Au titre du trentième dossier de sa session supplémentaire, la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou a connu d'une affaire de meurtre. Ayant constaté, lors de l'audience du lundi 20 août dernier, l'inconstance de l'accusé Gauthier Djikpadé, la cour a renvoyé le dossier à une session ultérieure.

Les faits de meurtre reprochés au nommé Gauthier Djikpadé sur Mathias Gandonou n'ont pu être élucidés lundi dernier à l'audience traitant du trentième dossier de la session supplémentaire de la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou. Au regard du comportement de l'accusé et de ses déclarations ambiguës, la cour a ordonné le renvoi du dossier et le transfert de l'accusé au centre psychiatrique Jacquot pour un suivi rigoureux.
En effet, le nommé Gauthier Djikpadé est poursuivi pour avoir tué son oncle maternel sous le prétexte que sa mère aurait été privée de l'héritage domanial familial. A la barre, l'accusé Gauthier Djikpadé n'a pas pu répondre de façon cohérente aux questions de la cour lors des débats. Ce qui au début de l'audience ressemblait à une manque de lucidité est devenu quelques minutes plus tard une inconstance totale. L'accusé divaguait allant du coq à l'âne.
Citant l'article 292 du Code de procédure pénale, le ministère public a requis que la cour prenne acte de l'état mental de l'accusé et ordonne son transfert à un centre psychiatrique pour lui permettre de retrouver toutes ses facultés avant de l'entendre. Selon l'avocat général, l'état actuel de l'accusé n'est pas de nature à favoriser un procès équitable et pourrait avoir des incidences sur l'intime conviction de la cour.
Le conseil de l'accusé, Paul Kato Atita, a approuvé les réquisitions du ministère public en sollicitant aussi le renvoi du dossier pour que son client soit pris en charge dans un centre psychiatrique. Il a saisi l'occasion pour solliciter du ministère public le contrôle de l'état mental des accusés avant leur comparution pour éviter de pareilles situations à la barre.
Prenant acte et après en avoir délibéré, la cour a renvoyé le dossier à une session ultérieure et ordonné le transfert de l'accusé au centre psychiatrique Jacquot pour des soins adéquats?
Les faits

Dans le mois d'août 2014, à Koundokpoé Wédjamè dans la commune de Zè, le nommé Gauthier Djikpadé, sous le prétexte que sa mère aurait été écartée de l'héritage domanial, a fait irruption dans le domicile de son oncle maternel Mathias Fassinou qu'il a surpris dans sa chambre. Il l'a tué au moyen d'une machette et en lui serrant les cols jusqu'à épuisement.
Après putréfaction du corps de la victime et ne pouvant continuer de dissimuler les faits, le nommé Gauthier Djikpadé s'est rendu chez le chef du village pour l'en informer.
Poursuivi et inculpé pour crime de meurtre, le mis en cause a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure.
L'extrait du bulletin n°1 du casier judiciaire de l'accusé ne porte trace d'aucune condamnation pénale antérieure. Toutefois, l'enquête de moralité ne lui est pas très favorable.
Composition de la cour

Président : Christophe Atinmakan

Assesseurs : Sosthène Agbowaï et Amzath Gauthe

Jurés :
Hélène Dagba
Pierre Magloire Nagnonhou
Sidonie Degila
Mariette Ahouansou

Ministère public : Célestin Kponnon
Greffier : Théogène Zountchékon

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