets de digitalisation de chaînes de valeur agricoles d’autres pays, notamment en Afrique de l’Est. Les travaux de groupe sur les défis et les opportunités dans la filière riz ont permis aux participants de partager leur compréhension des problématiques de la filière ainsi que des pistes de solutions à explorer dans la perspective de la digitalisation.
Ont pris part à cette session, les représentants des ministères sectoriels concernés, les banques, institutions de la microfinance, opérateurs de téléphonie mobile, etc?

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1417 fois