Lundi 30 avril dernier a été annoncé comme étant le dernier jour d’enrôlement pour le compte du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip). Nombreux sont les citoyens de tous horizons qui ont envahi les postes d’enrôlement. Une affluence qui présage d’un recensement inachevé.

Bousculades au portail du Ceg Zogbo, disputes devant la Maison des médias à Gbèdjromèdé, attroupement à l’entrée du 10e arrondissement de Cotonou, plaintes et lamentations dans le rang des citoyens mis en attente au Ceg Le Nokoué et au 12e arrondissement. Irascibles, tous semblaient avoir perdu patience en attendant de se faire coûte que coûte enrôler, lundi 30 avril dernier, au dernier jour du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip). Il y avait un monde fou autour des postes de recensement pour le Ravip et les agents recenseurs ont dû décupler leurs capacités de travail. Diligences de dernier jour obligent ! Malgré les renforts envoyés à certaines équipes, la mission semblait impossible. «Sur la liste d’attente, nous avons enregistré 198 personnes sans les élèves dont le nombre est tout aussi considérable. C’est donc 300 personnes à peu près qui sont en attente. Or, il faut en moyenne 10 minutes par personne. Vous voyez avec moi qu’il sera impossible d’enrôler toutes ces personnes aujourd’hui », a fait observer un agent formulaire au Ceg Zogbo. Le langage est le même dans tous les postes d’enrôlement parcourus dans la ville de Cotonou.
Impassible, le gardien du Ceg Zogbo plaint les retardataires. « Moi, je ne les comprends pas. Depuis six mois que l’opération a commencé, étaient-ils où ? Ils ont suivi les conseils des politiciens qui leur demandaient de ne pas sortir. Or ces politiciens eux-mêmes se sont fait enrôler. Maintenant les retardataires n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes», lâche-t-il.
En attente au poste de recensement installé au 12e arrondissement, Serge Kpamègan s’impatiente. Il explique son retard : «Chaque fois que je viens, je vois une foule et je me retourne pour ne pas perdre du temps parce que je dois travailler pour vivre ». Pour lui, cette opération n’est que formalité citoyenne, une nouvelle carte à ajouter au lot de cartes déjà disponibles. Une conviction que partage Ludovic Sagbohan, en attente au poste de recensement de la Maison des médias.

Soupçons de corruption

Croisée à la sortie du Ceg Le Nokoué, dame Alexandrine est désespérée. Elle a ramené ses enfants. « Ils ne pourront pas passer aujourd’hui. Moi, je les ai ramenés à l’école. Là-bas au moins ils suivront les cours. Les agents ne prennent même plus de nouvelles personnes. Ils en ont tellement sur la liste d’attente! » Tout aussi abattue, fatiguée d’attendre, dame Nadège rencontrée devant la Maison des médias, se demande si elle finira par se faire enrôler. « Le gouvernement doit nous donner plus de temps. Tout au moins un mois », lance-t-elle avec le soutien de ses camarades de circonstance.
Mais ce que rapporte dame Nadège est bien curieux. «Depuis qu’il y a affluence, il y a des gens qui passent au milieu de la foule et nous proposent de donner de l’argent pour vite passer. Certains l’ont fait devant moi et ils sont passés. Moi, je n’ai pas d’argent. Je n’ai pas autre choix que d’attendre », a-t-elle rapporté en présence de dame Ida qui a confirmé que la même chose se passe au poste d’Aïdjèdo. «Des gens sont ici depuis près d’une semaine et n’ont pas pu se faire enrôler. Moi-même j’ai dû payer pour le faire », témoigne Hyppolyte Hounyè qui semblait tenir compagnie à ses amis non encore enrôlés.

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