La constitution de la famille passe par son fondement basé sur la différence de sexe, qui unit un homme et une femme via le mariage à travers lequel il est attendu de leurs activités sexuelles la descendance. Les deux prétendants à la vie conjugale qui sont les initiateurs au plan individuel, sont consacrés par les deux grandes familles dont ils proviennent à travers la célébration du mariage dans les sphères à la fois religieuse, coutumière et juridique. Tels sont les trois espaces qui scellent la vie sexuelle de deux individus de sexes opposés depuis lors dans le contexte béninois. C’est ainsi que l’organisation sociale de la sexualité humaine dans la codification et la régulation du comportement sexuel a érigé le mariage comme cadre légal et légitime de la vie sexuelle dans la communauté. Ce qui engendre surtout pour la femme, dans le système patriarcat béninois, une exclusivité d’activités sexuelles dans l’institution qu’est le mariage avec son seul homme. Toute transgression est sanctionnée de diverses manières...

La célébration du mariage qui consacre la vie sexuelle institutionnalisée des deux individus dépasse alors ces derniers pour faire engager la responsabilité des deux familles dans la pérennisation et la cohésion de cette petite famille qui reste ainsi une unité de la grande famille de part et d’autre de la famille de provenance de chacun d’eux.
Ce faisant, la famille ainsi constituée à l’issue de la célébration du mariage dispose et bénéficie des mécanismes appropriés pour être à l’abri de toute crise pouvant conduire à sa dislocation. Elle est alors entretenue et encadrée par la grande famille, dans la mesure où la petite unité familiale est appelée à prospérer.
Cette stratégie a contribué, entre autres, à la longévité des familles pour des décennies de vie conjugale où seul le décès modifiait la structuration familiale dans son essence.
Mais aujourd’hui, du fait de l’ouverture de la société béninoise sur le monde avec les révolutions sexuelles dans les pays occidentaux sans occulter aussi les diverses crises internes, l’institutionnalisation de la vie sexuelle n’est plus observée par les nouvelles générations.
C’est parmi les facteurs exogènes que sont le droit au divorce accordé aux femmes, la liberté de choisir son partenaire sexuel, que la dissolution du mariage est devenue une réalité sociale consacrée avec possibilité de la tenue des activités sexuelles prénuptiales. Certes, cette ouverture sur le monde a contribué à réduire la prédominance de l’homme comme joug pour la femme, car les pouvoirs publics ont accédé à ce courant d’internationalisation des droits de la femme.
Cette revendication de la gent féminine de pouvoir disposer et contrôler son corps à laquelle ont accédé les pouvoirs publics n’est pas restée sans conséquence sur la constitution, la structuration et la longévité de l’institution familiale. C’est dans cette perspective que le mariage comme cadre légal d’activités sexuelles n’est plus indispensable pour l’avènement de l’unité familiale que d’aucuns qualifient de « concubinage ». Cette réalité sociale de la liberté de la femme a traversé les frontières de sa genèse et de son avènement pour influencer les acteurs sociaux d’autres contrées transfrontalières.
Cette généralisation de la quête de la liberté de la femme a surtout bénéficié de la possibilité d’une dissolution du mariage et par conséquent de la dislocation familiale si les conditions de cette dernière sont remplies, établies et prouvées par la justice. C’est dans ce contexte que la famille a connu de profondes métamorphoses tant dans sa constitution que dans sa structuration, surtout dans les pays au Sud du Sahara.
A ce titre, la vie sexuelle semble être libérée des contraintes sociales qui étaient faites, entre autres, par des étapes à suivre avant d’avoir une femme comme compagne de vie. Parce que la sexualité humaine n’était possible dans son vécu charnel que dans le mariage. Alors que ce dernier exigeait une période de fiançailles où étaient proscrites des activités sexuelles prénuptiales. Car la valeur admise et promue était la virginité dans les sociétés traditionnelles. Une telle pratique sociale participait aussi au contrôle social de la famille élargie sur la vie sexuelle surtout celle des jeunes filles depuis leur puberté jusqu’à leur intégration officielle dans le mariage célébré pour l’honneur de la famille.
Mais aujourd’hui avec les diverses crises à la fois morale, économique et familiale, le contrôle social s’est effrité avec une certaine prédominance de la nucléarisation familiale. Cette dernière génère l’individualisme qui devient la règle de référence au détriment de la solidarité de la communauté du fait aussi, entre autres, de l’urbanisation avec ses conséquences sur les réseaux sociaux des diverses communautés. Elles perdent de plus en plus de l’espace géographique pour une vie sociale d’intégration et de solidarité.
C’est dans ce contexte social d’effritement de l’emprise des facteurs de socialisation où la vie sexuelle semble ne plus être confinée dans son cadre institutionnalisé qu’est le mariage. D’où l’enregistrement des activités sexuelles prénuptiales avec un abaissement de l’âge au premier rapport sexuel au fil du temps. Aujourd’hui, la jeune génération commence les premiers rapports sexuels à l’âge de 15 ans et parfois moins. Cette tendance est régulièrement observée par les grandes enquêtes nationales que sont Esdg (Ministère de la Santé) et Eds (Insae) dont les dernières éditions les plus récentes peuvent être consultées. C’est dans ce contexte que la vie sexuelle est ainsi libérée de la contrainte sociale de la virginité qui est remise en cause de fait alors qu’elle était une composante cruciale des mœurs sexuelles dans les sociétés traditionnelles aujourd’hui en transition. La quête de cette valeur mobilisait toute la famille élargie dans la surveillance et l’encadrement de la fille à la période de la puberté...
Dans ce climat social où se retrouve la vie sexuelle, l’obligation de faire connaître son prétendant à ses parents surtout par la fille n’est plus observée, car la quête de la liberté individuelle couvre aussi le domaine sexuel et par conséquent le champ social de ladite liberté s’élargit. Ce faisant, les partenaires sexuels mènent leurs relations sexuelles à l’insu de toute instance pouvant les interroger sur le fondement et la perspective d’une telle relation ente eux. Ils se retrouvent être en relation sans aucun engagement de part et d’autre. Dans ce contexte, la femme reste et demeure une victime potentielle de tout comportement de la part de son partenaire sexuel. Car, c’est elle le réceptacle du liquide séminal qu’est l’éjaculat dont la vitesse de mobilité est de 45 km /h durant les ébats amoureux.

