Des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire étaient dans les rues de Cotonou, ce mardi 6 mars 2018, pour exprimer leur déception face à l’échec des négociations, alors que les grèves durent depuis bientôt deux mois. Une occasion pour le ministre d’État chargé du Plan de leur annoncer le positionnement des salaires du mois de février.

Les enseignants réunis au sein du Front d’action des syndicats de l’éducation, et de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) ont battu le macadam, ce mardi, pour exiger du gouvernement l’application de leurs statuts. À travers des slogans hostiles au gouvernement, ils ont fait le trajet qui part du carrefour Unafrica, en passant par l’Étoile rouge, Cadjèhoun pour échouer au ministère d’État chargé du Plan et du Développement.
C’est le ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané en personne, assisté de son collègue de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, qui a reçu la motion des marcheurs. Tout en apaisant les manifestants, il a signalé que le gouvernement reste à l’écoute et disposé à trouver une issue à la fronde sociale qui a cours actuellement dans le pays. Il affirme la bonne disposition du gouvernement à satisfaire toutes les couches sociales du Bénin. Il a saisi l’occasion pour annoncer aux marcheurs que leurs salaires sont positionnés depuis la veille au Trésor public.

Menace d’une année blanche !

C’est Éric Roméo Péthos qui, au nom des manifestants, a lu la motion. Il a rappelé que c’est le 21 novembre 2015 que le gouvernement a pris les différents décrets portant statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire mais fait constater qu’aucun arrêté d’application desdits décrets n’a été pris à ce jour.
Pour les marcheurs, la régularisation de la situation administrative et financière des milliers d’enseignants ainsi que l’amélioration de la situation de précarité faite aux vacataires ne constituent pas la priorité du gouvernement. Leur porte-parole signale : « Les différents dialogues sectoriels n’ont pu régler les diverses questions, le dialogue national est lui aussi plombé… ». C’est pourquoi poursuit-il, « l’échec des négociations a conduit à des actions dont la grève déclenchée depuis le 16 janvier 2018 ».
Cette situation n’arrangeant aucun acteur du système éducatif, les enseignants en mouvement, à travers cette marche, appellent au sens de responsabilité de tous les acteurs de l’appareil étatique et suggèrent la reprise des négociations avec les différentes organisations en lutte. Réaffirmant leur ouverture au dialogue, les enseignants réunis au sein du Front et de l’Imp entendent aller jusqu’à une année blanche au besoin, si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Salaires virés, vers un adoucissement des positions ?

Le ministre d’État a annoncé, hier, le virement des salaires du mois de février aux enseignants, lesquels avaient été bloqués suite aux mouvements de grève. Abdoulaye Bio Tchané vient ainsi confirmer la nouvelle diffusée à travers un communiqué de presse, dans lequel, le ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé le paiement desdits salaires pour compter du 5 mars.
Tout en réitérant l’engagement du gouvernement à satisfaire leurs revendications, le ministre ouvre ainsi la voie au dégel de la fronde syndicale à laquelle fait face le gouvernement. Mais reste à savoir si ces salaires n’ont pas subi de défalcation qui constitue l’autre pomme de discorde entre le gouvernement et les syndicats en mouvement.

Y. K.

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