L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) a rendu deux décisions, ce mercredi 22 août à son siège à Cotonou. Au banc des accusés, le journal Matin Libre d’une part et Le Nouvel Observateur d’autre part, épinglés d’avoir violé des dispositions du Code de déontologie de la presse béninoise.

L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) a rendu publiques, par la voix de son rapporteur Max Gaspard Adjamonsi, deux décisions dans la soirée de ce mercredi 22 août, à son siège à Cotonou. La première décision n°93/08/Odem 7 est relative à une plainte pour diffamation contre le journal Matin Libre. Le rapporteur de l’institution précise que, par une correspondance en date du 3 mai 2018, Cosme F. Goundété, expert-comptable, commissaire aux comptes et membre de l’Ordre des experts comptables et comptables agréés du Bénin, a saisi l’Odem d’une plainte pour diffamation contre le quotidien Matin Libre. 

A l’analyse de la publication incriminée, l’Odem a constaté que le journal n’a pas daigné confronter les informations reçues avec la part de vérité du plaignant. Le rapporteur a indiqué que le journal s’est opposé dans un premier temps à publier le droit de réponse de la personne objet de ses écrits. « Le journal fait des jugements de valeur sur l’activité du cabinet d’audit en se basant sur le rapport de son travail sans en être un spécialiste et sans faire référence à l’expertise nécessaire qui déprécie valablement et légalement le travail du cabinet d’audit », a relaté l’Odem. Matin Libre et son directeur de publication sont ainsi condamnés pour violation des articles 2 alinéa 1 et 2 et l’article 6 du Code de déontologie de la presse béninoise qui stipulent respectivement que : « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine, la véracité et l’exactitude sont établies. Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises », et « Le journaliste s’interdit le plagiat, la calomnie, la diffamation, l’injure et les accusations sans fondement ». En conséquence, le journal Matin Libre devra publier la décision de l’observatoire rendue à son encontre conformément à l’article 31 alinéa 1er de ses statuts.
La seconde décision n°94/08/Odem 7 porte sur la condamnation du journal Le Nouvel Observateur. L’Observatoire s’est autosaisi, le 20 juin 2018, conformément à l’article 27 de ses statuts, d’une publication du journal. Dans sa parution n°521 du mardi 12 juin, le journal a évoqué un prétendu décès à la Chancellerie. Par correspondance n°283-18/Odem-7/Sg/Pdt du 20 juin 2018, conformément à l’article 16 du Règlement intérieur de l’Odem, le directeur de publication du journal a été saisi pour justifier le contenu de son article incriminé. « L’information que j’ai malencontreusement publiée (…) a été capturée sur le site d’information News Benin Web Tv… », a-t-il répondu. A l’analyse, l’Odem a constaté que Le Nouvel Observateur a fait preuve de légèreté dans la collecte et le traitement de l’information. L’Odem a souligné par ailleurs que le journal a pris soin de rectifier son information dès la publication suivante conformément à l’article 3 du Code de déontologie en présentant son excuse à la Grande chancellerie, à la Chancelière, à ses enfants… En effet, l’Odem a renvoyé Le Nouvel Observateur et les journalistes de la rédaction à leur devoir de compétence et aussi au strict respect de l’article 2 du Code de déontologie relatif à l’exactitude de l’information avant publication.
Face à ces manquements, le président de l’Odem, Guy Constant Ehoumi, note avec regrets que la presse n’est pas au mieux de sa forme au Bénin. Il exhorte ses acteurs à plus d’effort pour permettre à la presse de redorer son blason.

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