Organisé dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine du jeune avocat, le concours de plaidoirie des jeunes avocats du Bénin a connu son épilogue, vendredi 24 août dernier à Cotonou. Au terme des différentes présentations, c’est Pierre Mèhoué qui a décroché le 1er prix Alfred Pognon de plaidoirie.

« Dieu existe-t-il ? ». C’est autour de ce thème que les trois candidats que sont Me Pierre Mèhoué, Me Marie-José Gnonhoué et Me Jacques Codjo ont développé leur plaidoirie devant un jury composé du bâtonnier Yvon Détchénou, de Me Angelo Hounkpatin et du conseiller Malick Cossou. 

A l’entame, le président du jury, Me Yvon Détchénou, a énuméré les critères d’évaluation qui sont, entre autres, l’éloquence, l’originalité des exposés, les moyens de persuasion, les figures de style, les expressions du visage...
Pierre Mèhoué est le premier candidat à passer. Il développe la thèse selon laquelle Dieu existe vraiment. A l’en croire, c’est une question inutile lorsqu’on observe le monde de par les créatures et que l’homme qui se pose la question ne doute pas lui-même de son existence. « Si l’être qui a pu créer l’homme est plus grand que lui parce que c’est lui qui a créé l’univers, il n’a plus besoin de se poser la question de savoir si Dieu existe vraiment », soutient-il. Tout individu qui est en situation de détresse, a toujours recours à un Etre suprême plus fort que lui. D’autres diront qu’à la limite des pouvoirs humains, commence la sagesse de Dieu.
Pour sa part, c’est un sujet d’abord philosophique puisque beaucoup de théoriciens à savoir Kant, Anselme de Cantorbéry et d’autres comme Saint Thomas d’Aquin ont pu aborder la question. Mais l’autre pan, c’est la religiosité. « Et si l’homme, par sa raison, est incapable de démontrer que Dieu existe, cela ne voudra pas dire qu’il n’existe pas, puisque par la foi, par la croyance, l’homme peut réaliser l’existence de Dieu dans sa vie », a-t-il clarifié. Pierre Mèhoué conclut alors qu’au-delà de toutes ces thèses et de leurs véracités, l’homme doit se confier à un Etre suprême qui est Dieu et qui existe.
A sa suite, parole a été donnée à Me Jacques Codjo qui a développé la thèse et l’antithèse du sujet. Il affirme donc qu’en ce qui concerne l’existence de Dieu, les avis sont partagés. Il a démontré au prime abord que Dieu existe en partant de la question de savoir celui qui a pu façonner ce monde avec autant de créatures. Encore que la Bible dit que Dieu créa l’homme à son image. Et pour démontrer que Dieu n’existe pas, il fait référence aux philosophes et à certains scientifiques qui ont rejeté l’existence de Dieu et affirmé que Dieu n’est qu’une création de l’esprit humain. Il fait savoir que devant des incompréhensions aussi flagrantes où certains groupes disent tuer au nom de Dieu, on ne saurait accepter l’existence de cet Etre suprême. « L’existence de Dieu découle de la croyance de chaque être humain », a-t-il conclu.

Pure imagination

Quant à Me Marie-José Gnonhoué, il a démontré avec des arguments soutenus que l’existence de Dieu ne relève que d’une pure imagination de l’homme. Si non, Dieu allait déjà changer le cœur des hommes suite aux multiples exactions orchestrées par certains groupes en son nom. Il se pose plusieurs questions. Comment expliquer qu’en Cisjordanie, il existe un conflit israélo-palestinien alors qu’il s’agit de la Terre promise où Jésus-Christ de Nazareth qui incarnerait Dieu serait né ? Comment expliquer les deux guerres mondiales qui ont décimé le monde alors que Dieu était supposé le préserver ? Autant de questions qui ont amené Me Marie-José Gnonhoué à conclure que Dieu n’existe pas. 
Les membres du jury, après s’être concertés, ont classé Me Pierre Mèhoué 1er, Me Marie-José Gnonhoué 2e et Me Jacques Codjo 3e. Le premier gagne une tablette avec un abonnement Dalloz d’un an ; le deuxième rentre avec un ordinateur portatif et le troisième reçoit un bon de 200 000 F d’ouvrages à la librairie Chez Rachel.
Me Pierre Mèhoué reconnaît la qualité de ses autres concurrents et les félicite parce que, pour sa part, c’est grâce à eux qu’un rang a pu être déterminé.
Mission accomplie donc pour l’Union des jeunes avocats du Bénin (Ujab) qui a organisé avec succès ce concours de plaidoirie dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine du jeune avocat?

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