Facteurs d’abandon

Face à cette jouissance mutuellement partagée, c’est-à-dire le plaisir sexuel éprouvé, certaines femmes n’ont pas toujours conscience des enjeux qui se dégagent de la réception dudit liquide dans leurs vagins respectifs avec ses conséquences physiologiques et biologiques. Il en est ainsi, car le rapport sexuel avec cet homme intervient durant la période d’ovulation au moment où ce dernier ne s’est pas protégé. La probabilité de la survenue d’une grossesse est forte.
Au lendemain de ce résultat et du fait de l’absence d’un engagement et de preuves de garantie chez l’homme, la femme se retrouve seule à y faire face quand l’auteur refuse ou abandonne ou encore nie avoir tenu des relations sexuelles avec cette dernière. Parfois, ces activités sexuelles surviennent sans aucune mesure préventive de la part de la femme pour pallier l’avènement d’une éventuelle grossesse non désirée.
Certes, un acte sexuel, s’il n’est pas un viol, doit quand même bénéficier d’un consentement et d’un critère démographique qu’est la majorité sexuelle, c'est-à-dire un âge minimum requis (18 ans) sans autorisation parentale.
Dans ce contexte, la femme reste seule à savoir les mobiles de la tenue d’un tel rapport sexuel avec un tel homme et à quelles fins et sans aucune protection. Dans ce climat des activités sexuelles, comment peut-on s’imaginer qu’après les rapports sexuels, elle se retrouve seule responsable à faire face aux conséquences de leurs ébats sexuels ?
A l’issue de cette réalité sociale des femmes qui se retrouvent avec des grossesses sans reconnaissance paternelle ou abandon de la part de l’auteur, quelques interrogations s’imposent.
La femme a-t-elle une parfaite connaissance, voire une maîtrise de son état en tant que femme sur les moments de l’ovulation même si parfois il y a des impondérables qui peuvent perturber ce phénomène physiologique qui la caractérise ?
La femme étant, sans doute, durant ces moments en compagnie de plus d’un homme, où elle cultive le pluri-partenariat sexuel dans ses activités sexuelles ?
La femme a-t-elle présenté ou indiqué son partenaire sexuel à ses parents d’une part et d’autre part, l’homme a-t-il également fait les pas chez les parents de sa probable dulcinée ?
La femme a-t-elle considéré ce dernier, c'est-à-dire l’homme comme un partenaire sexuel occasionnel et vice-versa ?
Pourquoi n’a-t- elle pas exigé des garanties avant la tenue d’un rapport sexuel encore moins sans aucune protection ?
La femme a-t-elle tenu compte du temps écoulé entre celui de la première rencontre physique avec cet homme et celui de la tenue du rapport sexuel ayant conduit à une grossesse ?
La femme a-t-elle eu le temps de connaître l’environnement humain de son partenaire sexuel, qui devient, de fait, l’auteur d’une grossesse à polémique ?
La femme a-t-elle voulu faire de son activité sexuelle un rapport sexuel économico-sexuel avec ce dernier ?
La femme voudrait-elle aussi saisir cette opportunité pour piéger l’homme, car sans doute elle aurait envie d’être de la vie conjugale de cet homme sans avoir eu préalablement l’accord de ce dernier ?
Tels sont les divers questionnements à travers lesquels les acteurs sexuels pourraient répondre, surtout les femmes qui sont les victimes.
Cependant, outre ces questionnements surtout chez la gent féminine, quels pouvaient être aussi les motifs plausibles chez l’homme pour avoir abandonné la femme avec qui il a eu des activités sexuelles qui se sont soldées par une maternité ?
L’homme n’a-t-il pas conscience des conséquences et des responsabilités qui sont les siennes après son éjaculat dans le milieu vaginal si ce dernier ne s’était pas protégé ?
Il résulte de ces divers questionnements que la sexualité humaine dans un contexte social fait de diverses crises à la fois religieuse, sociale, morale, économique, culturelle, voire familiale perd de plus en plus de sa sacralité et de sa solennité (virginité, dot, mariage et légitimité sociale) pour s’inscrire dans un individualisme avec une « mercantilisation » de l’acte sexuel.
Dans ces conditions, la famille perd de sa composition originelle et fondamentale, de sa structuration, voire de sa fonction surtout celle éducative, car les deux figures parentales (père et mère) sont absentes dans la construction de la personnalité de la progéniture, fruit de leurs ébats amoureux. Pourtant, toute femme rêve a priori de faire une entrée heureuse dans la vie conjugale avec ses effets.
Ainsi, elle fait une entrée éprouvée dans la vie familiale avec un handicap social, où elle est seule avec son enfant après le refus ou l’abandon de paternité de la part de l’homme. Au regard de son environnement humain, elle devient la risée avec parfois une certaine marginalisation sociale temporaire en guise d’une sanction sociale de son acte. C’est pourquoi, elle souffre des conséquences sociales d’un comportement sexuel mal négocié.

