51 écoliers de l’école primaire publique d’Agondonzoun à Akpro-Missérété dépourvus d’actes de naissance mais inscrits dans le registre d’état civil de l’arrondissement ou de la mairie, sont désormais en possession de leurs précieux sésames. Ce n’est qu’une partie d’un total de 658 jugements prévus pour être distribués cette année, par l’Ong italienne WeWorld à travers son projet « Apprendre II » couvrant sept communes de l’Ouémé et du Plateau.

L’Ong italienne WeWorld donne une nouvelle fois la preuve de sa noble vision de promotion des droits des enfants. Cet engagement a été traduit par la remise d’actes de naissance à 51 écoliers de l’école primaire publique d’Agondonzoun dans la commune d’Akpro-Missérété dépourvus de ce précieux sésame mais pourtant inscrits dans les registres d’état civil de l’arrondissement ou de la mairie. Cette action sort ces écoliers de l’anonymat et des griffes de l’abandon scolaire qui les guette lors de l’établissement de leurs dossiers de candidature pour le Certificat d’études primaires (Cep) sanctionnant la fin de leur cursus primaire. Plus de souci désormais à se faire pour ces enfants et leurs parents en possession déjà et contre zéro franc Cfa des actes de naissance de leur progéniture. Ils doivent ce salut au projet « Apprendre» phase II qui fait de la situation des écoliers sans jugement une priorité depuis 2017 dans les départements de l’Ouémé et du Plateau, précisément dans dix villages de sept communes à savoir Pobè, Avrankou, Ifangni, Saketé, Kétou, Adja-Ouèrè et Akpro-Missérété.

Ce choix de l’Ong WeWorld s’insère dans sa vision de contribuer à garantir l’accès aux droits fondamentaux des enfants des communautés rurales cibles du projet. Il découle du constat que le droit à l’identité est le premier droit auquel l’enfant est sujet dès sa naissance. Ce qui se traduit par son enregistrement au registre d’état civil en vue de la délivrance future de son acte de naissance qui fait de lui un citoyen à part entière. Mais ce droit n’est pas bien cerné par les populations qui négligent l’acte de naissance de leurs enfants et ne les retirent pas. C’est tout le sens du combat de l’Ong WeWorld qui, depuis 2014, s’évertue à aider les enfants et les familles concernés dans le domaine de l’état civil, a expliqué Emilia Vavassori, représentante pays de l’Ong italienne. L’opération s’est davantage accentuée depuis la mise en œuvre de la phase II du projet « Apprendre» qui court de 2017 à 2020 dans l’Ouémé et le Plateau.

Vingt jours de délai

Au total, 658 enfants sans acte de naissance ont été recensés cette année. WeWorld est en train de remettre ces jugements au fur et à mesure sur le terrain, explique Emilia Vavassori. Les 51 écoliers concernés de l’Epp d’Agondozoun ont d’ailleurs pris les leurs, mercredi 24 juillet dernier, en présence des responsables de l’école, des parents et la communauté du village. Deux copies d’extrait de naissance avec la souche ont été remises. Une copie est donnée au directeur de l’école et la seconde aux parents en plus de la souche, pièce indispensable lors de l’établissement de la carte d’identité ou du passeport. La cérémonie a été organisée dans cette école en marge de la journée de restitution du « Parcours d’éducation aux droits » initiée par l’Ong avec des activités théoriques, pratiques et récréatives. L’occasion de cette cérémonie a permis à la représentante pays de WeWorld d’insister auprès de la communauté d’Agondozoun sur l’importance de l’acte de naissance.
Emilia Vavassori conseille les parents à faire tôt la démarche après la naissance des enfants pour aller retirer leur jugement. Car, après les vingt premiers jours de la naissance de l’enfant, c’est très compliqué d’obtenir cette pièce. Elle invite surtout le père de l’enfant à prendre ses responsabilités pour aller chercher ce précieux sésame dans l’arrondissement ou à la mairie. Cette initiative de l’Ong italienne a été fortement saluée par le directeur de l’école d’Agondozoun, Pierre Dansou. « C’est un sentiment de joie qui m’anime parce que c’est difficile pour les directeurs d’école lorsqu’ils constatent que les enfants se retrouvent sans acte au Cm2 pour aller au Cep », souligne-t-il pour souligner la pertinence du combat de WeWorld. Il sensibilise les parents à faire la formalité de retrait du jugement de leurs enfants aussitôt après la naissance de ces derniers. Une exhortation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, assurent le chef village d’Agondozoun, Jules Métoèvi, et le représentant des parents des enfants bénéficiaires, Fessomon Vikponkindji. Ils promettent tous deux d’être des ambassadeurs pour le retrait dans le délai légal des jugements des enfants.

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