Au nombre des six juges internationaux dont cinq femmes qui prêteront serment, ce vendredi 9 mars, devant la Cour pénale internationale (Cpi) à la Haye aux Pays-Bas, figure Me Reine Alapini Gansou de nationalité béninoise.

Reine Alapini Gansou signe définitivement son nom dans les annales de la Cour pénale internationale (Cpi). Avec ses pairs juges, elle prêtera serment, ce vendredi 9 mars, devant l’auguste institution pour un mandat de neuf ans. Conformément au protocole établi par l’institution, chacun d’eux prononcera la formule consacrée suivante : « Je déclare solennellement que je remplirai mes devoirs et exercerai mes attributions de juge de la Cour pénale internationale en tout honneur et dévouement, en toute impartialité et en toute conscience, et que je respecterai le caractère confidentiel des enquêtes et des poursuites et le secret des délibérations ».
Sa candidature a été présentée par le gouvernement du Bénin conformément aux dispositions de l’article 36 du statut de Rome de la Cpi et des résolutions Icc-Acp/3/Res.6 amendées par les résolutions Icc-Asp/5/Res.5 et Icc-Asp/12/Res.8 adoptées par l’Assemblée des Etats parties le 10 septembre 2004, le 1er février 2017 et le 27 novembre respectivement.
Née à Abidjan le 11 août 1956, Reine Alapini Gansou est titulaire d’un diplôme d’études approfondies (Dea) des Universités de Maastricht aux Pays-Bas, du Bhoutan et de Lomé au Togo. Elle est, par ailleurs, nantie d’une maîtrise en droit des affaires et carrières judiciaires de l’Université nationale du Bénin.
Par sa grande contribution au service des droits de l’Homme, elle a obtenu plusieurs distinctions, notamment le prix des droits de l’Homme du cinquantenaire des indépendances africaines, la distinction du 25e anniversaire de la Commission africaine des droits de l’Homme pour sa contribution au service des droits de l’Homme en Afrique.
Elle est enseignant-chercheur dans les universités d’Abomey-Calavi et de Parakou depuis 2001 et co-auteur de plusieurs publications. Elle a des compétences avérées dans le domaine du droit pénal, de la procédure pénale, du procès pénal et dans le domaine du droit international.
A ce jour, elle sert comme juriste-conseil pour les femmes victimes de violences et de viol au Centre pour le développement de la femme du réseau Wildaf-Bénin, et totalise dans ce cadre plus de « deux cent cinquante cas matrimoniaux, successoraux, de coups et blessures, de viols, traités en mode alternatif de règlements de litiges ou au contentieux devant les cours et tribunaux ».

1/3 des juges internationaux sont des femmes

Les Etats-parties au Statut de Rome ont relevé le défi de l’équilibre hommes-femmes au sein des juges de la cour. L’institution se révèle un modèle en matière de promotion du genre. La cour compte six femmes sur les dix-huit juges. C’est une avancée qui répond à la préoccupation des femmes qui nourrissent davantage le rêve d’être représentées au sein des instances décisionnelles. La présence des cinq femmes juges qui prêteront serment demain 9 mars est un écho favorable à la détresse des femmes violées et dont les corps sont devenus des champs de bataille, celles qui subissent des violences en silence.
Ce sont donc des femmes éprises de paix qui prêtent serment ce vendredi 9 mars, mois de la célébration des droits de la femme, mois de la dignité et du respect du droit à la vie.
Leur élection comme celle des cinq autres femmes de la mandature finissante, a permis d’atteindre une représentation équitable des deux sexes sur le nombre total de juges à la Cpi, selon les critère établis par l’Assemblée des parties prenantes, à la lumière des exigences du Statut de Rome.
En dehors de Reine Alapini Gansou, les autres femmes juges qui prêteront serment ont pour noms, Luzdel Carmen Ibanez Carranza (Pérou), Solomy Balungi Bossa (Ouganda), Tomoko Akane (Japon),
Kimberly Prost (Canada). Rosario Salvatore Aitala de nationalité italienne est le seul homme parmi les six nouveaux juges de la Cpi.

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