A quelques heures de la célébration de la fête de l'Aïd el-Kébir encore appelée la fête de la Tabaski, la communauté musulmane de Bohicon fait face à la flambée des prix de la bête à immoler.

La communauté musulmane se prépare à sacrifier à la tradition annuelle de l’Aïd el-Kébir, la grande fête de pardon, de réconciliation et de rapprochement. Le Coran prescrit à chaque membre de la communauté musulmane d’immoler une bête à l’occasion de la fête de la tabaski. A Bohicon, les préparatifs vont bon train mais ce n’est pas encore la grande affluence au niveau des marchés de mouton à Bohicon, conséquence de la morosité économique et de la cherté de la vie qui sévissent. Ainsi, beaucoup préfèrent attendre les dernières heures de la fête pour faire leurs achats.

Au marché de bétail Gbôhi situé au quartier Zakpo à Bohicon, ce week-end, on note plus de mouvements que d’ordinaire, même si les visages sont quelque peu crispés du côté des vendeurs comme des rares acheteurs. Des va-et-vient incessants et des négociations interminables entre vendeurs et acheteurs. Des bêtes sont aussi débarquées dans le marché par des vendeurs occasionnels qui espèrent faire des affaires en profitant des enchères. Mais curieusement, très peu de montons quittent ce marché parce que les preneurs au pouvoir d’achat limité se sentent visiblement dépassés par les prix fixés par les vendeurs.
« Les frères musulmans viennent pour voir les moutons mais ils demandent les prix et s’en vont », raconte Karimou, vendeur occasionnel de bétail dans ce marché. Son voisin Issa vient de céder un mouton au prix de 90 000 F Cfa à un père de famille qui n’a pas voulu avoir des surprises désagréables au dernier jour. Ce dernier dit ne pas attendre le dernier jour parce que les bêtes coûteraient encore plus cher. Le jour de la tabaski, prévient-il, les animaux coûtent plus cher allant dans l’ordre de 200 000 F Cfa.
Rassurant, Waliou Abdouramane, maître coranique à Zongo (Bohicon), estime que malgré le prix coûteux de la bête, la tabaski aura bel et bien lieu. Les bêtes seront immolées par les croyants qui ont les moyens de le faire. Et le sacrifice à faire à Dieu n’a pas de prix. Le maître coranique rappelle que les prescriptions du saint Coran indiquent que « C’est un geste en souvenir du miracle opéré par Allah en substituant un bélier au fils unique qu'Abraham lui offrait en sacrifice à sa demande ». Puis il avertit que les bêtes en offrande au Miséricordieux Allah ne doivent être ni boiteuses ni affectées par une quelconque maladie.
Par ce sacrifice du mouton, le matin de l'Aïd el-Kébir, le musulman renouvelle en permanence sa foi et sa soumission à Dieu, le Tout Puissant et le Miséricordieux, dans le même esprit que celui d'Ibrahim. « Celui-ci, s'apprêtant à sacrifier son fils à Dieu sur ordre de ce dernier, vit s'approcher de lui, à l'ultime minute, un mouton envoyé du ciel ». Et c’est bien ce sacrifice qui doit être renouvelé demain comme chaque année par tout bon musulman.

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