Filiation compromise

Cette situation de refus ou d’abandon de paternité met certaines femmes dans des états confus. De cette confusion, se manifestent une certaine déception du comportement de l’homme tout comme une certaine culpabilité de leur naïveté ou légèreté pour être ainsi victimes des flatteries de l’homme...
Ce dernier semble être plus préoccupé par un plaisir sexuel occasionnel que par un engagement pour une sexualité assortie de responsabilité à assumer. Il urge alors que la femme prenne le temps d’étudier l’homme avec qui elle entretient des relations sexuelles qui ne sont pas que des besoins physiologiques mais des responsabilités énormes avec des liens établis pour toujours à cause de l’enfant.
Cependant, dans cette confusion d’auteur de grossesse, il arrive parfois que certaines femmes attribuent la paternité de la grossesse à polémique à une tierce personne. Ce faisant, elles compromettent ainsi le lien biologique entre l’enfant et cette dernière qui s’exprime par le sang. Cette réalité sociale de la filiation biologique qui caractérise encore le patriarcat et la voie sexuelle comme modalité de procréation dans l’altérité sexuelle au Bénin, remet en cause le principe selon lequel seule la mère est susceptible de connaître le père de son enfant.
Dans ce contexte, peut-on dire qu’elle le fait avec une mauvaise foi ou c’est le fruit d’une méconnaissance de son état de reproduction humaine ?
Un tel acte n’est pas sans revers dans la mesure où cette filiation attribuée pourrait être remise en cause par une tierce personne, devant les instances judiciaires où les preuves d’ADN contribuent à établir la vraie filiation de façon génétique. De ce fait, l’enfant perd le nom initial à l’état civil alors que ce dernier est un patrimoine. Un tel résultat engendre une remise en cause de ses différents actes. L’enfant subit ainsi les préjudices de l’acte posé par sa mère et pour quels motifs alors ? La femme en procédant ainsi a-t-elle conscience des conséquences d’une telle remise en cause de la vraie filiation de la grossesse qu’elle avait portée ?
Cet enfant perd ainsi les liens sociaux avec le faux père et parfois une crise de confiance est générée surtout entre l’enfant désaffilié et sa mère qui aurait agi avec des mobiles dont elle est seule à connaître tant le contexte que le contenu.
Comment va-t-il alors nouer, voire entretenir les relations filiales avec le vrai père que la justice a rétabli dans son droit ?
C’est aussi une crise de cohésion sociale entre les protagonistes après la décision de la justice qui rétablit la vraie filiation. Elle n’épargne pas la crédibilité de la famille dont est issue la mère, auteure de cet acte d’attribution d’une fausse filiation d’une grossesse réellement conçue sans connaître le vrai auteur. Cet acte donne la preuve qu’une telle mère est une personne de mœurs légères selon la perception de la société des questions de la sexualité humaine et celle d’une femme. Même si le Code des personnes et de la famille donne la possibilité à la femme qu’en cas de désaveu de donner son nom à son enfant (article 6).
Certes, c’est une possibilité mais dans la réalité sociale, une telle situation fait l’objet de beaucoup d’insultes, car encore c’est aussi la manifestation d’un comportement sexuel de mœurs légères en matière de pratiques sexuelles qui est indiqué par le regard inquisitoire de la société. Ce rejet social trouve entre autres son fondement dans l’organisation sociale de la sexualité humaine au sein de la société. Le droit régissant une matière comme la sexualité humaine au Bénin n’a pas encore une emprise totale sur le sujet comparativement aux autres normes sociales que sont la morale, la religion et la coutume qui sont encore dans la prédominance de la codification de la vie sexuelle dans la société béninoise.
Il y a aussi une issue pour les grossesses dont la paternité n’est pas reconnue chez les femmes concernées. Elle n’est rien d’autre que les avortements provoqués avec leurs conséquences et ce, pour éviter la réaction des parents et les diverses insultes de la société.
Mais la présente réflexion se focalise essentiellement sur l’issue favorable de la grossesse à polémique qu’est la maternité où l’individu est né d’une mère dont l’auteur n’y est pas …

