Des postes de contrôle juxtaposés rendus opérationnels à la frontière bénino-nigérienne à Malanville facilitent désormais les transports, au grand bonheur des usagers de ce corridor. Toutefois, il reste encore à faire pour booster davantage la libre circulation des biens et des personnes entre les deux pays en particulier et dans l’espace Uemoa en général.

Les services de contrôle travaillant à la frontière bénino-nigérienne de Malanville connaissent désormais des changements dans les procédures jusque-là utilisées pour assurer le transit dans chacun des deux pays. La mise en exploitation, il y a quelques jours, des postes de contrôle juxtaposés construits sous la bannière de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et avec le soutien de l’Union européenne, permet de pallier les dysfonctionnements sur les corridors, en facilitant désormais la libre circulation des biens et des personnes. Mais aussi, faudrait-il veiller à l’opérationnalisation optimale des postes en évitant les contrôles inutiles et fantaisistes le long du corridor. Toutes choses qui devraient permettre que les ouvrages contribuent effectivement à la compétitivité des économies des deux Etats tel que souhaité.

Outre la mise en place de ces ouvrages devant alléger les formalités douanières et de sécurité, à travers la réduction du nombre de postes de contrôles sur les axes routiers, des mesures s’imposent pour faciliter davantage la libre circulation des biens, des services, des capitaux, le droit d’établissement pour les professions libérales : avocats, médecins, pharmaciens, architectes, experts-comptables et comptables agréés dans les Etats membres de l’Uemoa. Pour ce faire, plusieurs chantiers ont été ouverts par l’Uemoa, notamment l’harmonisation des législations pour la levée des entraves liées à l’inadaptation du cadre juridique, fiscal et comptable de l’activité économique. Aussi, l’institution de la surveillance multilatérale des politiques macro-économiques devrait permettre aux Etats membres d’exercer un droit de regard mutuel sur leurs politiques économiques en vue de faire face aux déséquilibres éventuels préjudiciables à la stabilité économique. Il est également prévu la réalisation du marché commun de consommateurs afin de permettre la libre circulation des marchandises, sans restriction ni discrimination aucune, grâce à la suppression des droits de douane et des restrictions quantitatives dans les échanges des pays membres, de même que la mise en œuvre des règles communes de concurrence, d’un Tarif extérieur commun (Tec) et d’une politique commerciale commune. Des politiques sectorielles communes dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle, des transports, des télécommunications, de l’agriculture, de l’environnement, de l’énergie, de l’industrie, de la promotion des arts et de la culture, du tourisme, devraient également permettre d’assurer un aménagement équilibré du territoire communautaire.
Mais force est de constater que l’atteinte de ces objectifs reste confrontée à des limites dont les contrôles administratifs excessifs sur les axes routiers par la police, la douane, les agents des eaux et forêts, les syndicats ; les formalités d’établissement ; le problème général de la souveraineté des Etats dans les processus d’intégration. Il importe donc de trouver les voies et moyens en vue de lever ces entraves liées non seulement à la libre circulation des personnes mais aussi à celle des marchandises, des services, des capitaux.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 2469 fois