Dans la dynamique d’amélioration de son mode de gestion, l’Association des caisses de financement à la base (Acfb) s’est engagée dans la digitalisation de ses produits et services. La présentation de cette solution a été au cœur d’un atelier, vendredi 24 août dernier à Cotonou.

Les clients de l’Association des caisses de financement à la base (Acfb) n’ont plus besoin de se déplacer vers les agences avant d’avoir accès à ses produits et services. C’est le résultat de la digitalisation des offres adoptée par ce système financier décentralisé et dont les avantages ont été présentés au cours d’un atelier.

Emmanuel Gahou, directeur de l’Association des caisses de financement à la base (Acfb), fait savoir que malgré ses performances, sa structure est confrontée à quelques dysfonctionnements. Entre autres, il retient que la productivité des agents n’est plus au top niveau à cause de la masse de documents administratifs à remplir. « L’Acfb est dépassée aujourd’hui par la gestion des supports papier », souligne-t-il avant d’ajouter que cela l’empêche d’étendre ses services à de nouvelles zones et à plus de clients pour répondre aux exigences de l’inclusion financière. Le traitement manuel de ces supports prend quinze jours sur les vingt jours ouvrables par mois, note le directeur pour montrer l’ampleur de la lourdeur de la gestion de la paperasse. L’essentiel, indique-t-il, est d’éliminer de plus des 2/3 les supports papiers. Pour remédier à cet état de choses, l’Acfb a opté pour la solution digitale dont les avantages sont énormes, révèle Emmanuel Gahou.
Amévo Codjo Houndjago, président directeur général du Cabinet de gestion, de conseils en finance et d’informatique (Cagecfi) dont la structure a conçu la solution, précise qu’il s’agit d’un logiciel de gestion. Il consiste en une plate-forme de digitalisation qui contribuera à la dématérialisation du processus de travail et à la sécurisation des transactions, poursuit Amévo Codjo Houndjago. Il explique qu’avec des tablettes, les agents opéreront sur le terrain. La finance digitale est soutenue par le mobile, résume-t-il.
Entre autres avantages, la dématérialisation permettra la célérité dans le traitement des dossiers de crédit, la limitation des ressaisies, la réduction des risques d’erreurs, la fiabilité des données, la facilité du suivi au niveau du chef d’agence. Grâce à ce système, les états des avoirs des adhérents seront sécurisés.

Au pas du numérique

Appréciant la démarche de l’Acfb, René Azocly, directeur des opérations au groupe Participative pour l’Afrique (Pamiga), relève que le monde d’aujourd’hui est marqué par des révolutions dont la plus puissante est le passage de l’analogique au numérique. Dans ces conditions, perçoit-il, les institutions de microfinance de demain sont celles qui adopteront la digitalisation. A contrario, avertit-il, celles qui traînent encore les pas seront vouées à une mort certaine. L’Acfb, se réjouit-il, fait partie des systèmes financiers décentralisés (Sfd) sélectionnés pour bénéficier du projet Finance digitale et gestion des risques financés par l’Agence française de développement (Afd).
Abondant dans le même sens, Ignace Dovi, directeur du Consortium Alafia, note que, loin d’être un luxe pour les Sfd, la digitalisation des offres des services financiers est une exigence. « Le numérique est une menace à transmuter en opportunité », préconise-t-il.
C’est un message d’encouragement qu’a délivré le représentant du ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Alassane Osséni Inoussa, à l’endroit de l’Acfb qui a osé, dit-il, s’embarquer dans la finance digitale. Il assure que l’Etat jouera sa partition en rendant disponible l’internet. Conscient des défis liés à ce nouveau système, il exhorte l’Acfb à penser au renforcement des capacités des utilisateurs de la solution.
En procédant au lancement de la solution, Louis Biaou, directeur de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd), insiste sur la nécessité pour les Sfd d’emprunter la voie de la finance digitale. Il y va de leur survie, indique-t-il.

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