Face aux épreuves

Après avoir fait une brève présentation des issues plausibles des grossesses qui font objet de refus ou d’abandon de paternité par les hommes, comment est faite la vie de la femme au lendemain de ces épreuves difficiles à maints égards ? Quel est alors l’avenir sentimental de ces femmes qui sont des déçues d’une vie sexuelle conjugale à controverse ?
Certes, dans ces catégories de situation, certaines femmes arrivent à renouer avec la vie sexuelle dans un cadre institutionnalisé. Ce qui permet d’avoir des familles recomposées et à d’autres de ne plus faire le choix d’avoir une vie sexuelle exclusive avec un homme. Ce qui engendre des familles monoparentales surtout à dominance féminine.
Pour ces catégories de femmes ayant déjà eu des enfants et à cause de la déception, elles se retrouvent souvent dans des relations sans aucun engagement. Ce qui laisse libre cours à une errance sexuelle. Elles font ainsi le choix de ne plus procréer et non de ne plus faire l’amour. Dans ce contexte, elles ont la possibilité de vivre, selon leur bon vouloir, leur vie sexuelle avec un homme de leur choix, qui sans doute va s’inscrire dans une vie sexuelle sans progéniture. Alors qu’hier, dans les sociétés en transition aujourd’hui, la vie sexuelle de la femme n’est admise que dans un cadre conjugal reconnu socialement. Car l’homme constitue une couverture sociale pour la femme, surtout sa vie sexuelle qui n’est pas perçue sans un cadre exclusif encore moins sans un homme reconnu. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui du fait des diverses mutations sociales provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays.
Cette option de vie n’est pas sans conséquence si entre temps cette femme ne dispose pas d’un pouvoir économique devant lui permettre d’être à l’abri des besoins. Dans le cas contraire, certaines femmes deviennent des prestataires de services sexuels dont des hommes sont demandeurs. Dès lors, le risque de reproduction sociale de leur situation n’est pas à écarter, car les filles dont elles sont mères vont sans doute être influencées par leur mode de vie.
Ces enfants ainsi socialisées avec une seule figure parentale qu’est la mère éprouvent parfois des déficits d’affection parentale et se rebellent contre leurs génitrices surtout quand ces dernières n’arrivent pas à leur dire qui est leur père. Cette situation génère des conflits entre mère et enfant au point où des actes d’homicide volontaire sont enregistrés. Un enfant qui assassine sa mère quand cette dernière n’a pas pu dire à son enfant qui est son père. Est-il le fruit des actes sexuels d’inceste, d’adultère, voire de viol qui sont des comportements sexuels interdits ?
La moralité sexuelle ambiante n’a pas sans doute favorisé la communication de la réalité sociale de l’histoire d’une grossesse conçue dans des conditions proscrites surtout par les mœurs sexuelles dans les sociétés traditionnelles en transition vers la modernité. Cette contrainte sociale en matière de sexualité humaine empêche alors la mère de révéler à son enfant un acte qui porte atteinte à la pudeur.
Somme toute, dans ces conditions, la famille déjà en crise perd alors de plus en plus de son essence dans son fondement, dans sa structuration et par conséquent la cohésion sociale est éprouvée dans la société. Une telle situation influence l’éducation de l’enfant, car la cellule familiale est le ciment de la société.
La socialisation primaire est ainsi compromise du fait que l’enfant issu de ces familles en crise semble être plus vulnérable à la délinquance juvénile. Cette dernière génère des difficultés pour l’amélioration des indicateurs de développement humain durable. D’où la délinquance juvénile est un problème pour la société.

