À la veille de la fête de Tabaski prévue pour demain mardi, les musulmans ne se pressent pas vers le marché circonstanciel installé à Zongo à Cotonou pour s’approvisionner en mouton destiné au sacrifice en mémoire du geste de foi du prophète Ibrahim.

Demain, la communauté musulmane fête l’Aïd el-Kébir encore appelée la Tabaski ou communément la Fête du mouton. Une fête en mémoire du songe qui rappelle au prophète Ibrahim son engagement à sacrifier son enfant, si Dieu lui accordait la grâce d’en avoir un. À la veille de cette fête célébrée le dixième jour du douzième mois lunaire, le marché aux moutons est davantage fourni. Mais l’affluence attendue par les vendeurs n’était pas, ce week-end, au rendez-vous à Zongo à Cotonou. Les vendeurs attendent les acheteurs qui ne se pressent pas encore. 

Mohamad Sow, un vendeur de mouton sur la place improvisée de Zongo, indique que le marché manque d’affluence. Selon lui, beaucoup de présumés acheteurs se présentent, débattent du prix, mais promettent de revenir avant de quitter la foire sans rien acheter. Cette situation, explique-t-il, serait due au manque de ressources suffisantes pour acheter l’animal dont le prix, dit-il, varie entre 30 000 et 300 000 francs Cfa.
Ce vendeur sénégalo-béninois explique que les animaux sont disponibles sur le marché selon différentes bourses. Mais il regrette que les rares acheteurs hésitent à délier le cordon de leurs bourses. Aussi, s’empresse-t-il d’expliquer qu’il y a moins d’animaux cette année que l’année dernière. Cette baisse de l’effectif des bêtes, soutient-il, serait la conséquence du renchérissement des prix au Sénégal et en Côte d’Ivoire. « Les fournisseurs burkinabé ont préféré convoyé les cheptels vers ces pays plutôt qu’au Bénin », raconte-t-il pour expliquer que ces pays auraient attiré les éleveurs vers leurs marchés beaucoup plus rentables.
Tout en s’étonnant que malgré le prix abordable du mouton cette année, il y ait moins d’affluence, ce vendeur de mouton espère que l’affluence se manifestera peut-être à l’avant-veille ou la veille (dimanche et lundi). Une opinion que partage Deen Nassirou, un autre vendeur de mouton qui rappelle qu’à pareil moment l’année dernière, l’affluence était importante. Bien qu’ayant déjà vendu plus d’une centaine de moutons avant 16 h, ce samedi, il soutient qu’à pareil moment, l’année dernière, son chiffre d’affaires était nettement supérieur.
Deen Nassirou explique, pour sa part, le manque d’affluence des clients sur le marché par le déplacement du marché à bétail de son emplacement habituel à Djeffa et son transfert vers Abomey-Calavi et Djrègbé. « C’est cela qui est surtout à la base de cette situation », explique-t-il, avant de signaler que les gens qui sont à Cotonou ne savent pas où s’approvisionner en mouton pour la fête. « C’est l’une des motivations qui ont conduit à improviser un marché en plein cœur de Cotonou à Zongo, a-t-il ajouté.
Son voisin Mohamed Koundjé soutient que le prix du mouton a baissé cette année comparativement à l’année dernière. Mais, il se plaint aussi du manque d’affluence. Pour convaincre, il montre un mouton et indique qu’il souhaite le vendre à 50 000 depuis le matin sans succès, alors que l’année dernière, les bêtes de sa trempe auraient été vendu à 65 000, voire 70 000. « Depuis le matin, les gens viennent, négocient le prix, mais se retirent », confie-t-il, désespéré.

Proximité de la rentrée scolaire

Mohamed Koundjé pense aussi que cette situation de mévente serait due à l’approche de la rentrée scolaire. « Les gens disent qu’ils doivent aussi préparer la rentrée des enfants », raconte-t-il, soutenant qu’aucun parent n’entend dépenser pour la fête alors que la rentrée scolaire qui est une priorité pour les enfants pointe déjà à l’horizon.
Pour Hassan Adanou, les quelques rares personnes qui approchent le marché aux moutons s’abstiennent d’acheter parce qu’ils estiment que les prix seraient élevés. Contrairement aux autres vendeurs, il estime que les prix des animaux ont connu une légère hausse. Cependant, il espère que les deux derniers jours d’avant la fête pourraient enregistrer une modification du comportement du marché et que les moutons seront vendus.
Rachidi Olorodé de la mosquée centrale de Vodjè, qui a déjà acheté un mouton de 90 000 F, rassure que les fidèles sont en train d’acheter le mouton et que ceux qui ne l’ont pas encore fait iraient avant le jour de la fête. Rappelant qu’il y a trois types d’animaux qui peuvent être immolés le jour de la Tabaski : bélier, vache, ou chameau, il souligne qu’à l’approche de la fête, il y a toujours une inflation du prix du mouton.
Rachidi Olorodé affirme que les prix n’ont pas pour autant varié entre l’année dernière et cette année, mais signale en revanche que le temps n’est pas propice actuellement. Il rassure que si le musulman n’a pas les moyens de s’acheter un mouton, ce n’est pas une obligation. « Si tu n’as pas les moyens, tu laisses carrément et tu te contentes de ce que Dieu t’a donné », souligne-t-il. Il poursuit et rassure que la communauté sacrifie un mouton au nom de tout le monde.

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