La commune de Cobly a connu 69 cas de mariage forcé et précoce en 2017, a-t-on appris, mardi 6 mars dernier au cours d’une séance de sensibilisation grand public sur les conséquences des pratiques traditionnelles néfastes initiée par Wildaf Bénin avec le soutien de Equality Now et Comic Relief.

Les discriminations à l’égard des femmes et filles persistent en dépit d’un arsenal juridique et d’un mécanisme institutionnel de plus en plus conformes aux exigences des instruments internationaux et régionaux ratifiés. Ceci du fait de certaines pratiques traditionnelles néfastes dont le mariage forcé. Face aux élus communaux, leaders religieux, chefs traditionnels et autres acteurs de la commune, Noël Houngbo, juge des mineurs, n’est pas allé par quatre chemins pour condamner les violations de droits consacrés par divers textes de lois. Définissant le mariage forcé comme étant tout mariage ou concubinage contracté ou décidé sans le consentement libre et éclairé des deux parties selon la loi N° 2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences et le mariage précoce comme l’union conjugale d’un enfant avant l’âge de majorité selon le code de l’enfant, le juge des mineurs a fait cas de certains faits répréhensibles dans la commune de Cobly où, soutient-il, il a été enregistré 69 cas de mariage forcé et précoce en 2017.
Les infractions en matière de mariage sont légion et la séance de sensibilisation initiée par Wildaf Bénin avec le soutien de Equality Now et Comic Relief, tient d’une volonté de sensibiliser la population sur les effets néfastes du mariage précoce, dans tous les aspects de la vie des victimes affectées et sur la nécessité et les moyens de protection des victimes, selon Blanche Sonon, vice-coordonnatrice du réseau panafricain pour la promotion et la défense des droits de la femme. Cela afin de recueillir une adhésion générale pour l’éradication de cette pratique traditionnelle. Il s’agit en somme d’informer sur le caractère répréhensible du mariage précoce, les lois le sanctionnant ainsi que les instruments relatifs aux droits de l’Homme protégeant les femmes et les filles contre cette pratique.
S’il s’entend que les pratiques traditionnelles compromettent le devenir de nombreuses jeunes filles, il est important, selon le juge des mineurs, qu’au sein des communautés où elles sont pratiquées, des actions à divers niveaux soient menées. Il suggère que le dialogue communautaire sur de telles pratiques soit renforcé pour susciter une prise de conscience sur les conséquences. Par ailleurs, il indique qu’il faut encourager les communautés à mettre en place des dispositifs de veille et de contrôle et sensibiliser les populations sur les droits de la personne et ceux de l’enfant qui mettent l’accent sur la liberté du choix et de consentement en matière de mariage.
Il est revenu sur les peines qu’encourent les auteurs et complices de ces délits en relevant un emprisonnement de trois ans à 10 ans et une amende de cent mille à cinq cent mille francs Cfa. Le viol qui constitue une infraction connexe est puni de 10 ans à 20 ans d’emprisonnement, selon l’article 345 du Code de l’enfant?

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