Malgré une période de vacances assez courte, du fait du réaménagement du calendrier scolaire pour fait de grève, certains établissements sacrifient à la tradition des cours de renforcement des élèves.
A Cotonou, force est de constater qu’il y a moins d’apprenants dans les salles de classe que les années antérieures.

Les salles de classe grouillent de moins de monde cette année pour les cours de vacances. C’est le constat fait, lundi 20 août dernier, dans quelques établissements de la ville de Cotonou, après environ trois semaines d’activités. A l’école primaire publique Gbégamey Nord, il n’y a « pas grand monde cette année », note l’enseignant du Cours moyen 1re et 2e années du groupe D, Ghislain Adjaho. Entre autres raisons pouvant expliquer ce manque d’effectifs, l’enseignant évoque le manque de moyens financiers des parents. Certains manqueraient, selon lui, des frais d’inscription pour ces cours de renforcement qui s’élèvent à 2000 francs Cfa pour les élèves du primaire et 3000 pour les cours secondaires.
Son collègue Thierry Odjo se désole que les élèves se soient moins intéressés aux cours de vacances cette année. « Les enfants sont aussi fatigués ; compte tenu de la grève, ils sont allés en vacances très tardivement », explique-t-il.
Florentin Adandédjan estime lui aussi que le manque d’effectifs est lié d’une part au fait que l’année scolaire a été rallongée, mais ajoute que certains élèves ont préféré d’autre part aller en vacances pour se reposer. « Les vacances sont faites pour le repos, les cours de vacances ne sont pas une obligation, c’est de l’initiative personnelle du parent soucieux de l’avenir de son enfant », pense Clément Djaho, enseignant dans une école privée à Gbégamey. Mais c’est aussi important, souligne-t-il, de suivre les enfants pendant la période des vacances, pour leur rappeler certaines notions avant la reprise des classes. « C’est très important de rappeler aux enfants certaines notions antérieures de même que ce qui les attend au cours de l’année scolaire à venir», a fait savoir Clément Djaho. Par ailleurs, il a noté que seuls les enfants des établissements privés d’enseignement suivent les cours de vacances cette année, parce que ces derniers ont vite terminé l’année scolaire contrairement à ceux des établissements publics qui ont pris les vacances fin juillet. Il n’est pas surpris pour sa part du maigre effectif dans les salles de classe.
Au collège d’enseignement général de Zogbo, les cours se déroulent normalement selon les appréciations de Sylvanus Ahouanha et Eternel Ebah, tous élèves en classe de 3e.
Par contre, les enseignants doivent faire preuve de patience pour réussir, souligne Thierry Odjo. « Les enfants ont de sérieux problème de niveau. C’est pour les aider à mieux répondre que nous organisons les cours de vacances. Je suis rassuré que ceux qui ont fait les cours de vacances auront moins de difficultés à la rentrée », a affirmé ce dernier.
« Chez les apprenants que nous avons eus cette année, le niveau n’est pas reluisant », confirme  Florentin Adandédjan.
Pilote pour l’enseignement de la langue anglaise, l’école primaire publique de Fifadji maintient le cap pendant les cours de vacances. Les cours de vacances se déroulent pour les élèves du CI au CM2 avec la particularité que ceux du CI et du CP font l’anglais. Aussi bien les apprenants de cette école que d’autres venus d’ailleurs sont inscrits pour les cours de vacances. « L’effectif a chuté, parce qu’ils sont allés en vacances le 31 juillet et le 2 août, on a repris les cours de vacances », a constaté le directeur Johannes Dadjo.

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