Le Bénin, sous la houlette des experts du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss) se penche sur le renforcement de son système d’alerte précoce (Sap). C’est à travers un atelier national qui se déroule du 29 au 31 août à Cotonou, au profit des cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep).

Venus de la sous-région, les experts du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss) participent activement aux travaux de l’atelier national du renforcement du système d’alerte précoce du Bénin. Du 29 au 31 août, il est question pour les participants d’opérationnaliser le Système d’alerte précoce du Bénin afin qu’il soit capable de fournir des informations utiles à temps pour une meilleure prise de décision. Spécifiquement, les participants vont faire le diagnostic complet de la situation des dispositifs d’information existants sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin incluant les projets d’alerte précoce sectoriels et nouvelles initiatives en liens, établir la cartographie des besoins en information et exploiter des pistes de solutions nouvelles pour le financement de la collecte des informations pour le Système d’alerte précoce. Aussi ils s’attellent à dresser l’état de mise en œuvre de la feuille de route sur l’opérationnalisation de Sap Bénin et sa réactualisation, élaborer un plan d’action biennal 2018-2019 avec un chronogramme annuel, proposer un plan de renforcement de capacités des acteurs du dispositif d’alerte. 

Le Cilss œuvre au renforcement du dispositif régional de veille sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest depuis des décennies et appuie la mise en place des Systèmes d’alerte précoce (Sap) dans l’espace Cilss/Cedeao/Uemoa. Dans les pays où ils existent, tout porte à croire, à quelques exceptions près, que ces systèmes ont prouvé leur efficacité en alertant les gouvernements et leurs partenaires, les bailleurs de fonds inclus, de l’imminence de crises alimentaires et nutritionnelles, les aidant à atténuer les impacts négatifs sur les populations, a constaté Evariste Gounou, secrétaire permanent du Conacilss Bénin.
Ces systèmes d’alerte, note pour sa part, Innocent Togla, secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, ont permis plus particulièrement de prévenir les crises alimentaires graves, voire des famines dans la région. En ce qui concerne le Bénin, Innocent Togla souligne que le processus de renforcement et de dynamisation du Sap a été amorcé par l’Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (Fao) depuis une dizaine d’années à travers l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa) qui l’abritait jadis, de même que le Système d’information sur les marchés (Sim). « Mais force est de noter que le système peine à décoller. Mais cette rencontre est prévue pour dynamiser ce système d’alerte précoce », a rassuré le secrétaire général adjoint du Maep. Le dispositif d’alerte national est resté peu fonctionnel depuis des années à cause des difficultés auxquelles il est confronté. Celles-ci se traduisent par la faible capacité d’analyse des services techniques qui le composent, l’absence de la production régulière de bulletins d’information pour alerter les décideurs, le manque de données de qualité et fiable et le manque de financement durable pour assurer son fonctionnement.
Le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche portera une grande attention aux résultats des travaux, car le Bénin a choisi la voie de la modernisation de son agriculture dans le cadre de la réforme dans le secteur. « Cet atelier vient en appui aux efforts du gouvernement », se réjouit-il. Abdou Kéita, représentant le secrétaire exécutif du Cilss, fait constater que le Sap est une problématique majeure pour la sous-région. Mieux, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne.

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