Agir

Au regard de ce contexte de la famille en déconfiture, il urge que des mesures soient prises pour non seulement faire renaître la famille de ses cendres, mais aussi pour aider la femme à contribuer à une vie conjugale stable et responsable pour l’unité familiale. Car sa mobilité sexuelle et conjugale constitue une source de menaces pour la stabilité et la cohésion de la famille et par conséquent de la société. Pour cette dernière, une grande sensibilisation et une formation sur les enjeux et les responsabilités qui découlent de la vie sexuelle s’imposent. Puisque la femme, dans sa croissance à la fois démographique et physiologique voire psychologique, est exposée à la drague sexuelle des hommes. A cette étape de sa vie, la femme n’est pas toujours informée des responsabilités qui découlent de cette drague sexuelle, à cause de la pression sociale de l’homme et de l’idéal sentimental qui l’anime dans tous ses états. Le cœur l’emporte dans ce contexte sur la raison dans la mesure où elle ne semble pas bénéficier d’un accompagnement familial ou institutionnel en vue d’une autonomie de volonté.
De plus, les filles qui deviennent des exclues du système éducatif doivent être prises en compte pour une formation, gage de leur autonomie financière, qui va réduire leur dépendance économique vis-à-vis de l’homme avec ses conséquences surtout au plan sexuel.
Outre celles exclues, on devra aussi travailler pour le maintien des filles dans le système éducatif et leur promotion après les succès scolaires. Une telle stratégie pourra avoir des effets multiplicateurs sur le reste des filles qui vont ainsi bénéficier des actions de ces modèles ainsi promus.
Cependant, pour y parvenir, il faudra surtout mener une lutte efficace contre le « virus social » des grossesses en milieu scolaire. Car, c’est parmi ces filles tombées enceintes dans les collèges et dans d’autres espaces de formation qu’il est enregistré des cas des mères célibataires et de la fausse attribution de la filiation à l’enfant. Il n’est pas non plus à écarter la probabilité des cas de nouvelles infections au Vih/Sida du fait des actes sexuels accomplis sans protection. Elles se retrouvent ainsi parmi les cas de la prévention de la transmission de la mère à l'enfant (Ptme).
Les déterminants de ces grossesses sont déjà renseignés par des recherches universitaires et d’autres études nationales. Il reste que tous les acteurs institutionnels et autres compétences avérées se retrouvent dans une approche pluridisciplinaire pour trouver l’antidote convenable et intégrateur avec la participation des parents.
Que des actions isolées cessent d’être posées parfois sans aucune concertation en vue d’éviter des doublons. D’où une cartographie des acteurs sociaux et programmes en vigueur s’impose également. Toute activité initiée en leur direction doit disposer des indicateurs avec un suivi adéquat et permanent.
Par ailleurs, l’école ne saurait être passive face à cette réalité sociale des grossesses en milieu scolaire. Aussi est-il est impérieux que le corps enseignant des collèges puisse bénéficier, au cours de la formation, à l’école normale d’un cours sur les questions de la sexualité humaine. Ce cours doit relever d’une compétence avérée en la matière et non des étrangers qui s’improvisent détenteurs de tout savoir et vont faire recours à l’internet exclusivement pour enseigner.
Ces diverses mesures vont contribuer à disposer des femmes capables de pouvoir investir les divers espaces de prise de décision où elles sont absentes du fait entre autres des stéréotypes mais aussi de leur faible nombre dans des secteurs de responsabilité. Une discrimination positive n’aura de sens que si des facteurs d’exclusion sont identifiés et étudiés pour des mesures inclusives au profit de la gent féminine. Cet épanouissement de la femme va contribuer à la stabilité de l’unité familiale, gage d’une société socialement sécurisée et pérenne. La famille reste et demeure le ciment de la société, sauvons-la à tout prix.

*Sociologue

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