La cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a entamé, ce mardi 21 août, l’examen du trente-deuxième dossier inscrit à son rôle et qui porte sur l’affaire dite Dangnivo, du nom de Urbain Pierre Dangnivo, cadre du ministère de l’Economie et des Finances disparu en août 2010. Les résultats du test d’Adn exigé lors de l’examen de l’affaire en 2015 sont disponibles et après les préliminaires hier, les débats proprement dits commencent ce matin.

Sur insistance de Me Théodore Zinflou, avocat de la défense, hier matin, la cour a fait ouvrir l’enveloppe contenant les résultats du test d’Adn sur le corps présumé de Pierre Urbain Dangnivo, un examen requis par la défense en 2015 et qui avait fondé le renvoi à la présente session. 

A l’appel hier du dossier, Me Théodore Zinflou commis d’office pour la défense des intérêts de l’accusé Codjo Alofa, a demandé la parole pour s’assurer de la disponibilité et exiger que les résultats du test d’Adn ordonné lors du renvoi de l’examen de l’affaire lui soient communiqués. Car, insiste-t-il, il ne lui serait plus possible de faire certaines observations dès lors que le jury du jugement serait constitué. Après les observations du ministère public requis à cette fin, le pli officiel desdits résultats fut publiquement ouvert. Personne en dehors des parties et des membres de la cour n’en connaît la quintessence.
Selon le ministère public, il a été convenu que parallèlement au test aux frais de l’Etat, la famille Dangnivo commandite elle-même contradictoirement, le même test, à ses frais pour évacuer la suspicion généralisée qu’elle éprouvait. Les échanges sur la question qui s’étaient déroulés en présence des avocats de la partie civile, a rapporté l’avocat général, ont duré près de trois heures. Ensuite, poursuit-il, les parents se sont prêtés au prélèvement aux dates et heures convenues. Le rapport disponible, selon lui, a été gardé sous pli fermé.
Les parents qui apparemment n’étaient pas visibles hier dans la salle, n’ont pas apporté la preuve de l’entente convenue avec la partie poursuivante pour un test d’Adn contradictoire commandité par leurs soins. Toutefois, Me Olga Anassidé de la partie civile prenant la parole pour leur compte, a laissé entendre comment l’expert pressenti et approché a finalement décliné l’offre. Surtout lorsqu’il lui a été dévoilé l’identité de la personne pour qui le test d’Adn avait été sollicité.
Après plusieurs suspensions, le jury a été constitué. « A cette étape, nous allons suspendre l’audience et la reprendre demain » a lancé le premier président de la cour ordonnant le renvoi pour ce matin aux débats proprement dits.
Rappelons que la défense dans cette affaire est assurée par Mes Théodore Zinflou et Magloire Yansunnu. Tandis que les intérêts de la famille Dangnivo sont assurés par Mes Olga Anassidé, Nicolin Assogba et Quenum Spéro.

Résumé des faits

Dans la nuit du mardi 17 août 2010, Urbain Pierre Dangnivo n’est pas rentré chez lui à Tankpè, après avoir quitté la résidence de sa deuxième épouse, Anne Cakpo à la cité Houéyiho aux environs de 21 h à bord de la voiture Audi 80 de couleur blanche, immatriculée AC 2223 RB. Carmen Dangnivo, fille d’Urbain Pierre Dangnivo, a été la dernière à joindre téléphoniquement son père aux environs de minuit et a été rassurée par ce dernier de sa rentrée tardive. Après une longue et vaine attente qui a duré toute la nuit du 17 au 18 août 2010, la famille Dangnivo a commencé par s’inquiéter de la disparition de son fils et c’est alors qu’Anne Cakpo a saisi la Police aux fins d’une enquête régulière.
Les investigations menées par la commission spéciale d’enquête mise en place ont permis d’interpeller une dizaine de personnes dont Codjo Kossi Alofa et Donatien Amoussou.
Inculpé d’association de malfaiteurs, assassinat, et séquestration puis renvoyé devant la cour d’assises, pour crime d’assassinat, Codjo Kossi Alofa a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure.
Quant à Donatien Amoussou, inculpé d’association de malfaiteurs, assassinat, et séquestration puis renvoyé devant la cour d’assises, pour complicité d’assassinat, il n’a reconnu les faits à aucune des étapes de la procédure.
Les bulletins n°l des casiers judiciaires des accusés Codjo Kossi Alofa et Donatien Amoussou ne portent mention d’aucune condamnation antérieure.
L’enquête de moralité leur est favorable.
Les rapports d’expertise médico-psychologique et psychiatrique des accusés révèlent qu’ils disposent de toutes leurs facultés mentales et intellectuelles au moment des faits.

Composition de la cour

Président  : Hubert Arsène Dadjo
Assesseurs  : Christophe Atinmakan
Victor Fatindé
Jurés  : Sidonie Dégila Gbédji
Sosthène Jean Noël
Prosper Coffi Gbèdandé
Assiba Denise Aïzannon
Andréa Bachioumba (suppléante)

Ministère public : Emmanuel Opita

Greffier : Christophe Francklin Chéou

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1455 fois