Bien connu des acteurs de la mode, Arnold Yannick Ahounou est un agent de mannequinat professionnel. Jeune mais pétri d’expériences dans son domaine, il a déjà coaché plusieurs mannequins notamment à travers l’agence Angels models management. Son expertise n’est plus à démontrer. Directeur artistique de la première édition de Miss World Benin, il parle dans cet entretien de l’essor de la mode en l’occurrence du mannequinat au Bénin.

La Nation : Vous êtes dans la mode notamment le mannequinat depuis bien des années et vous y avez cru au moment où peu de Béninois s’y intéressaient. Aujourd’hui, comment appréciez-vous le paysage de la mode au Bénin ?

Yannick Ahounou : Moi, j’estime que la mode au Bénin n’est plus cet enfant-là qui fait ses premiers pas. Je pense que la mode au Bénin, c’est cet enfant qui va vers ses "sept ans". Donc, c’est maintenant que nous devons lui inculquer les lignes majeures à garder. Franchement, je pense que la mode au Bénin se développe. Je tiens d’ailleurs à saluer l’association des stylistes et surtout son président Lolo Andoche d’une part et l’association des mannequins d’autre part. Partout les acteurs se mettent en association pour fédérer leur savoir-faire et les initiatives se multiplient. Tous font un travail remarquable pour l’essor de la mode au Bénin. Il faut le reconnaître la mode au Bénin se développe.

La mode se développe donc et les initiatives foisonnent ! Est-ce qu’on peut alors rassurer les jeunes qui ont l’ambition de faire carrière dans le mannequinat que le métier nourrit son homme ?

Pouvoir vivre de cela, non ! Je ne suis pas vraiment de cet avis. Moi, j’ai l’habitude de dire aux mannequins de Angels models management de prendre au sérieux leurs études. Car vous savez, le mannequinat c’est quand même après tout, des critères d’âge. A partir d’un âge donné, vous n’êtes plus forcément "bouquable", parce que vous n’êtes peut-être plus rentable pour les organisateurs. Donc après le mannequinat qui peut vous lâcher vers 26, 27 ans, vous allez faire quoi plus tard ? Tout le monde n’est pas Naomy Campbell. Tout le monde n’aura pas une longévité dans le domaine surtout au niveau des femmes.

Alors pour le temps pendant lequel ils sont opérationnels, est-ce que vous pensez qu’ils peuvent gagner leur vie avec le mannequinat au Bénin ?

Je vais être franc, avec un bon management, de l’intelligence et de la compétence, vous pouvez, honnêtement, gagner votre vie dans le mannequinat. Il faut être dynamique pour comprendre qu’on ne va pas seulement attendre les événements du Bénin. Il faut être intelligent pour comprendre qu’il faut se mettre aux critères internationaux pour avoir la latitude et l’opportunité de s’ouvrir au monde et de se faire valoir un peu partout.

Comment appréciez-vous l’apport du gouvernement actuel dans ce secteur ?

Mais attendez ! L’apport du gouvernement est à féliciter. Et l’actuel ministre en charge de la Culture, Oswald Homèky, est comme le chevalier qui bataille pour nous. Vous savez, à la fin de ce mois de juillet déjà, se tient un grand événement, le « Mois de la mode du Bénin » qui sera acté et pérennisé dans le temps. Nous saluons déjà cette énorme initiative du gouvernement béninois et nous le remercions d’apporter réellement une certaine valorisation et reconnaissance à ce que nous, acteurs à divers niveaux du secteur de la mode, faisons. Avec ce gouvernement, nous pouvons rêver grand.

Que pouvez-vous nous dire des perspectives pour la mode béninoise en l’occurrence le mannequinat ? Vers quoi faudra-t-il s’ouvrir ?

En ce qui concerne les mannequins béninois, je peux vous assurer que nous allons peut-être lentement mais sûrement vers l’âge d’or du mannequinat au Bénin. De plus en plus, nos mannequins sont cooptés par des recruteurs internationaux et vont prester à l’international. Donc oui, nous sommes en pleine ascension et tout va bien se passer. Il faut maintenant que les mannequins s’éduquent davantage, comprennent qu’ils ne viennent pas dans le mannequinat pour donner des faveurs sexuelles mais plutôt parce qu’ils ont du talent et qu’ils sont prêts à se battre pour le faire valoir, à construire une carrière, à faire un bon grooming en faisant confiance à son agent et à toute l’équipe de management qui l’accompagne pour porter haut sa carrière.

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