Diplomates, fonctionnaires onusiens, représentants d’organismes sous tutelle des Nations Unies…étaient nombreux, vendredi 24 août dernier pour rendre des hommages mérités à Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, pour l’acteur de paix et l’homme des réformes qu’il fut au service de la communauté internationale.

Premier noir et deuxième Africain à occuper les fonctions de secrétaire général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan a été sous cette bannière, un homme dont l’action aura profondément marqué le monde et contribué à éteindre des foyers de tension. 

Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et ancien sous-secrétaire général des Nations Unies, retient de cet homme qu’il qualifie de « mentor », deux éléments essentiels. Le premier, c’est qu’il a été au sein de l’Onu « l’homme des réformes ». Réformes qui ont notamment permis à nombre de jeunes cadres onusiens de s’éclore et de faire parler leur intelligence pour relever les nombreux défis que le monde actuel imposait à l’Onu. Il citera son propre exemple pour illustrer combien « des jeunes qui n’avaient personne ont pu prospérer sous lui, grâce à leur seul talent ». Le deuxième élément marquant que retient le ministre, c’est sa détermination à obtenir la paix. « C’est un homme qui m’a beaucoup marqué », confesse-t-il.
Comme lui, tous ceux qui ont côtoyé et connu l’homme témoignent de ses qualités exceptionnelles. La douleur ressentie face à une telle perte se lisait encore, vendredi dernier, sur le visage de la diplomate Danielle Loff qui, elle, a eu l’occasion de servir pendant des années à son cabinet. Elle a dit combien l’ancien patron de l’Onu était un homme exigeant, exceptionnel et humble qui avait le sens de la responsabilité et savait utiliser son sens du management pour résoudre les difficultés. « Son mandat n’a pas été facile, mais il a su travailler pour le consensus et savait prendre son bâton de pèlerin pour parcourir le monde à la quête de la paix », reconnaît cette ancienne collaboratrice.
Les anciens fonctionnaires onusiens du Bénin, dans la même veine, se souviennent comme si c’était hier de son plan de réformes intitulé « Réformer les Nations Unies » qui mettait l’accent sur l’amélioration de la cohérence et de la coordination de l’action de l’Onu dans le monde. Kofi comme ils l’appellent tous affectueusement a été à leurs yeux, « un homme d’une simplicité déroutante dont on se souviendra autant pour le charme et l’élégance nationale que pour le charisme à toute épreuve et un sens élevé de l’humour ».
Claudes Kamenga, au nom du représentant résident du système des Nations Unies au Bénin s’est incliné pour sa part devant la mémoire « d’un digne fils d’Afrique qui a marqué l’humanité tout entière » en se montrant très engagé pour la cause des démunis, des orphelins… Pour son pays, le Ghana, et pour l’Afrique entière, Kofi Annan restera, de l’avis de l’ambassadeur du Ghana près le Bénin, Alowe Leo Kabah, « un champion mondial pour la paix et un modèle inspirant de détermination au service de l’humanité ».
Né le 8 avril 1938 à Kumasi, Kofi Annan a été le septième secrétaire général de l’Onu et le premier à sortir des rangs du personnel de l’institution qu’il a intégré en 1972 par le poste de responsable administratif et budgétaire de l’organisation mondiale de la Santé à Genève. Depuis le 18 août dernier, le monde entier pleure sa disparition et les anciens et actuels fonctionnaires de l’Onu eux, ont peine à se consoler avec ce départ du « patron » pour l’éternité. « Il n’est pas mort parce qu’il nous a laissé des valeurs pour transformer le monde », se disent-ils donc en guise de consolation.

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